#Photographe confiné(e) : Maarten Delobel

19 avril 2020   •  
Écrit par Cassandre Thomas
#Photographe confiné(e) : Maarten Delobel

Fisheye vous donne la parole durant le confinement. Chaque semaine, découvrez des photos et son auteur(e). Confiné à BerlinMaarten Delobel s’est rendu sur une quarantaine de lieux culturels et festifs, avec une question en tête : À quoi ressemblera l’après-pandémie ?

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Si je pratique essentiellement la photographie documentaire, il est difficile de me “ranger” dans une case : je suis curieux et j’ai une âme agitée. Et mon caractère reflète  mon travail. Durant un temps, je réalisais des portraits en studio. J’aime tester différentes choses. Imparfait et mélancolique… C’est ainsi que je décrirais mon univers.

Comment vis-tu ton confinement ?

Au départ, j’étais vraiment obsédé par l’impact de cette pandémie. Cela ne s’était jamais produit auparavant, dans le monde moderne. Je passais des matinées entières à lire sur ce sujet. Et puis mon humeur a changé : la curiosité s’est transformée en crainte. Ce que j’aime dans le métier de photographe ? Le sentiment de liberté.  J’ai besoin d’avoir le contrôle sur ma vie et mes décisions, et soudain , ce contrôle a été pris en charge par le gouvernement. Maintenant, il y a des règles et des mesures strictes mises en place qui me disent que faire – et je le comprends bien sûr. J’espère tout de même que nous trouverons bientôt une solution de déconfinement responsable.

La vie nocturne de Berlin est célébrée dans le monde entier. La scène techno, avec ses nombreux clubs et ravers, où l’on célèbre la liberté et prêche l’hédonisme, est la plus attrayante. Berlin accueille également de nombreux bars, théâtres, cinémas et brasseries. Tous ces lieux sont désormais fermés pour une durée indéterminée. C’est un coup dur pour la vie nocturne de la ville, car de nombreuses structures étaient déjà sous pression en raison de l’embourgeoisement, des investisseurs immobiliers et des projets d’infrastructure. D’innombrables clubs ont fermé au cours de la dernière décennie et beaucoup sont actuellement menacés. Depuis que les autorités ont ordonné aux établissements de fermer leurs portes à cause de COVID-19, j’en ai photographié plus de 40 au moment exact où ils auraient dû être animés et occupés. Je ne peux pas m’empêcher de me demander s’ils ouvriront à nouveau leurs portes un jour…

Qu’as-tu appris sur ta pratique photo en cette étrange période ?

J’ai appris que je devrais économiser plus d’argent (rires). Beaucoup de mes commandes ont été annulées du jour au lendemain. Mon entourage me demande ce que je vais faire maintenant. Mais je me sens si fort dans ma pratique qu’il faut que beaucoup de choses se passent pour que je change de voie. En fait, je me sens encore plus motivé à travailler sur des sujets auxquels je crois pleinement. 

Si tu devais être confiné avec un ou une photographe, qui serait l’heureux/se élu(e) ?

Je dirais Martin Parr. J’aime l’humour dans son travail et sa façon de montrer nos particularités culturelles. Avec lui je rirais tout en apprenant de nouvelles choses.

Quel est ton mantra favori, histoire de rester optimiste ?

Je n’ai pas vraiment de mantra, mais je tire beaucoup d’énergie du travail des autres : que ce soit des photographes, des peintres, des designers, ou des écrivains… Généralement, je commence la journée en visionnant plusieurs travaux artistiques. Et cela fonctionne très bien.

Un dernier mot ?

Soyez patient, soyez gentil avec les gens qui vous entourent et restez en bonne santé. 

© Maarten Delobel © Maarten Delobel

© Maarten Delobel© Maarten Delobel

© Maarten Delobel© Maarten Delobel© Maarten Delobel

© Maarten Delobel

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