Andrew B. Myers

28 mai 2015   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Andrew B. Myers
Jeune photographe venu d’Ontario, Andrew B Myers a une patte que l’on reconnaitrait entre mille. En jouant sur les contrastes et les espaces négatifs, il donne à ses clichés graphiques des airs de peintures post-modernes. Fisheye avait d’ailleurs utilisé l’une de ses photos en couverture de son numéro 9.

Fisheye: Comment es-tu devenu photographe ? Tu aimes aussi beaucoup le dessin: tes natures mortes sont une façon de combiner ces deux passions ?

Andrew:

J’ai commencé à m’intéresser à la photo à la fin du lycée, en terminale je crois. Après avoir hésité à me lancer dans l’architecture, j’ai finalement décidé de faire des études de photographie. En y repensant, je ne sais même plus quelles photos ont provoqué un déclic: ce que j’aimais à l’époque ne ressemble pas du tout aux photos que j’aime aujourd’hui. Et puis c’est vrai que j’adore dessiner alors pendant longtemps je m’amusais à mélanger les deux; à l’époque je ne considérais pas la photo comme un média à part entière.

Tes clichés sont organisés, méticuleux, géométriques: cela doit prendre des jours de réaliser une photo de A à Z ! Combien de temps passes-tu habituellement sur une image ?

Au boulot, je suis bien plus obsessionnel que je ne le suis dans la vie privée, je peux passer plusieurs jours sur une même photo. Depuis que je vis à New York, j’ai la chance d’avoir un bel espace de travail pour organiser mes prises de vue et aller à mon rythme. J’adore le processus de création. Avoir une idée, trouver les objets et construire des plateaux; j’aime contrôler tous les aspects d’une image. Ça m’amuse vraiment de tout faire moi-même sur chaque photo !

© Andrew Myers
© Andrew B. Myers

Comment fais-tu pour donner à tes photos cet aspect “non photographique” ?

Je ne sais pas, j’imagine que ça doit être une histoire de perspective. Je fonctionne à l’instinct et bouge beaucoup les objets. Avec les aplats de couleurs (surfaces de couleur uniforme, ndlr) et les espaces négatifs, on peut avoir l’impression d’être face à des peintures.

Quels photographes et artistes t’ont inspiré ton style si distinctif où la composition et la couleur jouent un rôle majeur ?

Les récits compliqués et farfelus de Jérome Bosch m’inspirent autant que les belles et paisibles peintures de Toba Khedoori. Je puise aussi des idées dans les scènes du quotidien. Les perspectives isométriques des jeux vidéos comme Sim City et les diagrammes scientifiques dans les encyclopédies sont des choses que j’ai beaucoup observé, depuis tout petit, et qui se sont immiscées dans mon travail peu à peu.

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Quand tu réponds à une commande pour une campagne publicitaire comme Monoprix ou un article dans Le Monde ou L’Obs, cherches-tu à obtenir une photo artistique ?

Je ne prends pas des photos avec une idée derrière la tête. Si on me demande d’illustrer des articles, je travaille en collaboration avec le magazine et sinon je prends simplement les photos qui me plaisent. La photographie est un vrai besoin pour moi. Pour autant, je ne me dis pas qu’il faut que ce soit artistique. Si tu considères que c’est de l’art, tant mieux, mais mon but n’est pas d’être un artiste: je veux seulement faire un travail qui me plaît.

Tes photos éditoriales pour des magazines sont souvent pleines d’humour et font sourire: dirais-tu que cet esprit est ta marque de fabrique ?

Il arrive que l’humour transparaisse dans mes clichés mais je ne veux pas que ça devienne ma signature. Les clients me demandent souvent d’être drôle alors que je n’en n’ai pas toujours envie. Ça serait bizarre de devoir se forcer…

Si tu devais résumer ton style en trois mots, lesquels seraient-ce ?

Bizarre, coloré et organisé.

Propos recueillis par Hélène Rocco

 

© Andrew Myers
© Andrew B Myers
© Andrew Myers
© Andrew B Myers
© Andrew Myers
© Andrew B Myers
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