Les coups de cœur #576 : Paulina Korobkiewicz et Andreas Hammer

Les coups de cœur #576 : Paulina Korobkiewicz et Andreas Hammer
© Paulina Korobkiewicz
Suspension de tasses
© Paulina Korobkiewicz

Paulina Korobkiewicz et Andreas Hammer, nos coups de cœur de la semaine, documentent des aspects du monde dans des approches distinctes. La première mise sur une esthétique colorée tandis que le second opte pour un noir et blanc contrasté. 

Paulina Korobkiewicz

Un panneau surmonté d’un palmier en plastique se distingue dans la grisaille d’une zone pavillonnaire. Plus loin, une silhouette masculine apparaît à la fenêtre d’un immeuble dont la façade présente de formes colorées et géométriques. À l’intérieur d’un appartement, une étonnante suspension de tasses éclectiques trône fièrement dans ce qui doit être une cuisine ou une salle à manger. « Les images ont tendance à venir à moi. La vie me donne des idées. Elles me tiennent toujours très à cœur : ce sont des choses que je remarque dans mon environnement, au cours de mon parcours, qui m’intriguent ou me surprennent », explique Paulina Korobkiewicz, qui signe ce corpus. La photographe polonaise, désormais installée à Londres, puise son inspiration dans ses souvenirs familiaux. « L’histoire de mes parents, qui ont émigré très jeunes pour gagner leur vie à l’étranger, m’a sans doute le plus marquée, confie-t-elle. Je me rappelle encore les photos qu’ils ont prises lorsqu’ils ont quitté le bloc de l’Est. À l’époque, les magasins en Pologne étaient vides, les salaires minimes et la vie difficile : rien à voir avec aujourd’hui, heureusement. Cependant, ces récits, ces photos et les coupures de magazines qu’ils ont collectionnés ont profondément influencé mon langage visuel. » Dans leur sillage, comme pour prolonger cet héritage esthétique, elle immortalise ainsi à son tour ce qui retient son attention.

façade d'un immeuble
© Paulina Korobkiewicz
Enseigne avec un palmier en plastique
© Paulina Korobkiewicz
Avant-bras tatoué d'une femme
© Paulina Korobkiewicz
intérieur d'un restaurant de type fast-food
© Paulina Korobkiewicz
Portrait d'un soldat
© Andreas Hammer

Andreas Hammer

« Je travaille sur des projets documentaires en noir et blanc, car je ne possède qu’un seul boîtier, qui est monochrome. Je suis fasciné par le noir et blanc, c’est là que tout a commencé et j’apprécie son esthétique intemporelle », explique Andreas Hammer. À travers sa pratique de la photographie, il s’intéresse à ce qui reste, à ces traces qui marquent aussi bien « les paysages, les corps [que] les structures sociales une fois que l’histoire a suivi son cours ». Il se plaît ainsi à créer des compositions dont les interprétations peuvent être multiples, préférant la projection de tout un chacun à une narration stricte. La série qu’il nous présente aujourd’hui, intitulée The Taste of Black Residue, s’inscrit dans ce mouvement. « Elle est née de ma propre histoire. J’ai été blessé en tant que soldat en Irak, en 2005. Vingt ans plus tard, je me suis rendu au Maroc pour photographier des lieux marqués par la violence. […] Elle traite des conséquences au sens large, de la manière dont les conflits laissent des traces qui persistent dans l’architecture, les gestes, les paysages et les atmosphères. Il ne s’agit pas d’un documentaire sur les événements en tant que tels », précise-t-il.

Façade d'une haute bâtisse
© Andreas Hammer
Gros plan sur une main tenant une graine
© Andreas Hammer
Deux hommes dans la rue
© Andreas Hammer
Photographie abstraite en noir et blanc
© Andreas Hammer
Un groupe de soldats
© Andreas Hammer
À lire aussi
Les coups de cœur #575 : Marie Levi et Fiona Tranchart
© Fiona Tranchart
Les coups de cœur #575 : Marie Levi et Fiona Tranchart
Marie Levi et Fiona Tranchart, nos coups de cœur de la semaine, composent toutes les deux avec les espaces qui les entourent. L’une se…
16 février 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les coups de cœur #574 : Eliot Manoncourt et Joan Tiff
© Eliot Manoncourt
Les coups de cœur #574 : Eliot Manoncourt et Joan Tiff
Eliot Manoncourt et Joan Tiff, nos coups de cœur de la semaine, ont une approche personnelle de la photographie. Le premier transforme la…
26 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Explorez
FLASH : la photographie au cœur des périphéries
Noubia © Mohamed Bourouissa
FLASH : la photographie au cœur des périphéries
Jusqu’au 7 novembre, la commune de Fontenay-sous-Bois accueille la première édition de FLASH, festival social et citoyen qui dresse un...
06 octobre 2026   •  
Alain Paviot, pionnier du marché de la photographie en France, est décédé
© Philippe Vermès
Alain Paviot, pionnier du marché de la photographie en France, est décédé
Alain Paviot nous a quittés ce mardi 29 septembre. Pionnier du marché de l’art, il a créé l’une des premières galeries de photographies...
29 septembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les Photaumnales : pour une éducation aux images
© Marisol Mendez
Les Photaumnales : pour une éducation aux images
À l’occasion du Bicentenaire, l’heure est au constat. Intitulée « La Photographie, et après ? », l’édition 2026 des Photaumnales...
26 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les coups de cœur #585 : Lorenzo Levi et Federico Pacini
A non Fairy, Tale. © Lorenzo Levi
Les coups de cœur #585 : Lorenzo Levi et Federico Pacini
Cette semaine, Lorenzo Levi et Federico Pacini, tous deux originaires d’Italie, parcourent la ville, ses lieux parfois déserts et les...
21 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Le Chant des villes : un urbain intime chez agnès b. 
© Alexandre Dupeyron
Le Chant des villes : un urbain intime chez agnès b. 
Jusqu’au 25 octobre 2026, la Galerie du Jour agnès b. présente Le Chant des villes, une exposition collective aux écritures contrastées...
09 octobre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Blindfolded : Antoine De Winter dialogue avec les glaciers
© Antoine De Winter
Blindfolded : Antoine De Winter dialogue avec les glaciers
Dans Blindfolded, Antoine De Winter s'intéresse à la disparition des glaciers des Alpes suisses en mêlant abstractions colorées et images...
08 octobre 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Blinded by your Grace : les tempêtes chassées
© Sarah Chaplin Espenon, 2026, courtesy Loose Joints
Blinded by your Grace : les tempêtes chassées
Dans son ouvrage Blinded by the Grace, publié chez Loose Joints, Sarah Chaplin Espenon s’intéresse aux femmes chasseuses de tornades. Une...
07 octobre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
FLASH : la photographie au cœur des périphéries
Noubia © Mohamed Bourouissa
FLASH : la photographie au cœur des périphéries
Jusqu’au 7 novembre, la commune de Fontenay-sous-Bois accueille la première édition de FLASH, festival social et citoyen qui dresse un...
06 octobre 2026   •