Les Rencontres d’Arles 2018 : nos cinq expos coups de cœur 

23 juillet 2018   •  
Écrit par Anaïs Viand
Les Rencontres d’Arles 2018 : nos cinq expos coups de cœur 

De passage dans la cité arlésienne ? Fisheye vous conseille cinq expositions inévitables présentées jusqu’au 23 septembre lors des Rencontres d’Arles.

1. Jonas Bendiksen, Le Dernier Testament 

« Le Dernier Testament est né d’une longue fascination pour la religion et d’un besoin de comprendre ce qu’est la foi, la croyance, et ce en quoi on peut croire », explique Jonas Bendiksen, l’auteur de ce projet monumental. Ce photographe norvégien a partagé le quotidien de sept hommes prétendant chacun être le messie. Un voyage aux quatre coins du monde – Angleterre, Brésil, Russie, Afrique du Sud, Zambie, Japon, Philippines  pour découvrir Jésus de Kitwe, Jésus de Matayoshi, INRI ou encore Apollo (fondateur et le dirigeant de l’entreprise Le Royaume du Jésus Christ). Aux délicieux portraits sont associés des témoignages amusants où l’on découvre tantôt un puissant messie, et tantôt un outsider qui prêche le suicide à ses adversaires.

Une interview réalisée avec Jonas Bendiksen est à retrouver dans notre dernier numéro.

© Jonas Bendiksen / MagnumPhotos
South Africa. 2016. KwaZulu Natal.
Moses preaches to his flock during the wedding.
Moses Hlongwane is known to his thirty or so disciples in South Africa as The King of Kings, The Lord of Lords, or simply: Jesus. God first told Moses he was the Messiah in a dream in 1992, at which time he was working as a small-time jewelry salesman. Since then he has preached to the multitudes in the KwaZulu-Natal province; he later expanded his mission to Johannesburg and other large cities. Now Moses lives with his closest disciples in his native village of Eshowe outside Durban.
According to Moses’ teachings, Judgment Day is approaching fast. The buildup to this moment has been long and dramatic, with Moses singlehandedly fighting the Devil for many years. The resulting End of Days is in part triggered by the conclusion of Moses’s successful search for a wife.

2. Matthieu Gafsou, H+ 

Matthieu Gafsou s’est intéressé à la notion d’humanité augmentée et de transhumanisme – un mouvement qui prône l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains.

Du prototype de pancréas à la cuve de cryogénisation en passant par les implants party, Matthieu Gafsou a photographié les objets comme les acteurs du mouvement. Il expose, à la maison des peintres, un ensemble d’images artificielles venues après un travail d’enquêteur. Un faisceau d’indices rassemblé en six chapitres questionne le futur de notre humanité. Quel rapport à la technique l’homme du 21e siècle cultive-t-il ? Est-ce que la technique peut tout remplacer ? Un sublime projet qui déroute.

© Matthieu Gafsou. Avec l’aimable autorisation de l’artiste, de Galerie C et de MAPS.

© Matthieu Gafsou. Avec l’aimable autorisation de l’artiste, de Galerie C et de MAPS.

3. Une colonne de fumée – Regard sur la scène contemporaine turque

À la maison des peintres, une quinzaine d’artistes turques présentent la vision de leur pays marqué par la censure et l’autocensure. Quotidien difficile, guerres ou encore protestations, leur travaux composent un poignant état des lieux de la Turquie. Comment agir en tant qu’artistes aujourd’hui ? La photographie est-il un médium gage de liberté ? Avec eux, on redécouvre un pays, où il est encore possible de dire la vérité.

L’occasion de redécouvrir Çagdas Erdogan et sa série Contrôle réalisée en 2016. En photographiant la nuit turque, il dénonce un climat politique conservateur. Un instantané de la Turquie violent et poétique.

Une interview réalisée avec Yann Perreau – l’un des deux commissaires – est à retrouver dans notre dernier numéro.

Contrôle, 2015-2016 © Çağdaş Erdoğan

Contrôle, 2015-2016 © Çağdaş Erdoğan

4. The train, le dernier voyage de Robert F. Kenedy 

Durant les Rencontres, l’atelier des forges se transforme en gare. Trois artistes – Paul Fusco, Rein Jelle Terpstra et Phlippe Parreno – se sont penchés sur le dernier voyage de Robert F. Kenedy, le trajet d’un train funéraire, depuis New York jusqu’à Washington. Le voyage commence avec Paul Fusco, le  photographe commissionné pour l’évènement et ses images couleur. Depuis dans le train ce dernier documente les personnes endeuillées postées le long des rails. Des images qui montrent la diversité du pays et de ses habitants. Avec Rein Jelle Terpstra, le visiteur se place du côté des spectateurs venus rendre hommage au candidat démocrate. L’artiste hollandais Rein Jelle Terpstra a rassemblé des images prises par des amateurs. Un travail d’archives impressionnant. Philippe Parreno choisit quant à lui de « montrer le point de vue du mort » à travers son film du 8 juin 1968. Avec sa reconstitution sur un film 70mm, le visiteur monte à bord du train et dévient lui aussi un témoin silencieux. Virée contemplative ou regards croisés sur événement politoco sociohistorique ? Une chose est certaine, le dialogue construit ici est astucieux.

Sans titre, série RFK Funeral Train, 1968 © Paul Fusco/Magnum Photos, Avec l’aimable autorisation de la Danziger Gallery.

Sans titre, RFK Funeral Train, 1968 © Paul Fusco/Magnum Photos, Avec l’aimable autorisation de la Danziger Gallery.

5. Depardon USA, 1968-1999

Un passage s’impose à l’espace Van Gogh où Raymond Depardon expose ses reportages américains réalisés de 1968 et 1999. Il dévoile en 75 clichés et quatre temps sa vision des États-Unis, un pays qui a impacté sa vie. 1968. Première virée outre-Atlantique du cinéaste et photographe français où il y documente entre autres la Convention nationale démocrate, une manifestation contre la guerre du Viêt Nam et la campagne électorale de Richard Nixon.  En1981, il photographie New York et ses habitants en colère. Un endroit parfait pour apprendre à regarder et préciser son approche photographique. Un an plus tard, en 1982, Raymond Depardon documente son voyage réalisé dans l’ouest des États-Unis, du Nouveau-Mexique à la Californie. En 1999, il fait état de ses errances à travers de grands formats verticaux. De puissants paysages, un jeu autour de la notion de cadre et une liberté assumée ! Une exposition incontournable pour qui aime les États-Unis et l’un des photographes vedettes de cette édition arlésienne.

Sioux City, Iowa, 1968 © Raymond Depardon / Magnum Photos.Manhattan, New York, 1981 © Raymond Depardon/Magnum Photos.

© Raymond Depardon/Magnum Photos.

Image d’ouverture © Jonas Bendiksen / MagnumPhotos

Explorez
4 événements photographiques à découvrir en octobre 2026
© Cristóbal Ascencio
4 événements photographiques à découvrir en octobre 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en octobre...
02 octobre 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
À l'IMA-Tourcoing, Serge Najjar nous montre son pays à lui, le Liban
© Red Swipe 2015 Serge Najjar
À l’IMA-Tourcoing, Serge Najjar nous montre son pays à lui, le Liban
À l’Institut du monde arabe-Tourcoing, la photographie s’entremêle avec l’architecture et l’abstraction. Jusqu'au 17 janvier 2027...
01 octobre 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Fisheye #77, désormais en kiosque, s’immisce au cœur des festivals photo de l’été 2026
La petite Vera, Lac Baïkal, Sibérie, 1998. © Claudine Doury / Courtesy de l’artiste et de l’agence VU’
Fisheye #77, désormais en kiosque, s’immisce au cœur des festivals photo de l’été 2026
Que valent nos images ? C’est avec cette question en tête que nous avons composé Fisheye #77, que vous pouvez dès à présent retrouver en...
06 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Paris Photo a dévoilé le programme de son édition 2026 !
© AFP (Agence France-Presse), Michel Morgan, Paris, France, 9 octobre 1946, 1946, Fisheye Gallery
Paris Photo a dévoilé le programme de son édition 2026 !
La 29e édition de Paris Photo se tiendra au Grand Palais du 12 au 15 novembre 2026. À cette occasion, les œuvres de 1260 artistes...
28 octobre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
visual residue : collages d’émotions
© unknwnrt
visual residue : collages d’émotions
Sur son compte Instagram, Zhenya publie des collages empreints d’une sombre poésie. Une collection de « résidus visuels » qui convoque...
21 octobre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
InCadaqués Festival : Julie Peiffer remporte le Premi Fotografia Femenina 2026
© Julie Peiffer
InCadaqués Festival : Julie Peiffer remporte le Premi Fotografia Femenina 2026
Le Premi Fotografia Femenina Fisheye x InCadaqués 2026 a récompensé Julie Peiffer pour Renversement, une série où la nature fragile...
10 octobre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Le Chant des villes : un urbain intime chez agnès b. 
© Alexandre Dupeyron
Le Chant des villes : un urbain intime chez agnès b. 
Jusqu’au 25 octobre 2026, la Galerie du Jour agnès b. présente Le Chant des villes, une exposition collective aux écritures contrastées...
09 octobre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas