Ce qu’il faut voir aux Boutographies 2016

02 mai 2016   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Ce qu'il faut voir aux Boutographies 2016
Pour la deuxième année consécutive La Panacée, centre de culture contemporaine de Montpellier, accueille jusqu’au 22 mai les Boutographies qui inaugurait le 30 avril sa 16e édition. Zoom sur nos expos coups de cœur.

Encourager et exposer les nouveaux talents de la photographie européenne. C’est depuis 2001 l’ambition du festival montpelliérain Les Boutographies. Pour cette 16e édition, 12 photographes ont été sélectionnés par un jury de professionnels présidé par Françoise Huguier. 12 regards très différents qui pourtant, se rejoignent par leurs sujets de prédilection : l’intime, la mémoire et la famille, qui sont les thèmes phares de cette édition très réussie. Fisheye était à Montpellier le 30 avril dernier lors du vernissage à La Panacée. Nous vous livrons la liste de nos coups de cœurs. Suivront dans les jours qui viennent les interviews de quatre d’entre eux.

Ina Schoenenburg

« L’image que nous avons de nous-même dépend également du regard que nous portons sur les membres de notre famille.» Comme nous l’expliquons dans Fisheye #17, les photos de famille occupent une place singulière parmi les images qui nous entourent. La famille est aussi un sujet difficile à documenter, à expliquer. Il aura donc fallu quatre ans à Ina Schoenenburg pour réaliser Exchanging Glances. Quatre années pendant lesquelles elle a photographié ses parents, sa fille et elle-même. Cette série magnifique est un témoignage touchant de la vie d’une famille, de l’amour exceptionnel et étrange qui lie les parents et leurs enfants. Le jury lui a remis, samedi 30 avril, le prix Échange Boutographies / Fotoleggendo.

Extrait de "Exchanging Glances" / © Ina Schoenenburg
Extrait de “Exchanging Glances” / © Ina Schoenenburg
Extrait de "Exchanging Glances" / © Ina Schoenenburg
Extrait de “Exchanging Glances” / © Ina Schoenenburg
Extrait de "Exchanging Glances" / © Ina Schoenenburg
Extrait de “Exchanging Glances” / © Ina Schoenenburg

Pierre Liebeart

Lorsque l’on pénètre dans l’espace clos où est exposée Libre Maintenant, de Pierre Liebeart, on est d’abord intrigué, ensuite perdus puis complètement troublé. Que l’on soit réceptif ou non, on ne peut pas ressortir indemne de cette expérience, qui explore les profondeurs intimes de l’être humain et le rapport étrange qui se tisse entre un photographe et son modèle. Libre Maintenant, c’est d’abord l’histoire de rencontres, suite à une annonce que Pierre a diffusé. Les modèles qu’il a photographié nus semblent n’avoir rien tant désiré que cet instant du face à face. En posant nus et masqués, en révélant des corps imparfaits aux antipodes de la photographie érotique, ces hommes n’ont eu d’autre dessein que de s’abandonner au regard de l’autre. La photographie est dés lors le document qui atteste d’une liberté momentanée mais totale. Pour la deuxième fois dans le cadre du festival, Pierre a reçu samedi 30 le Grand prix du jury.

Extrait de "Libre Maintenant" / © Pierre Liebaert
Extrait de “Libre Maintenant” / © Pierre Liebaert
Extrait de "Libre Maintenant" / © Pierre Liebaert
Extrait de “Libre Maintenant” / © Pierre Liebaert
Extrait de "Libre Maintenant" / © Pierre Liebaert
Extrait de “Libre Maintenant” / © Pierre Liebaert

Kamel Moussa

« Que serais-je devenu si j’étais restée ici ? » Lorsqu’il a eu 20 ans, Kamel a quitté la Tunisie, son pays natal. Une dizaine d’années plus tard, après une formation au 75 de Bruxelles – et après avoir acquis la nationalité belge – Kamel a décidé pour la première fois de photographier son pays. C’est ainsi qu’est née la série Équilibre instable. À travers cette série documentaire, Kamel revient dans sa région d’origine et tente de comprendre la jeunesse tunisienne d’aujourd’hui, mais aussi celui qu’il était quelques années en arrière. Il explore les espoirs, les attentes, les déceptions et le quotidien d’une jeunesse essoufflée par la révolution et impatiente de voir l’avenir se réaliser. Kamel aborde la Tunisie avec un regard neuf, pour saisir dans le familier ce qui lui a échappé. Kamel s’est vu remettre le prix Réponses Photo.

Extrait de "Équilibre Instable" / © Kamel Moussa
Extrait de “Équilibre Instable” / © Kamel Moussa
Extrait de "Équilibre Instable" / © Kamel Moussa
Extrait de “Équilibre Instable” / © Kamel Moussa
Extrait de "Équilibre Instable" / © Kamel Moussa
Extrait de “Équilibre Instable” / © Kamel Moussa

Ida Jakobs

C’est un roman de Romain Gary, La vie devant soi, qui a inspiré à Ida le nom de cette série de portraits terriblement touchante. Il s’agit d’une famille de femmes, celle de la photographe : « Ma grand-mère, sa sœur, ma mère et moi. » Dans l’étroite chambre de la maison de retraite où sa grand-mère réside, Ida a tendu un drap, posé un tapis, un fauteuil et en face, son appareil photo. Au sein de ce petit théâtre est né un « jeu très sérieux », comme le précise Ida. Ces photos intimes et puissantes révèlent tout l’amour qui existe entre ces quatre femmes. La vie devant soi explore la féminité, la vieillesse, la maternité, la mort, l’oubli. La vie devant soi est une fiction, à travers laquelle Ida a su composer une véritable mythologie familiale.

Extrait de "La vie devant soit" / © Ida Jakobs
Extrait de “La vie devant soi” / © Ida Jakobs
Extrait de "La vie devant soit" / © Ida Jakobs
Extrait de “La vie devant soi” / © Ida Jakobs
Extrait de "La vie devant soit" / © Ida Jakobs
Extrait de “La vie devant soi” / © Ida Jakobs

Elis Hoffman

« Pour moi, les gens sont au comble de leur beauté lorsqu’ils sont assez courageux pour montrer leur vulnérabilité. » La vulnérabilité. C’est bien ce qu’Elis Hoffman s’évertue à saisir, en s’engouffrant dans la vie de ses sujets. Réalisée dans cinq villages de Suède, son pays natal, Fading est une série autour des étrangers qu’il a croisé au cours d’un voyage finalement très personnel. Car Fading est le fruit d’une errance introspective dans laquelle Elis nous livre un regard intime en faisant le choix de la composition et de l’instant. Ses images sublimes dévoilent l’ambivalence du lien entre la Nature délicate et la fragilité humaine.

Extrait de "Fading" / © Elis Hoffman
Extrait de “Fading” / © Elis Hoffman
Extrait de "Fading" / © Elis Hoffman
Extrait de “Fading” / © Elis Hoffman
Extrait de "Fading" / © Elis Hoffman
Extrait de “Fading” / © Elis Hoffman

Kirill Golovchenko

La démarche de Kirill Golovchenko avec Otpusk relève presque du génie : il nous montre la plage de son enfance à travers une bouée, celle de sa fille. L’objet isole aussi bien le photographe que son sujet. Surtout, il révèle le comique, la tendresse et l’absurde de scènes de plage tout à fait banales. Mais cette légèreté témoigne aussi d’un changement. Le photographe a beau chercher, capturer ce qu’il y a autour de lui, il ne retrouve pas les souvenirs de sa jeunesse. Les côtes sont bétonnées par les hôtels et les résidences saisonnières. Les vacanciers ne se soucient plus de l’environnement, la plage est polluée. L’Ukraine évolue rapidement et c’est ce changement qu’a voulu explorer Kirill.

Extrait de "Otpusk" / © Kirill Golovchenko
Extrait de “Otpusk” / © Kirill Golovchenko
Extrait de "Otpusk" / © Kirill Golovchenko
Extrait de “Otpusk” / © Kirill Golovchenko
Extrait de "Otpusk" / © Kirill Golovchenko
Extrait de “Otpusk” / © Kirill Golovchenko
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