Les lauréats du prix La Gacilly x Fisheye, 2 ans après

14 mars 2019   •  
Écrit par Anaïs Viand
Les lauréats du prix La Gacilly x Fisheye, 2 ans après

Zhen Shi, Manon Lanjouère et Teo Becher ont remporté le prix photo La Gacilly x Fisheye 2017. Retour sur leur parcours, et focus sur leurs actualités, près de deux ans plus tard.

« Après plusieurs années à vivre chez moi, je me suis sentie dans un état d’anxiété et d’impuissance. Je cherchais à retrouver le sentiment d’être à ma place »,

expliquait la photographe franco-chinoise Zhen Shi au sujet de sa série Kwei Yih, amorcée en 2012. Composé d’images d’archives et de photos originales, ce travail exposé au sein du Festival La Gacilly et à la Fisheye Gallery en 2017 est un journal intime qu’elle nous dévoile après avoir retracé le chemin d’où elle vient. Composé d’images d’archives et de photos originales, ce projet non achevé est une réflexion sur le bien-être, la mémoire et l’imagination. Après avoir été exposé à l’occasion du Festival La Gacilly-Baden Photo en juin 2018, Kwei Yih a été montré pour la première fois en Chine lors du Lianzhou Foto Festival en décembre 2018. En ce moment, elle travaille sur un quatrième chapitre consacré aux effets de l’industrialisation sur le paysage. En parallèle, elle a exposé Memories of Things Past, une série commencée en 2016 mêlant documentaire et fiction, et construite à partir d’un journal intime retrouvé à Bruxelles. Ce travail est actuellement présenté à Shenzhen (Chine) au sein de l’OCT Contemporary Art Terminal, et a retenu l’attention du programme Three Shadows Photography Award (TSPA) en décembre 2018. Zhen Shi a par ailleurs fondé une maison d’édition indépendante consacrée aux photographes contemporains, la Maison de Z.

© Shi Zhen

Fisheye Magazine | Coups de cœur #92

© Zhen Shi

Entre cosmos et grain argentique

À La Gacilly, Manon Lanjouère exposait Bleu Glacé, un projet conceptuel décomposant des paysages d’Islande et proposant une alternative au tourisme de masse. Un travail expérimental qui a ensuite été exposé à la Fisheye Gallery, à Arles, puis durant le festival Les Nuits photographiques de Pierrevert, lors des Rencontres de la jeune photographie internationale, à Niort, ou encore pendant le festival des Boutographies, à Montpellier. Un voyage en terre inconnue aux quatre coins de la France. Autant d’événements qui ont fait l’objet de publications. Durant Paris Photos 2018, au stand de la  Fisheye Gallery, elle exposait Demande à la poussière. Cette même série a retenu l’attention du jury du Prix HSBC, puisque Manon Lanjouère a été l’une des finalistes. Actuellement en résidence à Toulouse (Résidence 1+2), Manon Lanjouère prépare un nouveau projet qui fera l’objet d’une exposition et d’une publication. En septembre 2019, elle exposera ses images aux côté de Sandrine Elberg à l’espace Jemmapes. Les deux artistes proposeront un dialogue visuel entre cosmos et grain argentique.

© Manon Lanjouère

© Manon Lanjouère© Manon Lanjouère

© Manon Lanjouère

Repenser les récits

Quel avenir pour Tuktoyaktuk ? s’est questionné Teo Becher, le troisième lauréat du concours des photographes émergents lancé par le festival La Gacilly et Fisheye. En 2015, il rapportait d’une petite ville du Grand Nord canadien Tuk Time, un documentaire délicat sur le peuple inuvialuit, encore nomade il y a un siècle. En 2018, l’exposition a tourné en Autriche et à Amsterdam (Olympus Young Talent Award, FOAM). En 2019, Teo Becher et sa compagne Roxane Gabet ont expérimenté et ont fait évoluer la série. Roxane Gabet a tenu un rôle d’éditrice photo. Ensemble ils ont questionné les origines et les rôles des images au regard de dispositifs inédits. Des images ont vu le jour suite à un accident technique, et de nouveaux niveaux de lecture ont été formalisés. Des dispositifs permettant de repenser les récits construits autour de l’Arctique et de rendre compte d’une (in)visibilité et d’une tension propres au Nord et aux peuples qui l’habitent. Cette nouvelle version de Tuk Time a vocation à voyager puisque le couple entend soumettre les productions auprès des habitants de Tuktoyaktuk d’ici 2020. Ils projettent de présenter le travail final sous la forme d’un ouvrage. Par ailleurs, il a réalisé sa première commande au printemps 2018 pour Wallonie Belgique Tourisme autour de la thématique « la Wallonie Insolite ». Une occasion de photographier le pays où il vit, avec liberté et autonomie. Ses lieux insolites ont été montré durant les mois de juillet et d’août 2018 à l’Espace Wallonie de Bruxelles.

Vu d'installations - Teo Béche

Vue d’exposition pour la commande pour Wallonie Belgique Tourisme

Vu d'installations - Teo Béche

Tuk Time, Vue d’exposition

© Teo Becher

© Teo Becher

Derniers jours pour candidater au prix La Gacilly x Fisheye 2019.

Image d’ouverture © Manon Lanjouère

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