Au micro de « Regardez voir » #96

29 mai 2019   •  
Écrit par Mélanie Baume
Au micro de « Regardez voir » #96

Cette semaine, Cyrus Cornut revient sur sa série Chongqing, sur les quatre rives du temps qui passe, exposée au Festival du Regard 2019. Brigitte Patient rend ensuite hommage au photographe Bogdan Konopka.

Dans le cadre de la 4e édition du Festival du Regard 2019 et de la thématique « Habiter », Cyrus Cornut expose deux de ses séries, Chongqing, sur les quatre rives du temps qui passe et Voyage en périphéries, jusqu’au 14 juillet. À travers ses travaux sur Chongqing, 4e municipalité de Chine, il documente l’évolution de la ville face à la plus grande croissance démographique au monde, à la suite de son développement économique. Voilée d’une épaisse brume mystique, la métropole enfle et déborde au-delà du fleuve Yangzte.

La chambre photographique permet à Cyrus Cornut de poser un regard réfléchi sur des paysages imposants. « J’ai décidé de prendre cet appareil pour travailler lentement, et obtenir rendu esthétique particulier », explique-t-il. Des détails autrement imperceptibles apparaissent alors dans ses images. Des traces d’anciens modes de vie contrastent avec le quotidien des habitants, observant leur ville grandir. Un contraste fascinant. Ses œuvres sont aussi exposées à la Fisheye Gallery, jusqu’au 22 juin 2019.

 

© Cyrus Cornut

© Cyrus Cornut© Cyrus Cornut

© Cyrus Cornut

Une empathie qui s’efface

Trois jours avant son décès – le 19 mai 2019, Bogdan Konopka a rencontré Brigitte Patient à l’occasion de l’exposition de sa série Un conte polonais à Beaucouzé, dans l’agglomération d’Angers. Si l’on connaît surtout ses tirages argentiques en petit format, cette fois-ci, on découvre de grande images, en extérieur. Une première. Autre nouveauté, les portraits sont aussi nombreux que les paysages de Bogdan Konopka.

Bogdan Konopka cherche à représenter la transformation de la Pologne, du stalinisme au système politique contemporain, en retraçant de 40 ans de carrière. Famille, proches, amis et inconnus se confondent, en partageant une empathie palpable pour l’époque d’antan. Une empathie qui s’efface pourtant pour donner à voir les politiques actuelles. « Si l’on va vers les gens avec l’âme ouverte, ils s’ouvrent eux-mêmes immédiatement, explique le photographe. Mais j’ai bien peur que notre civilisation de machines et d’intelligence artificielle nous emmène ailleurs, loin de cette humanité. » Pratiquant la photographie comme un langage, Bogdan Konopka nous transporte dans un conte, de l’œil à l’imaginaire, et partage un sublime  portrait de la Pologne. Une exposition à voir jusqu’au 7 juillet.

 

© Bogdan Konopka

© Bogdan Konopka© Bogdan Konopka

© Bogdan Konopka

© Bogdan Konopka

Image d’ouverture © Cyrus Cornut

Explorez
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Hélène David : les voix du vivant
© Hélène David
Hélène David : les voix du vivant
Pendant quatre ans, Hélène David a arpenté le Pays basque à la rencontre de celles et ceux qui l'habitent – humains, animaux, montagnes...
20 juillet 2026   •  
Écrit par Anaïs Viand
Rebekka Deubner, lettres d'amour à terre
© Rebekka Deubner
Rebekka Deubner, lettres d’amour à terre
Exposé aux Rencontres d'Arles, à la Croisière, le projet La terre amoureuse de Rebekka Deubner nous parle avec une grande justesse de la...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
© Lys Arango / La Kabine
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
Au bord des mondes : Habiter les territoires, survivre aux fractures, du 27 juin au 20 septembre, une exposition qui invite à repenser...
08 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Lei Davis : transformer les blessures de l'enfance en paysages imaginaires
© Lei Davis
Lei Davis : transformer les blessures de l’enfance en paysages imaginaires
Dans le cadre du Festival OFF Arles 2026, la galerie La Forêt Imaginaire accueille There is no blue without yellow, la nouvelle...
11 août 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
25 événements photographiques à découvrir en août 2026
© Li Hui
25 événements photographiques à découvrir en août 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en août 2026....
08 août 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Enzo Castellucci remporte le prix Révélation SAIF x La Kabine 2026
© Enzo Castellucci
Enzo Castellucci remporte le prix Révélation SAIF x La Kabine 2026
Avec Come spirto in un'ampolla, Enzo Castellucci signe une série où l'isolement devient matière photographique. Récompensé par le prix...
06 août 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
À Arles, les conversations photographiques Sandisk donnent vie aux archives
© Lola Cacciarella
À Arles, les conversations photographiques Sandisk donnent vie aux archives
En juillet dernier, dans la cour de l'Archevêché, Fisheye et Sandisk ont imaginé un nouveau format de rencontre photographique. À...
05 août 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas