Sous le commissariat de François Cheval et Yasmine Chemali, l’exposition refuse la froideur technologique pour revenir à l’essence même de la photographie : la matière. L’accrochage s’articule autour d’André Villers (1930-2016), figure historique et compagnon de route de Picasso. Loin du simple documentariste, il se révèle ici comme un expérimentateur insatiable qui, par ses découpages, photogrammes et surimpressions, a transformé le laboratoire en espace d’alchimie.
En dialogue, deux artistes contemporaines explorent cette « photographie vivante ». Elsa Leydier présente L’Impostrice, une série imprimée sur du papier ensemencé. Ses images, vulnérables, portent en elles une incertitude : celle de disparaître ou d’éclore, déconstruisant au passage les figures d’autorité. Enfin, Clara Chichin dévoile Des précipités, fruit de ses marches dans l’arrière-pays. Refusant la description pure, elle capture la vibration organique du paysage pour en offrir une expérience sensorielle et écopoétique. Une invitation à regarder la photo non plus comme un miroir, mais comme une matière sensible.