#Photographe confiné(e) : Cyril Entzmann

09 mai 2020   •  
Écrit par Cassandre Thomas
#Photographe confiné(e) : Cyril Entzmann

Fisheye vous donne la parole durant le confinement. Chaque semaine, découvrez des photos et son auteur(e). Cyril Entzmann a réalisé À bientôt dans la vraie vie, une série, ou plutôt une ode intime à la joie, l’amour et la nostalgie.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis né à Strasbourg dans les années 1970, je vis actuellement à Paris. Photographe depuis le début des années 2000, j’ai appris à éditer et à raconter des histoires en images au sein des agences Sygma puis Editing. Aujourd’hui, je suis membre de Divergence-images.

C’est à l’adolescence que la photo est devenue une évidence de vie et un objectif professionnel. Mes sujets de prédilection à l’époque ? Ma vie, mes amis, et mes amours. Un tourbillon d’émotions donc. Maintenant, j’essaye de devenir un « photographe complet » c’est-à-dire capable de tout faire, pour espérer encore vivre de la photo dans les années à venir. Mon approche reste plurielle et mouvante.

Comment vis-tu ton confinement ?

Assez bien finalement. Je suis confiné à Paris avec ma compagne et mes deux filles. Les journées passent vite, rythmées par la vie de famille, le travail de commande, les productions sur le confinement et la préparation de projets collectifs avec Divergence.

Je suis fasciné par la mutation urbaine en cours : moins de voitures, moins de pollution, la redécouverte du silence. Cela peut paraître idiot mais je suis heureux d’avoir vu Paris de cette manière une fois dans ma vie. Néanmoins, le climat ambiant est lourd. De nombreux décès, des personnes souffrantes, des travailleurs avec la peur au ventre… Tout ceci a impact sur mon ressenti et sur ce que je produis en photographie.

Tu réalises de nombreuses commandes professionnelles durant ce confinement. Quel a été le déclencheur de ta série personnelle, À bientôt dans la vraie vie ?

Pendant un an, nous avons été famille d’accueil pour l’École de Chiens Guides de Paris. Quand le confinement a été officialisé l’école a fermé ses portes et nous avons recueilli le chien que nous formions. À chaque fois que je le sors, j’emmène mon boîtier. J’ai fait presque toutes les photos extérieures avec lui. Il apprend vite, quand je prends mon appareil en main il ralentit, quand je fais une photo il s’assoit et m’attend, il est d’une patience infinie.

Qu’as-tu appris sur ta pratique photo en cette étrange période ?

Je développe une approche assez instinctive de l’acte photographique et j’aime les sujets pour lesquels le temps s’étire. Je me sens donc à l’aise avec la longueur et la langueur de ce moment. Pour cette série je voulais capturer en images les émotions qui naissent du confinement. Utiliser la réalité nécessaire à toute image pour évoquer les sentiments qui nous traversent – de l’euphorie à l’angoisse en passant par la peur – dans cette période que l’on annonce historique. Le tout dans un huis clos. Finalement on s’éloigne de l’extérieur pour se rapprocher à l’intérieur. On apprend beaucoup sur nous et sur les autres.

Si tu devais être confiné avec un ou une photographe, qui serait l’heureux.se élu.e ?

Denis Roche pour apprendre à saisir au plus près la poésie de l’intime, Ralph Gibson pour la beauté pure de ses compositions, Trent Parke pour son énergie et ses noir et blanc puissants, Jacques Henri-Lartigue pour la belle vie ou encore Sophie Calle pour le simple concept d’être confiné avec elle.

Et si je suis vraiment honnête je crois que la seule personne avec qui je veux être confiné c’est ma compagne. D’ailleurs, avec un smartphone elle est bien meilleure photographe que moi ! C’est @miliochka sur insta.

Quel est ton mantra favori, histoire de rester optimiste ?

Marcher sur l’eau, éviter les péages, jamais souffrir, juste faire hennir les chevaux du plaisir…” (Alain Bashung / Jean Fauque)

Un dernier mot ?

À bientôt dans la vraie vie !

 © Cyril Entzmann  © Cyril Entzmann  © Cyril Entzmann

© Cyril Entzmann© Cyril Entzmann

 © Cyril Entzmann © Cyril Entzmann

© Cyril Entzmann

Explorez
5 événements photo à découvrir ce week-end
Rikka, la petite Balinaise, Fernand Nathan, Paris, 1956 © Dominique Darbois, Françoise Denoyelle.
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
Il y a 10 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Affiche Pictorial Service rue de la Comete 1950 © Archives Picto
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Arrière-petit-fils de Pierre Gassmann, Victor Gassmann veille sur l’héritage de Picto, laboratoire emblématique qui a façonné le tirage...
27 novembre 2025   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Les images de la semaine du 17 novembre 2025 : portraits du passé et du présent
I Saw a Tree Bearing Stones in Place of Apples and Pears © Emilia Martin
Les images de la semaine du 17 novembre 2025 : portraits du passé et du présent
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les photographes de Fisheye dépeignent différentes réalités. Certains puisent leur inspiration...
23 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
5 événements photo à découvrir ce week-end
© Sandra Eleta
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
22 novembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
5 événements photo à découvrir ce week-end
Rikka, la petite Balinaise, Fernand Nathan, Paris, 1956 © Dominique Darbois, Françoise Denoyelle.
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
Il y a 10 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Fury, l'univers « crépusculaire » de Marie Quéau
Sans titre #90, Campus Univers Cascades, 2023, extrait de la série Fury, Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris © Marie Quéau / ADAGP, Paris, 2025
Fury, l’univers « crépusculaire » de Marie Quéau
Jusqu’au 8 février 2026, Marie Quéau, cinquième lauréate du prix Le Bal/ADAGP de la Jeune Création, présente Fury. Dans cette exposition...
29 novembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
À Chaumont-Photo-sur-Loire 2025, la nature se révèle picturale et sculpturale 
© Guillaume Barth
À Chaumont-Photo-sur-Loire 2025, la nature se révèle picturale et sculpturale 
Jusqu’au 22 février 2026, Chaumont-Photo-sur-Loire vous donne rendez-vous avec la nature. Pour sa 8e édition, l’événement accueille...
28 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Éternel été, mémoire et masculinité : nos coups de cœur photo de novembre 2025
Red Is Over My Lover. Not Anymore Mi Amor © Laura Lafon
Éternel été, mémoire et masculinité : nos coups de cœur photo de novembre 2025
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
28 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet