Kiko et Mar : voyage dans les subcultures de Chine

24 octobre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Kiko et Mar : voyage dans les subcultures de Chine
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
Une personne allongée sur un lit qui croise les jambes
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar

Fruit d’une résidence d’artiste en Chine, la série If you want to come and see me, just let me know, réalisée par le couple de photographes Kiko et Mar, sonde les subcultures en Chine. Par l’élaboration de liens profonds avec les personnes qu’il a photographiées, le duo donne à voir une jeunesse qui déborde de créativité et qui s’attache à une certaine liberté.

Une lumière de flash, crue. Des cigarettes écrasées, des lèvres et des yeux peints de noir, et des tatouages imposants. Le couple d’artistes portugais Kiko et Mar a sillonné plusieurs villes de Chine, dans le cadre d’une résidence artistique. À chaque étape de leur parcours, il et elle sont parti·es à la rencontre d’une jeunesse pleine de rêves, qui, dans des espaces alternatifs, vivent leurs cultures, leurs libertés. « Lorsque nous sommes arrivés en Chine, nous n’avons pas photographié tout de suite. Dans un premier temps, nous avons créé des liens. Nous nous sommes fait des amis, nous allions dîner chez eux », précise Mar. Cette démarche se traduit dans le titre de la série If you want to come and see me, just let me know (si tu veux me rendre visite, dis-le-moi, en français). « Il est issu d’un message envoyé par notre hôte, qui décrit parfaitement l’essence de ce travail », explique le couple. Dans un naturel organique, le duo s’empare de son outil argentique. Les prises de vue commencent alors. Pendant des soirées festives, dans des chambres intimes, sur la plage, sur le toit d’un immeuble. « Nous n’utilisons que l’argentique, car nous accordons une grande importance au processus créatif. Ainsi, nous pouvons nous focaliser davantage sur l’intention de la photographie. Aussi, nous aimons le côté imprévisible de l’analogique », soutient Kiko.

un sac en plastique
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
un paquet de cigarette
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
Jeune femme avec un pieds sur le visage
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar

Fenêtre sur une intime liberté

La Chine est une vraie découverte pour Kiko et Mar, qui posent pour la première fois les pieds en Asie. « Je n’ai pas du tout reconnu les discours portés par les médias occidentaux sur ce pays, s’étonne Kiko. Si le régime est répressif et autoritaire, nous avons néanmoins observé une certaine liberté, des artistes qui jouissent de leur créativité, des personnes libres de réaliser leur propre entreprise. » Durant son périple, le duo se concentre sur l’échange d’expériences avec celles et ceux qu’il rencontre. « Cela nous a vraiment ouvert une fenêtre intime sur les jeunes gens dans différentes villes du pays, sur leurs modes de vie, leurs cultures », ajoute-t-il. Kiko et Mar mentionnent, par ailleurs, une fête à laquelle il et elle ont participé. Loin de s’imaginer que cette soirée serait la plus folle de toutes les soirées auxquelles il et elle ont pris part. « C’était dans un centre commercial, complètement légal, et par-dessus tout, extraordinaire », s’enthousiasme Kiko. Styles vestimentaires alternatifs et inventifs, et corps libres allongés sur les draps, de la musique semble presque sortir des images qui nous transportent dans un univers festif et joyeux. « Nous croyons qu’en apprenant et en partageant nos cultures, nous pouvons créer une société plus tolérante et plus ouverte, et façonner un monde meilleur. C’est également le devoir de l’art », conclut le couple.

Jeune femme allongée dans son lit
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
portrait d'une jeune femme
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
portrait d'une jeune femme
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
Un camion en acier
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
un taxi chinois
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
un dos tatoué
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
Portrait d'une femme au style gothique
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
Portrait d'une personne
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
Personne avec le drapeau chinois autour de soi
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
Un boitier d'appareil photo devenu cendrier
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
un paneau stop
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
portrait d'une femme avec un style mignon
If you want to come and see me, just let me know © Kiko et Mar
Un panneau en chinois sur une plage
If you want to come and see me, just let me know © Kikoet Mar
À lire aussi
Huá biàn : quand la musique se rebelle
Love, de la série Huá biàn © Agathe Veidt
Huá biàn : quand la musique se rebelle
Agathe Veidt saisit la fête et les chants de révolte au cœur d’une boîte de nuit de renom à Shenzhen. De retour en France, elle tricote…
29 mai 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Rino Qiu : Le manifeste des petites mains
Shanghai Project © Rino Qiu
Rino Qiu : Le manifeste des petites mains
Dans sa série Shanghai Project, Rino Qiu met en lumière les coulisses de la création d’une photographie de mode. Son regard se pose sur…
10 avril 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Explorez
Dans l’œil d'Antoni Lallican : hommage
1 © Antoni Lallican
Dans l’œil d’Antoni Lallican : hommage
Disparu le 3 octobre dernier, tué par un drone russe dans le Donbass, Antoni Lallican, photoreporter et collaborateur pour la presse...
Il y a 2 heures   •  
Écrit par Ana Corderot
MYOP, vingt ans de photographie : défaire, refaire, rêver le monde
© Agnès Dherbeys
MYOP, vingt ans de photographie : défaire, refaire, rêver le monde
À l’occasion de son vingtième anniversaire, le collectif MYOP investit le Carré de Baudouin avec une exposition manifeste....
09 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Zexuan Zeng : la mémoire et le pouvoir
The Internal Crusade © Zexuan Zeng
Zexuan Zeng : la mémoire et le pouvoir
Le photographe Zexuan Zeng exhume lors d'un voyage les fantômes de l'Armée rouge qui ont réalisé la Longue Marche, un épisode fatal de la...
08 janvier 2026   •  
Écrit par Thomas Andrei
Le Nemesiache : avant-garde féministe sud-italienne entre art et mythe
© Lina Mangiacapre
Le Nemesiache : avant-garde féministe sud-italienne entre art et mythe
Longtemps marginalisé dans les récits de l’histoire de l’art, le collectif féministe napolitain Le Nemesiache, actif dans les années...
07 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Dans l’œil d'Antoni Lallican : hommage
1 © Antoni Lallican
Dans l’œil d’Antoni Lallican : hommage
Disparu le 3 octobre dernier, tué par un drone russe dans le Donbass, Antoni Lallican, photoreporter et collaborateur pour la presse...
Il y a 2 heures   •  
Écrit par Ana Corderot
Chroniques d'un pays traversé, par Julien Pebrel
© Julien Pebrel
Chroniques d’un pays traversé, par Julien Pebrel
Membre de l’agence MYOP, Julien Pebrel étudie la Géorgie depuis plusieurs années à travers un travail d’enquête au long cours, divisé en...
14 janvier 2026   •  
Écrit par Milena III
La sélection Instagram #541 : ne voir qu'une seule couleur
© Emilien Guyard / Instagram
La sélection Instagram #541 : ne voir qu’une seule couleur
Dans notre sélection Instagram de la semaine, les artistes se mettent en mode unicolore. Ils et elles captent les camaïeux et les teintes...
13 janvier 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Les coups de cœur #572 : Odysseas Tsompanoglou et Macy Castañeda-Lee
© Odysseas Tsompanoglou
Les coups de cœur #572 : Odysseas Tsompanoglou et Macy Castañeda-Lee
Odysseas Tsompanoglou et Macy Castañeda-Lee, nos coups de cœur de la semaine, s’intéressent tous deux à des thématiques intimes ayant...
12 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet