
Grand événement du printemps autour de l’art contemporain, Art Paris se tiendra sous les verrières du Grand Palais du 9 au 12 avril 2026. Près de 165 galeries françaises et internationales sont invitées dans les espaces. Une foire qui, fidèle à son ADN, mise autant sur la découverte locale que sur la circulation internationale des regards.
Cette année encore, Art Paris s’organise autour de deux axes curatoriaux forts. D’un côté, Babel – Art et langage en France, imaginé par le commissaire d’exposition, historien de l’art et directeur de Passerelle Centre d’art contemporain à Brest depuis 2019 Loïc Le Gall. Ce parcours interroge la manière dont les artistes manipulent les signes, les mots et les systèmes d’écriture. Entre texte et image, les œuvres jouent de la traduction, du glissement.
En écho, La réparation, confié à la directrice déléguée du Centre Pompidou Francilien à Massy et conservatrice du patrimoine Alexia Fabre. Ce parcours aborde la création contemporaine sous l’angle du soin et de la reconstruction. Il y est question de plaies visibles ou invisibles, de récits fragmentés que les artistes tentent de recomposer, de mémoire et de mille manières de panser les blessures. Ici, la photographie occupe une place singulière : médium de l’archive, elle devient aussi outil de réparation. On la retrouvera dans plusieurs galeries, notamment à The Bridge Gallery, avec Sarfo Emmanuel Annor, qui déploie le visage contemporain de la jeunesse africaine, ou encore peut-être avec le prix BNP Paribas Banque Privée, dont l’une des nommées est Juliette Agnel, représentée par la galerie Clémentine de la Ferronière.


Du rôle et de la responsabilité des foires
Au-delà de ces parcours thématiques, la foire confirme un intérêt marqué pour les pratiques contemporaines hybrides. Le secteur Promesses, dédié aux jeunes galeries, renforce cette dynamique. Sur les balcons du Grand Palais, 27 structures émergentes, âgées de moins de dix ans, présentent une sélection d’artistes dont les œuvres se situent souvent à la frontière des disciplines. On y découvre une scène en devenir, où la photographie dialogue avec le dessin, la sculpture ou le numérique. Autre élément marquant de cette édition : les solo shows, qui permettent de s’immerger dans une pratique. Dans un contexte de foire d’une forte densité, ces propositions monographiques offrent un temps de pause, une lecture plus profonde des œuvres.
Enfin, Art Paris poursuit ses engagements, qu’ils soient écologiques ou sociétaux. Entre circuit court et écoconception de la foire et prix dédiés à la scène française ou aux artistes femmes – comme le prix Her Art porté en collaboration avec Marie Claire et la Maison Boucheron – se dessine une volonté affirmée de rendre l’art contemporain accessible. Un événement qui s’inscrit dans une réflexion plus large sur son rôle et sa responsabilité dans le monde artistique.
