Fisheye 40 : les dessous de la couv’

31 janvier 2020   •  
Écrit par Anaïs Viand
Fisheye 40 : les dessous de la couv’

La couverture de notre dernier numéro consacré aux contes d’hiver est signée Douglas Mandry. Focus vidéo sur cet artiste suisse qui ne cesse d’expérimenter.

« Mon travail se développe en constante réaction à la digitalisation de la photographie », annonce Douglas Mandry, photographe et artiste de 30 ans installé à Zurich, en Suisse. Sa série Unseen sights rassemble des photographies noir et blanc prises au cours de voyages et recolorisées en studio – à la main ou à l’aérographe. « Les images originales témoignent d’une nature primitive, idéalisée et vierge de toute intervention humaine. Elles ont été réalisées dans les environs de sites touristiques où la nature est devenue un bien de consommation photographié comme les autres », complète l’auteur. En intervenant ainsi sur ses photos, il propose une vision fantasmée du territoire. Si la réalité ne l’ennuie pas, il ne cesse de questionner la perception de celle-ci. « Le site de Kapadokya, en Turquie, est apprécié pour ses monuments géologiques de couleur orangée. C’est comme si nous nous trouvions sur une autre planète. Son iconographie durant l’hiver est en revanche moins connue. En essayant de redonner une certaine chaleur aux paysages enneigés, un effet d’entre-deux apparaît. C’est cela que je recherche dans mon travail, le paradoxe. » Un message écologique non revendiqué transparaît dans son questionnement de la photographie comme objet matériel.

Vidéo : © Nina Peyrachon

© Douglas Mandry

© Douglas Mandry© Douglas Mandry

© Douglas Mandry

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