Le matte painting

16 décembre 2015   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Le matte painting
Présent derrière l’univers graphique de films tels que Le Lorax, Astérix aux Jeux olympiques ou Moi, moche et méchant, Jean-Denis Coindre exerce une profession méconnue du grand public : le matte painting. Pour Fisheye, il en explique les différents secrets.

En juillet dernier, la critique s’enflammait pour Les Minions, film d’animation fascinant par son univers gentiment décalé, ses décors géométriques et sa vision fantaisiste du New York et du Londres de 1968. Peu de gens le savaient alors (et l’ignorent sans doute encore aujourd’hui), mais le long-métrage de Pierre Coffin devait beaucoup à la technique du matte painting de Jean-Denis Coindre.

Formé à Supinfocom, où il a appris à marier la technique et l’artistique, passionné par la conception numérique d’environnements et présent au sein de nombreuses œuvres cinématographiques (Moi, moche et méchant, Micmacs à tire-larigot, La Véritable Histoire du Chat botté, Sherlock Holmes…), le dessinateur français est donc bien placé pour expliquer les rouages de cette pratique qui a visiblement beaucoup changé, ces dernières années : « La technique originale consistait à être un vrai peintre, explique-t-il. Le matte painter d’autrefois peignait un décor imaginé sur de grandes plaques de verre, qui étaient ensuite placées entre la caméra et les acteurs. Aujourd’hui, il s’agit surtout de la création d’environnement, en 2D ou 2D et demie. On crée les décors sous Photoshop, et si la caméra se déplace dans cet environnement pour les besoins du scénario, on le projette sur un volume 3D dans un autre logiciel, tel que Maya ou Nuke. »

© Concept / Matte Painting
© Concept / Matte Painting

D’apparence complexe, cette technique n’a pourtant rien d’une exception dans le cinéma. À dire vrai, cela fait même plusieurs décennies que les matte painters imposent leur patte : de Mark Sullivan (Indiana Jones et la dernière croisade, Hook, Star Wars : La Menace fantôme) à Dennis Lowe (Batman, Da Vinci Code), en passant par les précurseurs Ralph McQuarrie (E .T. l’extra-terrestre, Le Retour du Jedi), et Norman Dawan (actif à l’époque du muet et utilisant le matte painting dans la photographie dès 1905), tous ont permis de poser les bases d’une révolution graphique du septième art, offrant également à un large public la possibilité de découvrir ce procédé. Même si celui-ci reste majoritairement méconnu […]

Révolution graphique & technique évolutive

Depuis plus d’une décennie qu’il est dans la profession, Jean-Denis Coindre l’a vue évoluer, concédant qu’un matte painter doit se tenir au courant des nouveaux logiciels. Son métier reste fortement lié aux évolutions technologiques et s’oriente de plus en plus vers des techniques et logiciels 3D. En une dizaine d’années, il a travaillé sur de nombreux projets.

Et s’il reconnaît ne s’être jamais ennuyé, certains d’entre eux l’ont plus marqué que d’autres : « Moi, Moche et Méchant, le premier film d’animation chez Illumination Mac Guff et Universal, était vraiment très enrichissant. C’était la première fois que je travaillais sur un long-métrage d’animation produit par une boîte américaine. L’univers devait être très stylisé et coloré, puisque l’on s’adressait à un public familial. Pour bien faire, j’étais en relation directe avec les compositers/lighters/supervisers 3D et avec les deux réalisateurs. Le

fait de travailler avec des corps de métier différents m’a fait évoluer dans ma spécialité. D’autant que chaque membre de l’équipe technique avait sa propre vision, tout en allant dans la même direction. C’était réellement très intéressant. »

 Avec la même passion et le même enthousiasme, Jean-Denis Coindre cite aussi Le Lorax, où le travail de stylisation et de coloration était encore plus poussé que sur Moi, Moche et Méchant, et Sherlock Holmes 2 : Jeu d’ombres, où il reconnaît avoir énormément appris sur le plan technique…

… L’intégralité de cet article est à retrouver dans Fisheye #15, en kiosque actuellement.

Explorez
Au Hangar, à Bruxelles, les photographes réinventent leur médium
© Fisheye
Au Hangar, à Bruxelles, les photographes réinventent leur médium
Jusqu’au 20 décembre 2026, le Hangar, à Bruxelles, présente Reinventing Photography. Vingt projets dans un lieu dédié à la photo : la...
07 novembre 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Des premières séries aux foires, Fisheye #79 et le parcours des photographes
© Jonas Glanz
Des premières séries aux foires, Fisheye #79 et le parcours des photographes
Disponible à compter de ce samedi 7 novembre, Fisheye #79 retrace le parcours des photographes à travers son dossier. Les portfolios...
07 novembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Inès Berdugo et l'humour en rempart
© Inès Berdugo
Inès Berdugo et l’humour en rempart
Un matin, sans crier gare, Inès Berdugo se réveille avec une drôle de pustule sur le menton. Rendez-vous chez le dermatologue peu...
02 novembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Paris Photo a dévoilé le programme de son édition 2026 !
© AFP (Agence France-Presse), Michel Morgan, Paris, France, 9 octobre 1946, 1946, Fisheye Gallery
Paris Photo a dévoilé le programme de son édition 2026 !
La 29e édition de Paris Photo se tiendra au Grand Palais du 12 au 15 novembre 2026. À cette occasion, les œuvres de 1260 artistes...
28 octobre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Au Hangar, à Bruxelles, les photographes réinventent leur médium
© Fisheye
Au Hangar, à Bruxelles, les photographes réinventent leur médium
Jusqu’au 20 décembre 2026, le Hangar, à Bruxelles, présente Reinventing Photography. Vingt projets dans un lieu dédié à la photo : la...
07 novembre 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Des premières séries aux foires, Fisheye #79 et le parcours des photographes
© Jonas Glanz
Des premières séries aux foires, Fisheye #79 et le parcours des photographes
Disponible à compter de ce samedi 7 novembre, Fisheye #79 retrace le parcours des photographes à travers son dossier. Les portfolios...
07 novembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les Vestiges indociles ou les souvenirs évanescents de Léonard Bourgois-Beaulieu
© Léonard Bourgois-Beaulieu
Les Vestiges indociles ou les souvenirs évanescents de Léonard Bourgois-Beaulieu
Jusqu’au 28 novembre 2026, au cœur du 3e arrondissement parisien, la galerie Alain Gutharc se fait l’écrin de fragments de mémoire voués...
06 novembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Prix Bayeux Calvados-Normandie : l'Afghanistan vu de l'intérieur par Elise Blanchard
© Elise Blanchard
Prix Bayeux Calvados-Normandie : l’Afghanistan vu de l’intérieur par Elise Blanchard
Jusqu'au 7 novembre 2026, Elise Blanchard présente Vu de l'intérieur, l'Afghanistan depuis le retour des Talibans, une immersion de sept...
06 novembre 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA