Les jeunes talents de Deauville : l’esprit de Nadine Jestin et ses recoins poétiques

08 janvier 2021   •  
Écrit par Finley Cutts
Les jeunes talents de Deauville : l'esprit de Nadine Jestin et ses recoins poétiques

Depuis 2016, avec son Tremplin Jeunes Talents, le Festival Planches Contact célèbre les photographes émergents. Pour sa dernière édition, quatre auteurs prometteurs, invités pour une résidence de création, ont revendiqué un regard nouveau sur Deauville et ses alentours. Cette année, l’artiste Nadine Jestin a remporté le Prix du jury !

Promenades poétiques, corps livrés à la forêt, immersion dans le monde hippique… Les jeunes photographes, invités pour l’édition 2020, ont décortiqué et réinterprété l’atmosphère emblématique de la ville Normande. Située au « Point de vue », l’exposition témoigne du regard novateur de quatre jeunes photographes : Clara Chichin, Nadine Jestin, Manon Rénier et Hugo Weber. Ces derniers étant à la recherche d’histoires saisissantes et imaginatives. Leurs travaux respirent un véritable air d’authenticité, où priment de nouvelles formes de récit.

Le jury, réuni autour de sa présidente, la photographe et réalisatrice Sarah Moon, a désigné le 24 octobre 2020, Nadine Jestin, lauréate du Grand Prix du Jury 2020 pour sa série Flagrant délit d’émoi. « Le courage de la mise à nu. L’audace et les risques du métier. L’asphyxie et les autres facéties de l’esprit. L’ambivalence de la chance. La mélancolie de l’impermanence. Le doute et la constance. La peur du grand bain. L’espoir de la rencontre. La frustration du gazon. La vague à l’âme d’un jour de brume. Le confort du coton. La confusion rose caméléon. La puissance de la filature. Voyager dans ses émotions au lieu de les fuir. En faire le tour, dessiner leurs contours ». C’est par cette envolée lyrique que l’auteure explique sa pratique artistique. Dans cette autobiographie émotionnelle, la photographe confronte son intimité à la découverte des couleurs changeantes du paysage normand. Avec comme point de départ, un carnet où elle a reporté méticuleusement tous ses états d’âme, l’artiste mélange images et poésies afin de traduire ses pensées. La photographe nous tend la main, et nous pouvons entrevoir les recoins poétiques de son esprit.

© Nadine Jestin© Nadine Jestin

La complexité des émotions

Au cœur du travail de Nadine Jestin, toujours entre contorsions et découvertes, on aperçoit des rencontres plutôt que des modèles. Vécu comme une expérience à deux, un partage, elle capture le contact humain et la complexité des émotions. « Ce sentiment de vivre quelque chose de marquant. Mettre des mots sur ce qui ne se dit pas trop. Se trouver exactement à la bonne place. Voir son projet évoluer et soi avec. L’égo qui trinque, l’égo qui danse. La plus vieille des jeunes talents. Au sens figuré, se déshabiller. Les rencontres qui touchent. Les idées qui naissent », poétise la photographe, qui voit dans le 8ème art un exutoire autant qu’un espace de partage.

 

« Revenir à l’essentiel.

Photographier.

Ecrire. »

 

Le travail de Nadine Jestin est exposé au Festival Planches Contact de Deauville, prolongé jusqu’au 7 mars.

© Nadine Jestin© Nadine Jestin

© Nadine Jestin

© Nadine Jestin© Nadine Jestin

Flagrant délit d’émoi  © Nadine Jestin

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