Le film « American Beauty » revisité

28 juillet 2015   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Le film "American Beauty" revisité
Inspirée par l’affiche du film “American Beauty”, la photographe américaine Carey Fruth a fait poser nues un groupe de femmes volontaires sur un lit de fleurs, pour lutter contre les préjugés.

C’est une image devenue culte: cette séquence du film American Beauty de Sam Mendès, dans laquelle l’actrice Mena Suvari pose nue sur un lit de roses rouges. Sensuelle et terriblement suggestive, c’est une sorte d’allégorie de la tentation qui y représentée, illustration du fantasme de Lester Burnham (incarné par Kevin Spacey), mari frustré par son quotidien de père de famille. La scène est magnifique, mais elle est aussi emblématique. Elle érige un standard de beauté féminine, définit uniquement par le regard masculin: une femme blanche, jeune et mince.

C’est justement ce qui dérange Carey Fruth. C’est pourquoi elle a réuni autour d’elle quatorze femmes d’âges, d’origines ethniques et de morphologies différentes. Son intention ? Détourner l’affiche du film afin de démonter les stéréotypes qui construisent l’image imposée d’une “belle femme”, entièrement sexualisée.

Photo extraite de la série "American Beauty" / © Carey Fruth
Photo extraite de la série “American Beauty” / © Carey Fruth

Citée par le site Mashable, la photographe a expliqué: “J’ai demandé à ces femmes d’être authentiques dans leur sensualité, leur vulnérabilité et leur complexité et de ne pas poser comme de simples modèles. Ces images ont pour but de montrer la réalité de ce qu’est la féminité, de pousser le paradigme des standards de beauté aux États-Unis en présentant des femmes toutes très différentes.”

Photo extraite de la série "American Beauty" / © Carey Fruth
Photo extraite de la série “American Beauty” / © Carey Fruth

Carey Fruth a d’ailleurs remplacé les pétales de roses rouges par du lilas, symbole de “beauté, d’estime et de confiance en soi”. De plus, sa série met en avant des individus marginalisés par les médias de masse: des femmes de couleurs ou en surpoids. Elle souhaite ainsi révéler la beauté naturelle sous toutes ses formes. Si la photographe a dirigé elle-même les shooting, elle a laissé les modèles décider de leur coiffure, de leur maquillage et de leur pose. L’idée étant de les aider à assumer leur corps. Elle a déclaré: “J’aurais adoré voir ces images dans les magazines quand j’étais adolescente !”

americanbeauty_weblogo_careyfruth_14-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_12-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_04-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_05-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_07-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_10-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_09-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_06-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_03-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_08-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_02-fisheyelemagamericanbeauty_weblogo_careyfruth_11-fisheyelemag

En (sa)voir plus

→ Le site web de Carey Fruth: www.careyfruthphotography.com

→ La photographe collabore aussi avec le studio Shameless Photography

→ Suivez son compte Instagram: @careylynne

→ Découvrez ou redécouvrez la scène mythique du film de Sam Mendès:

Explorez
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
© Caroline Ruffault
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
Disponible à compter de ce vendredi 11 septembre, Fisheye #78 s’articule autour du paysage. Portfolios et dossier s’intéressent aux...
11 septembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
© Eve Campestrini
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
C’est au cœur de la vallée occupée par le Groupe Agricole d’Exploitation Collective (GAEC) de Montlahuc qu’Eve Campestrini compose Lueurs...
08 septembre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Hélène David : les voix du vivant
© Hélène David
Hélène David : les voix du vivant
Pendant quatre ans, Hélène David a arpenté le Pays basque à la rencontre de celles et ceux qui l'habitent – humains, animaux, montagnes...
20 juillet 2026   •  
Écrit par Anaïs Viand
Nos derniers articles
Voir tous les articles
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
기다리는 여자 (Waitng Woman), Be Nu (累) © Suwa Shin
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
Pendant six mois, la photographe coréenne Suwa Shin a frappé à 500 portes de son immeuble pour poser une question pour le moins...
19 septembre 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Quand la photographie rencontre la grandeur de Fontevraud
Saul Leiter, Taxi, 1957 Collection Florence et Damien Bachelot © The Saul Leiter Foundation
Quand la photographie rencontre la grandeur de Fontevraud
Dans l’écrin spectaculaire de l’abbaye royale de Fontevraud, la photographie se mesure à la peinture, s’en inspire, la détourne et finit...
19 septembre 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
On Prom's Eve : Lucas Troadec raconte l'adolescence et son obsolescence
© Lucas Troadec
On Prom’s Eve : Lucas Troadec raconte l’adolescence et son obsolescence
Réalisée à Abu Dhabi, On Prom's Eve nous parle du passage à l'âge adulte dans un contexte géopolitique compliqué. Une série à retrouver...
17 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
© Caroline Ruffault
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
Disponible à compter de ce vendredi 11 septembre, Fisheye #78 s’articule autour du paysage. Portfolios et dossier s’intéressent aux...
11 septembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet