Les arpenteurs du paysage : Albarrán Cabrera

04 mars 2021   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les arpenteurs du paysage : Albarrán Cabrera

Albarrán Cabrera, duo de photographes venu d’Espagne, réalise des œuvres picturales inspirées par les émotions que provoque le paysage. Cet article est à retrouver dans le dossier de notre dernier numéro : Les arpenteurs du paysage.

Le duo barcelonais Albarrán Cabrera (Angel Albarrán et Anna Cabrera) forme une entité en soi. Puisant dans leurs parcours respectifs – la science pour l’un, la littérature pour l’autre –, les deux auteurs se complètent et réalisent des œuvres aux nuances chaudes et à l’esthétique raffinée. « En linguistique, la syntaxe est définie comme les règles permettant de créer des structures significatives. En photographie, cette syntaxe est définie par la technologie. Celle-ci fixe les limites de ce que nous, photographes, pouvons communiquer. Ainsi, plus un photographe possède de ressources, plus il peut s’exprimer », expliquent-ils. Influencés par l’écriture poétique, tant visuelle que littéraire, leurs créations sont pensées comme des échos, des résonnances qui font appel aux souvenirs du regardeur. Une manière de faire dialoguer voyage et introspection, paysage et intime.

« Nous avons une vision vitaliste de la nature qui s’apparente à la philosophie de Hegel. Pour nous, la nature englobe tout, y compris l’homme, qui est lui-même une de ses incarnations. Nous ne vivons pas le paysage comme un territoire. Lorsque nous regardons nos images, nous ne songeons pas à l’endroit où nous les avons prises, mais aux raisons pour lesquelles nous les avons faites : des moments où nous étions charmés, bouleversés, surpris… Une série d’heureux hasards », raconte le duo. Sublimés par une palette de couleurs rappelant les estampes japonaises, leurs photographies révèlent des paysages intemporels à la beauté picturale. Face à ces panoramas, l’homme ne peut que constater, ébahi, la splendeur de sa planète. Loin d’imposer à son public un récit abouti, Albarrán Cabrera distille des pistes de réflexion, un certain lyrisme visuel nous guidant vers notre histoire, nos sensations. « La poésie utilise des formes et des conventions pour suggérer différentes interprétations du monde, pour convoquer une réponse émotive. Nous essayons de susciter la même chose grâce à l’image », concluent les artistes. Une immersion dans un territoire splendide et paisible.

 

Cet article est à retrouver dans le Fisheye #45, en kiosque et disponible ici

© Albarrán Cabrera© Albarrán Cabrera

 

© Albarrán Cabrera

 

© Albarrán Cabrera© Albarrán Cabrera

 

© Albarrán Cabrera

© Albarrán Cabrera

Explorez
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Dans l’œil de Marilia Destot : mémoire entre ciel et mer
© Marilia Destot / Planches Contact Festival
Dans l’œil de Marilia Destot : mémoire entre ciel et mer
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Marilia Destot. Jusqu’au 4 janvier 2026, l’artiste expose ses Memoryscapes à Planches...
26 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Vuyo Mabheka : de brouillon et de rêve
Indlela de la série Popihuise, 2021 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Vuyo Mabheka : de brouillon et de rêve
Par le dessin et le collage, l'artiste sud-africain Vuyo Mabheka compose sa propre archive familiale qui transcrit une enfance solitaire...
25 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Sarah Bahbah : écran d’intimité
© Sarah Bahbah
Sarah Bahbah : écran d’intimité
Sarah Bahbah a imaginé Can I Come In?, un format immersif à la croisée du podcast, du film et du documentaire. Dans les six épisodes qui...
18 décembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche