Des ovnis en Finlande

25 juin 2020   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Des ovnis en Finlande

Entre enquête journalistique et fiction fantasmagorique, l’ouvrage Some Kind of Heavenly Fire de Maria Lax met en exergue la présence d’ovnis en Finlande. Un livre à la fois esthétique et curieux.

« C’est lors d’une visite chez mes parents, dans ma ville natale, que je suis tombée sur un livre que mon grand-père, Soini Lax, avait écrit en 1972. Il s’agit d’un recueil de témoignages d’observations d’ovnis qu’il avait rassemblé dans les années 70 alors qu’il travaillait comme journaliste. Il était déjà atteint de démence à l’époque, et ne pouvait donc pas me parler de ces histoires. J’étais tellement intriguée que je suis allée trouver les personnes mentionnées dans son carnet. J’ai fait des dizaines d’interviews avec des habitants qui avaient vu la lumière », explique Maria Lax, installée à Londres et originaire d’une petite ville du nord de la Finlande. À l’origine, Some Kind of Heavenly Fire devait prendre la forme d’un film documentaire. Les photos réalisées étaient alors utilisées pour la confection du storyboard. « Mais au fil du temps, j’ai réalisé que la photographie était ma façon préférée de raconter une histoire », confie l’artiste.

© Maria Lax

Un projet abracadabrant teinté de cinéma

Some Kind of Heavenly Fire – une sorte de feu céleste – prend alors la forme d’un livre d’enquêtes. Entre coupures de journaux et visuels aux lumières étranges, le lecteur se laisse enivrer par les histoires loufoques d’ovnis. Maria Lax démarre un périple introspectif dans sa ville natale. Périple qu’elle poursuit, guidée par ses rêves et émotions. « Je me rappelle d’une coupure de journal montrant un jeune homme se faisant suivre la nuit sur une route isolée par une lueur flottante et brillante. Il rentrait chez lui à pied et cette énorme lumière silencieuse l’a suivi, éclairant son chemin puis s’évaporant dans l’air, ne laissant aucune trace. Pendant que je prenais les photos, je n’arrêtais pas d’imaginer ce que devait être la présence d’un autre monde sur une route abandonnée », se remémore la photographe.

Suite à des études dans le cinéma, Maria Lax travaille sur de nombreux tournages. Le 7e art s’impose vite comme la base sur laquelle elle a construit son approche photographique. Et son livre en témoigne. « J’utilise rarement le flash, je préfère favoriser l’éclairage du cinéma ou la lumière déjà présente pour créer une scène. Avec mon designer Jan Hillman, nous avons séquencé le livre de manière à ce qu’il se déroule comme un film », explique Maria Lax. L’obscurité des images s’explique par le manque de soleil en Finlande. Il était impossible pour la photographe d’y échapper.  « J’ai décidé d’embrasser l’obscurité et j’ai senti que l’absence de lumière naturelle me permettait d’expérimenter mes images », confie-t-elle. Une enquête artistique où l’absurdité devient hypnotisante. 

Some Kind of Heavenly Fire, Setanta Books, 40£. Disponible avec une couverture verte ou jaune.

© Maria Lax

© Maria Lax© Maria Lax

© Maria Lax© Maria Lax

© Maria Lax

© Maria Lax© Maria Lax

© Maria Lax

Explorez
10 séries autour de la fête pour célébrer la nouvelle année
© Eimear Lynch
10 séries autour de la fête pour célébrer la nouvelle année
Ça y est, 2025 touche à sa fin. Dans quelques jours, un certain nombre d’entre nous célèbreront la nouvelle année avec éclat. À...
27 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Concours de beauté, métropoles et intimité : nos coups de cœur photo de décembre 2025
© Carla Rossi
Concours de beauté, métropoles et intimité : nos coups de cœur photo de décembre 2025
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
24 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Le 7 à 9 de Chanel : Claire Denis et la fabrique du monde
Tracey Vessey, extrait du film Trouble Every day, film de Claire Denis, Paris, 2001 © Rezo Productions
Le 7 à 9 de Chanel : Claire Denis et la fabrique du monde
Pour ce nouveau 7 à 9 de Chanel au Jeu de Paume, la scénariste et réalisatrice Claire Denis était invitée à revenir sur ses racines, ses...
22 décembre 2025   •  
Écrit par Ana Corderot
Les images de la semaine du 15 décembre 2025 : hommage, copines et cartes postales
© Ashley Bourne
Les images de la semaine du 15 décembre 2025 : hommage, copines et cartes postales
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, nous rendons hommage à Martin Parr, vous dévoilons des projets traversés par l’énergie d’une...
21 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
Il y a 9 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche