Jusqu’au 20 décembre 2026, au Hangar de Bruxelles, retrouvez l’exposition de vingt photographes aux divers horizons !
En partenariat avec le CNAP, le Hangar nous propose de découvrir les projets de vingt photographes, dont cinq lauréats belges. En observant ces images, on se demande comment chaque artiste réussit à réinventer la photographie. Delphine Dumont, directrice du Hangar, s’interroge elle aussi : « Qu’est-ce que la réinvention finalement ? Il n’y a pas une seule réinvention possible, car on réinvente tous les jours de nouvelles manières de faire l’image. Il y a différents types d’artistes qui utilisent de nouveaux procédés. L’artiste se réinvente lui-même par la photographie. » L’exposition est donc une invitation à repenser le médium : les intentions photographiques ont changé et permettent le développement de nouvelles œuvres. Dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie, Reinventing Photography offre un espace de dialogue, entre héritage et innovation, et nous permet de réfléchir à l’avenir de l’image. Avec l’émergence de l’intelligence artificielle, celle-ci est confrontée à de nouvelles interrogations, mais les artistes nous proposent des positionnements critiques, sensibles et expérimentaux. Pour Delphine Dumont, « le public sera rassuré : l’exposition montre que ce médium est bien vivant. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir sur son devenir, car il est tellement difficile à maîtriser que chacun l’utilise différemment. Avec la photo, nous avons un éventail de possibilités. Quelle merveille ! » Outre les artistes sélectionnés dans le cadre de la commande photographique nationale française, nous retrouvons cinq artistes belges choisis à l’issue d’un appel initié par le Hangar. Ces lauréats enrichissent l’exposition et offrent une façon complémentaire de regarder les images.


Réinventer la photographie :
À la question : « Comment réinventez-vous la photographie ? », chacun a répondu différemment. Leurs réponses se complètent pour former un panorama exhaustif. « Je ne pense pas réinventer la photographie, j’en serais bien incapable. À travers ce projet, je tente seulement de questionner et de saisir, de manière sensible, la façon dont une image apparaît pour la première fois », avoue Mali Arun. De son côté, Gaëlle Choisne souhaite « donner des corps et des âmes » à ses créations. Pour Sébastien Van Malleghem, l’approche est plus personnelle : « Je réinvente la photographie en me réinventant moi-même : du noir et blanc à la couleur, de la photo fixe à la vidéo, du réel à l’IA, du documentaire social vers une approche plus plasticienne. » Quant à Isabelle Giovacchini, elle apporte une ultime nuance : « Il me semble que la photographie a le don de se réinventer toute seule. » En effet, la photographie de demain « ne cessera jamais d’être réinventée », affirme la directrice du Hangar. Celle-ci ajoute que « nous allons vivre des évolutions grâce au travail des artistes ». L’avenir des arts est donc une réinvention permanente, c’est la promesse d’un horizon riche et diversifié qui n’a pas fini de nous éblouir. Les artistes sont lancés et engagés dans une même quête : celle de repousser les limites sans jamais altérer la force et la singularité de la photographie.
Cet article est à retrouver dans notre numéro hors-série consacré au Bicentenaire de la Photographie.
