Les Rencontres d’Arles ont annoncé la programmation de leur édition 2026 !

08 avril 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les Rencontres d’Arles ont annoncé la programmation de leur édition 2026 !
© Carlos Idun-Tawiah, Many Reasons to Live Again [De nombreuses raisons de vivre à nouveau], 2022. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería Alta.
Tasse de café renversée formant une image abstraite
© Orianne Ciantar Olive, « Le Marc de café », 2023. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

La programmation de la 57e édition des Rencontres d’Arles, qui se tiendra du 6 juillet au 4 octobre 2026, a été dévoilée. Les expositions seront traversées par le thème « Des mondes à relire » et certaines feront notamment la part belle au continent africain. 

« Dans une période où tout semble pousser à simplifier, à opposer et à réduire, nous avons souhaité que ces 57e Rencontres d’Arles créent au contraire un espace pour accueillir la complexité et la sensibilité. Non pour adoucir artificiellement la violence du réel, mais pour lui restituer toute sa profondeur. Pour regarder ce monde parfois inquiétant sans cesser d’y chercher des formes de beauté, de relation et de liberté », assure Christoph Wiesner, directeur du festival, pour introduire la programmation de cette nouvelle édition. À l’aube du tricentenaire de la photographie, les expositions seront portées par le thème « Des mondes à relire ». Dans cette idée, à travers des approches et des regards variés, des artistes du monde entier proposeront des récits qui conjuguent histoire personnelle et universelle. Cette année encore, une vaste région sera mise à l’honneur. « Une nouvelle cartographie du monde se dessine à travers l’attention portée aux circulations, aux routes, aux passages et aux lignes de fracture qui traversent les territoires. Entre l’Afrique et la Méditerranée, entre les frontières héritées et les mouvements d’émancipation désirés, les artistes réimaginent les géographies », poursuit-il.

cyanotype dynamique unique
© Meghann Riepenhoff, Radiation adaptative n° 1 (Hanford Reach, Washington, États-Unis, 23.05.2025, eau de rivière, femme de référence, agent réducteur), 23 mai 2025, série State Shift [Changement d’état], 2024-2026, cyanotype dynamique unique. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Un couple dans une voiture
© Paul Kodjo, Notre enfant a sauvé notre amour, 1971. Avec l’aimable autorisation des Rencontres du Sud.
Coquelicot
© Suzanne Lafont, Nouvelles espèces de compagnie, 2017. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Une édition en six chapitres

Comme à l’accoutumée, la programmation des Rencontres d’Arles s’articule en six chapitres. Le premier d’entre eux, « Indépendances », propose un échantillon de la scène artistique africaine. Lauréate de la bourse de recherche curatoriale 2020, Ghana ! Rêver l’indépendance s’intéresse à la manière dont la photographie a contribué à forger une nouvelle identité du pays après son indépendance. Dans ce sillage, la rétrospective Photoromance donnera à voir l’œuvre de Paul Kodjo, qui a réalisé des photoromans pour offrir une autre vision de la Côte d’Ivoire. À travers Impala, Sammy Baloji mettra en regard l’histoire de sa famille avec celle de sa terre natale. La deuxième section, intitulée « Traversées », s’attachera à « ouvrir des horizons de pensées et de sensations », promet Aurélie de Lanlay, directrice adjointe des Rencontres d’Arles. À ce titre, Nos rêves lointains invitera à découvrir le fonds photographique de la Fnac par l’entremise d’un texte signé Nathacha Appanah, qui a notamment remporté le prix Femina 2025 pour son roman La Nuit au cœur. Dans Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ?, Anne-Lise Broyer puise également dans l’expérience littéraire. En retouchant ses images au crayon à papier, elle explore ici le motif de la ruine. Orianne Ciantar Olive présentera Les Ruines circulaires, une série esquissant les contours de Beyrouth. Bruno Boudjelal dévoilera une traversée au sens propre avec Goudron : Tanger-Le Cap qui, comme son nom le suggère, fait le récit d’un voyage du nord au sud de l’Afrique.

Le troisième chapitre de la programmation se nomme « Vies sensibles » et gravite autour du monde vivant. À travers plusieurs centaines de tirages, Modèle animal retracera ainsi deux cents ans de photographie animalière, tandis que La Nature d’Edward Steichen montrera des archives et des originaux de l’artiste polyvalent. Flower Power s’inscrira dans ce prolongement en interrogeant la représentation des fleurs dans le 8e art. Le public pourra également découvrir les étonnantes compositions de Meghann Riepenhoff. Cette dernière collabore avec l’environnement en immergeant son papier photo dans l’eau de mer afin d’en capter la réalité. L’artiste Lara Tabet et la curatrice Yasmine Chemali, qui ont remporté le programme BMW ART MAKERS, révèleront Le Corps vitré, un projet expérimental qui sonde les relations unissant la nature et l’image grâce à la bactériographie. 

Dans un autre registre, « Archives incertaines » plongera les festivaliers dans des univers disparates. Nous ne sommes pas seuls sera consacré aux images extraterrestres. Dans Being There, Lee Shulman et Omar Victor Diop retravaillent des clichés pris en Amérique du Nord dans les années 1950 et 1960. Ils « interviennent dans ces scènes en apparence insouciantes, y introduisant une présence noire là où l’histoire l’avait rendue impossible », souligne le commissaire Taous Dahmani. Comme toujours, « Relectures » s’aventurera tout autant dans le passé. Le festival y placera quatre grandes rétrospectives. Celles-ci seront consacrées à William Klein, Martine Barrat, Harry Gruyaert et Ming Smith. R comme regarder s’intéressera au livre photo jeunesse et Vigilence au magazine du même nom, lancé par EDF afin de « faire émerger un véritable “esprit de sécurité”, notamment par le biais de l’image qui devient alors un outil central », explique le commissaire Arthur Mettetal. Enfin, « Émergences » se tournera, à l’inverse, vers l’avenir en faisant la part belle à la jeune création. Le public pourra apprécier les projets de Jordan Beal, Souleymane Bachir Diaw, Amira Lamti, Mallory Lowe Mpoka, Magali Paulin, Phan Quang et Charlotte Yonga, tous en lice au prix Découverte de la Fondation Louis Roederer, ainsi que ceux de Camille-Renée Devid, Hu Weiyi ou encore Aman Alam.

bactéries sur film photographique couleur 120 mm numérisées et imprimées sur verre
© Lara Tabet, Le Corps vitré, Gare Arenc Méditerranées, 2026, bactéries sur film photographique couleur 120 mm numérisées et imprimées sur verre. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et BMW ART MAKERS.
Instrument de radioprotection, 1977
© Michel Brigaud, Instrument de radioprotection, 1977. Avec l’aimable autorisation des archives EDF.
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