Raymond Depardon raconte « Les Habitants »

26 avril 2016   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Raymond Depardon raconte "Les Habitants"
De Calais à Nice, de Charleville-Mézières à Sète… En 2015, Raymond Depardon a voyagé dans une quinzaine de villes à travers l’Hexagone. L’objectif ? Rencontrer les Français et les écouter parler. De ce périple, il a ramené un film incroyablement touchant, “Les Habitants”, sur lequel nous l’avons interrogé.

Qui sont ces gens que l’on voit défiler pendant un peu plus d’une heure ? Ils sont jeunes ou vieux, célibataires ou en couple, chômeurs ou retraités… Ils sont des Français résumés en chiffres, en sondages, en audiences et en statistiques. Ils sont la réalité. Ils sont des individus que l’on pourrait croiser n’importe où et qui parfois nous interpellent. Ils sont ce que nous sommes nous aussi, spectateurs : des vies qui vont et qui viennent. Avec Les Habitants, Raymond Depardon a su cristalliser ces rencontres fugaces et éphémères qui ponctuent notre quotidien. Ils nous invitent à observer, regarder et écouter ceux qui sont nos concitoyens.

Ce film est un documentaire conçu comme un huis clos intimiste à deux niveaux. Entre les couples qui se dévoilent dans cette caravane. Entre eux et nous, les spectateurs. Les Habitants de Raymond Depardon n’est pas une enquête sociologique. C’est une rencontre. Une rencontre entre des gens croisés au hasard des rues d’une quinzaine de villes, que le réalisateur a invité dans une caravane pour qu’ils poursuivent leur conversation face à la caméra. Ces inconnus sont ainsi présentés de profil, à la manière de Délits flagrants tourné vingt ans plus tôt. Le concept est épatant de simplicité car, avec cette installation rudimentaire, Depardon est parvenu à recueillir des témoignages d’une authenticité bouleversante. Leur parole est libre, spontanée. Elle fuse brusquement, avec ou sans accent, et révèle les émotions, les tensions, les déceptions ou les espoirs de ces gens qui la livrent. Un peu comme une photographie.

leshabitants02leshabitants03leshabitants05leshabitants06leshabitants07leshabitants08leshabitants09

Il y a quelques semaines, nous avons rencontré Raymond Depardon pour échanger autour de son film. Puisque dans Les Habitants, il est aussi question de langage, il nous semblait essentiel de vous faire écouter ce que le réalisateur avait à nous dire, plutôt que de vous le faire lire.

Comment va-t-on à la rencontre de gens que l’on ne connaît pas ?

Qu’avez-vous appris en réalisant Les Habitants ?

Pourquoi avoir fait ce film maintenant et pas après avoir photographié la France entre 2004 et 2010 ?

Vous avez filmé en tout 90 couples. Comment avez-vous sélectionné les 25 qui apparaissent dans le film ?

Retrouvez le portait de Raymond Depardon, dans notre prochain numéro Fisheye 18, en kiosque très prochainement !

Texte, sons et mise en page par Marie Moglia

Photo : © Jérôme Bonnet / Modds

Les Habitants

de Raymond Depardon. Durée:  1h24. Sortie : le 27 avril
Toutes les séances à retrouver ICI

Explorez
Au Jeu de Paume, l'activisme florissant de Tina Modotti
© Tina Modotti / Courtesy of Jeu de Paume
Au Jeu de Paume, l’activisme florissant de Tina Modotti
Jusqu’au 12 mai prochain, le Jeu de Paume accueille deux expositions qui, bien que distincts par les époques et les médiums employés...
23 février 2024   •  
Écrit par Milena Ill
Mohamed Bourouissa : le chaos de ce que nous sommes, au Palais de Tokyo
Mohamed Bourouissa, Alyssia, 2022, Courtesy de l’artiste et Mennour Paris © Mohamed Bourouissa / ADAGP, Paris, 2023
Mohamed Bourouissa : le chaos de ce que nous sommes, au Palais de Tokyo
Jusqu’au 30 juin, le Palais de Tokyo accueille plusieurs expositions qui ouvrent les débats et les perspectives. En cette période...
22 février 2024   •  
Écrit par Milena Ill
Orianne Ciantar Olive : lumières de résistance
© Orianne Ciantar Olive
Orianne Ciantar Olive : lumières de résistance
Dans After War Parallax, Orianne Ciantar Olive esquisse les contours de Sarajevo et de Beyrouth, deux villes distinctes dont la...
22 février 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Dans l’œil d’Andrea Sena : faire la fête, pas la guerre
© Andrea Sena
Dans l’œil d’Andrea Sena : faire la fête, pas la guerre
Cette semaine, plongée dans l’œil d’Andrea Sena, qui s’est attachée à capturer la fête comme acte de résistance en temps de guerre. Pour...
19 février 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Focus fête ses deux ans à la Gaîté Lyrique !
L'anniversaire de Focus par Fisheye Magazine à la Gaîté Lyrique
Focus fête ses deux ans à la Gaîté Lyrique !
Depuis deux ans, Focus s’attache à raconter des histoires : celles qui enrichissent les séries des photographes publié·e·s dans nos...
24 février 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Au Jeu de Paume, l'activisme florissant de Tina Modotti
© Tina Modotti / Courtesy of Jeu de Paume
Au Jeu de Paume, l’activisme florissant de Tina Modotti
Jusqu’au 12 mai prochain, le Jeu de Paume accueille deux expositions qui, bien que distincts par les époques et les médiums employés...
23 février 2024   •  
Écrit par Milena Ill
Du passé au présent : comment les photographes de Fisheye se réapproprient les images d’archives
Homme et chien avec un masque à gaz, source : Ullstein bild / Getty Images
Du passé au présent : comment les photographes de Fisheye se réapproprient les images d’archives
Enquête familiale, exploration d’un événement historique, temporalités confondues… Les artistes ne cessent de se plonger dans les images...
23 février 2024   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Constantin Schlachter et la matière de l'existence
© Constantin Schlachter
Constantin Schlachter et la matière de l’existence
Constantin Schlachter interroge les liens entre l’image et la psyché, à travers ses expérimentations sur la matière.
23 février 2024   •  
Écrit par Milena Ill