Mirko Ostuni : une adolescence dans les Pouilles

20 décembre 2024   •  
Écrit par Marie Baranger
Mirko Ostuni : une adolescence dans les Pouilles
© Mirko Ostuni, Onde Sommerse.
Onde Sommerse © Mirko Ostuni

Dans Onde Sommerse, Mirko Ostuni dresse le portrait de sa propre génération se mouvant au cœur des Pouilles. Cette jeunesse tendre et frivole qu’il capture sous la forme d’un journal intime tutoie les paysages typiques de cette région du sud de l’Italie. Ces images dévoilent un moment de la vie de l’artiste, rempli de bonheur et suspendu dans le temps.

Pour Mirko Ostuni, son adolescence dans les Pouilles, en Italie, c’est comme des moments d’insouciance, rythmés par l’ennui, par sa planche à roulettes et par des cannettes de bière, autrement dit comme des « vagues submergées ». C’est une période « sans lutte contre la société capitaliste », confie l’artiste. Ce récit qui est le sien, il l’a capturé entre 2018 et 2022 dans sa série Onde Sommerse (Vagues submergées, en français, ndlr). « Ce travail est né du désir de raconter une histoire que je vivais sans le savoir », explique-t-il. Sous la forme d’un journal intime, il documente sa génération – les ami·es qui l’ont entouré –, et les lieux – le skatepark à 200 mètres de la maison de ses parents, la plage et les rues de sa ville natale – où il a résidé. Gâteaux d’anniversaire, écumes laiteuses, baisers incongrus, reliques d’une fête arrosée et skateur·euses bohèmes jalonnent ses images monochromes et granuleuses. À leur vue, on y entendrait presque les musiques qui accompagnent les sorties du photographe – celles du groupe de rock Fontaines DC ou du musicien Yves Tumor. « Le fait de grandir dans une ville de province où l’ennui est palpable m’a inspiré, ajoute l’auteur. Les Pouilles servent de toile de fond à mon projet. Mais la région devient presque une seconde protagoniste, puisqu’elle influence grandement la psyché des jeunes qui la peuplent. » En 2023, le photographe italien réunit ses clichés dans un zine, où les sentiments liés à l’adolescence se révèlent peu à peu : « C’est l’époque où l’on tombe amoureux·ses, où l’on se dispute, où l’on pleure et où l’on se défoule », conclut Mirko Ostuni. Une deuxième édition d’Onde Sommerse, agrémentée d’archives retrouvées, est également sortie cette année.

Onde Sommerse © Mirko Ostuni
Onde Sommerse © Mirko Ostuni
Onde Sommerse © Mirko Ostuni
Onde Sommerse © Mirko Ostuni
Onde Sommerse © Mirko Ostuni
Onde Sommerse © Mirko Ostuni
Onde Sommerse © Mirko Ostuni
Onde Sommerse © Mirko Ostuni
Onde Sommerse © Mirko Ostuni
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