#Photographe confiné(e) : Gabriele Puglisi

#Photographe confiné(e) : Gabriele Puglisi

Fisheye vous donne la parole durant le confinement. Chaque semaine, découvrez des photos et son auteur(e). Gabriele Puglisi, installé en Lombardie, en Italie, partage sa fascination pour les masques et la science.

Qui es-tu, en une phrase ?

J’ai vingt-six ans et je vis en Lombardie, l’une des régions où le Covid-19 s’est le plus répandu en Italie.

Comment vis-tu ton confinement ?

La quarantaine en Italie est très restrictive : on ne peut sortir que pour aller à l’épicerie, acheter le journal et des cigarettes et pour des motifs de santé, les entreprises qui ne produisent pas les produits et services de première nécessité sont désormais fermées. La quarantaine est devenue une réflexion, à la fois interne et externe. L’Italie étant très dépendante de la Chine, de Cuba et de la Russie, je réfléchis par exemple à la notion de pays, et à la notion de la coopération humaine et de la solidarité interétatique.
J’ai l’espoir que ce virus nous apprenne quelque chose. En Lombardie, la première semaine, la pollution a chuté de 21% et désormais, dans les canaux de Milan et de Venise, les cygnes nagent dans une eau qui n’a jamais été aussi propre. Sur le plan humain, la distanciation fait réaliser l’importance d’une relation. On réapprend à respecter les autres et à remercier – le personnel médical notamment. J’espère qu’une fois le virus éradiqué, nous pourrons vraiment nous tenir la main.

Qu’as-tu appris sur ta pratique photo en cette étrange période ?

Mon approche de la photographie reste inchangée. Je développe toujours une approche documentaire. Je ne peux pas aller dans la rue et la documenter, mais j’utilise mes archives et j’adapte. Le rôle de la photographie n’a jamais été aussi important. Elle permet de témoigner et d’identifier les nombreuses désinformations diffusées par les politiciens notamment – le Président Bolsonaro pour n’en citer qu’un.

Si tu devais être confinée avec un ou une photographe, qui serait l’heureux/se élu(e) ?

Un seul photographe ? Si je peux me permettre une blague, j’avais pensé à Oliviero Toscani, mais après avoir réfléchi à sa personnalité, je pense qu’il se moquerait de moi. Je choisis donc un autre de mes maîtres : Tano D’Amico.

Quel est ton mantra favori, histoire de rester optimiste ?

“Renseignez-vous bien”.  Je le recommande à tous, vérifiez toujours les sources d’informations et suivez les directives des virologistes. Ce n’est que de cette façon que nous vaincrons ce virus naturel. Et je suis convaincu que cette crise inédite pourra nous faire comprendre l’importance de la solidarité et de la science (j’espère que vous ferez tous un don à une organisation de recherche scientifique).

Un dernier mot  ?

Je suis fasciné par les masques chirurgicaux parce qu’ils représentent la peur et l’irrationalité de la population. En Italie, dès que la propagation du virus en Chine est parvenue jusqu’à nous, la vente de ces « murs de papiers » à exploser. Cela a notamment déclenché des épisodes de violence. Certains le portent mal, et d’autres expriment leur colère vis-à-vis de ceux qui en possèdent et sont en bonne santé. Un symbole du manque d’information et de la crédulité ambiante. Pourquoi croire le premier inconnu croisé sur internet plutôt que la science ?

© Gabriele Puglisi© Gabriele Puglisi

© Gabriele Puglisi

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