Roméo Elvis met la Straussphère en orbite

01 février 2018   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Roméo Elvis met la Straussphère en orbite

Roméo Elvis, c’est le rappeur belge qui a braqué 2017 avec 76 concerts. C’est aussi un photographe qui, avec Martin Gallone et Nicolas Catalano – ses potes du 75, une école de photo à Bruxelles – a créé la Straussphère. Un collectif-boîte de prod en roue libre, qui hacke l’iconographie du hip-hop à coups de CompactFlash et de moyen format, dans le plus grand calme. Cet article rédigé par Carine Dolek est à retrouver dans notre dernier numéro.

 

Depuis quelques saisons, il y a dans le rap français un King of the North bien vivant qui ramène les dragons à la vie depuis Bruxelles. Cinq récompenses aux Red Bull Elektropedia Awards, un Morale Tour à guichets fermés, mais aussi le festival belge Dour, Rock en Seine et le Printemps de Bourges. Le Bataclan et l’Olympia sont au programme de 2018, et même la sacro-sainte programmation de France Inter lui a ouvert ses « grillz ».

Son nom : Roméo Elvis. Dans son sillage déferle une petite révolution iconographique, avec des photos de backstages intimes, drôles et délicates. Des cadrages appris dans les meilleurs livres de cuisine, des lumières qui ne piquent pas les yeux, des images burlesques et sauvages à la brutalité sophistiquée, une atmosphère confiante, comme si les photographes faisaient partie de la bande. Parce que les photographes font effectivement partie de la bande : c’est la Straussphère. Nicolas, Martin et Roméo étaient dans la même promo au 75, la fameuse école photo bruxelloise. Et quand le rap est devenu sérieux pour l’un, les deux autres se sont embarqués dans l’aventure.

Faites-vous plaisir, marrez-vous

« En février 2015, c’était la release party de l’EP de Roméo, Morale 1, raconte Nicolas. Il nous a demandé de venir filmer et, juste après ce concert, on s’est dit : “C’est génial ce qui vient de se passer, faisons encore quelques dates.” On a carte blanche, on fait ce qu’on veut ; ça intéressait beaucoup Roméo d’avoir cette atmosphère photo à côté de tout ça : des backstages, des choses que les gens ne voient pas. Ça a commencé par : “Venez, on fait un collectif, faites quelque chose dans votre délire, comme ça vous fait plaisir, marrez-vous.” » Si, de l’extérieur, le collectif semble une nébuleuse, à l’intérieur, on respecte la liberté de création et on promeut le travail des uns et des autres. « Roméo ne participera pas au montage du documentaire, explique Nicolas. Je n’aimerais pas qu’il soit présent, vu que justement, c’est son image. Il verra le résultat final et on lui demandera ce qu’il en pense. »

C’est la Straussphère qui va réaliser l’intérieur de la pochette du prochain album, les clips de Nappeux et de L’amour avec des crocos. « Ça s’étend bien au-delà de Roméo, précise Martin. C’était son but initial, une sphère qui englobe un peu tout le monde : le milieu bruxellois du rap, Caballero, JeanJass, Lord Gasmique, Isha, Lomepal – un Parisien infiltré –, tous les gens qu’on rencontre au fil des tournées. Maintenant, on vient nous chercher pour faire “comme pour la Straussphère”. » Le secret de Roméo Elvis pour imposer son équipe est lumineux de simplicité : « On fait usage de forcing. » Et, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les Jedi des salles de concert préfèrent le côté obscur des chambres noires et parlent avec émotion des CompactFlash argentiques qu’ils utilisent pour la scène. « C’est génial, les Point and Shoot, explique Nicolas. Ce sont de petits bijoux : tout est automatique, on shoote direct, bam ! Là, j’ai le Pentax que mes parents m’ont acheté quand j’avais 10 ans. Je ne fais quasiment que de l’argentique. J’ai aussi un Contax. C’est mon meilleur boîtier, magnifique optique ! Et un Bronica moyen format. J’ai du mal à prendre des photos en numérique. » Martin a un Yaschica des années 1980. « C’est mon bébé, lâche-t-il. Ça rentre dans une poche, ça a une optique Zeiss, ça fait des super images ! Moi je ne suis pas timide, je peux flasher les gens avec, ça me plaît vraiment. Après, quand Roméo commence le concert, j’enclenche le numérique. » Ils filment tout.

L’intégralité de cet article est à retrouver dans Fisheye #28, en kiosque et disponible sur Relay.com

 

© Roméo Elvis – Martin Gallone – Nicolas Catalano

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