Il y a deux siècles, l’intuition d’un inventeur, Nicéphore Niépce, a donné naissance à un médium qui a conquis la planète et s’est inscrit dans notre quotidien. À l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, qui s’est ouvert en septembre pour une célébration exceptionnelle de treize mois, Fisheye a souhaité rendre hommage à cet art. C’est dans cet esprit que nous avons conçu un hors-série en étroite collaboration avec le ministère de la Culture. C’est le moment idéal pour vous procurer cette édition et vous y plonger : elle sera votre boussole pour naviguer à travers cette année historique.
Conçu comme le compagnon parfait de la manifestation, ce numéro hors-série s’organise autour d’agendas qui répertorient des dizaines d’expositions et d’événements labellisés par le ministère de la Culture, ainsi que nos coups de cœur, classés par grandes régions géographiques, y compris en Outre-Mer et jusqu’à l’international. Il dessine une carte inédite de la création visuelle car, comme le rappelle Benoît Baume, notre directeur de la publication, dans l’édito qui ouvre ce numéro : « La photographie n’a pas d’adresse parisienne, elle a des points de vue. »
Mais que lirez-vous exactement au fil de ces pages ? En plongeant au cœur de cette parution, vous retrouverez d’abord nos repères chronologiques, puis les agendas et des portfolios sur mesure. Côté textes, Dominique de Font-Réaulx, historienne et présidente du comité scientifique du Bicentenaire de la Photographie, y signe un article passionnant sur la genèse de la première image conservée : le célèbre Point de vue du Gras. Obtenue en 1827 par Niépce après près de 72 heures de pose, cette héliographie sur étain nous rappelle que fêter cet anniversaire va bien au-delà du simple hommage à son auteur : c’est célébrer l’avènement de l’idée même de l’image. Plus loin dans la revue, la journaliste Jordane de Faÿ mène un grand dossier d’analyse sur l’évolution de nos usages. C’est enfin, à travers ces écrits, l’occasion de relever le paradoxe cruel pointé par Benoît Baume : « Jamais un art n’a été si célébré et si précaire à la fois. » Si l’on adore ce médium, « on oublie parfois de nourrir les photographes », souligne-t-il.
Parmi les temps forts de cette programmation, nous sommes particulièrement fiers de mettre en lumière un événement labellisé par le ministère que Fisheye co-organise : l’exposition 1945-1995 : 50 ans de tirages de presse. En partenariat exclusif avec l’Agence France-Presse (AFP) et la RATP, nous habillons les quais du métro parisien avec de grands formats, de septembre 2026 à janvier 2027. Cette plongée dans les fonds mythiques de l’agence rassemble une trentaine de clichés originaux qui rendent un vibrant hommage à l’âge d’or du photojournalisme. Ce qui rend cette sélection si fascinante, c’est la trace physique du travail de l’époque : traits de recadrage, légendes dactylographiées, tampons humides ou encore annotations manuscrites au verso. À l’heure où l’intelligence artificielle bouscule la nature de l’image et où les flux visuels défilent de manière éphémère sur nos écrans, ces archives nous offrent un voyage mémoriel vers une tout autre façon de concevoir l’information.
Que vous soyez curieux d’admirer la grande rétrospective de Guillaume Herbaut aux Champs Libres, à Rennes, désireux de flâner dans les couloirs du métro parisien pour y redécouvrir l’histoire, ou prêt à franchir nos frontières pour questionner l’avenir de l’image avec l’exposition Reinventing Photography au Hangar, à Bruxelles, ce hors-série est le partenaire qu’il vous faut. Alors que nous entrons dans le troisième siècle de son existence, une immense curiosité nous anime : que va devenir la photographie ? Si les algorithmes la transforment dangereusement, c’est l’essence même de ce médium de se réinventer et de renaître sous des formes nouvelles. Et c’est précisément la vocation de Fisheye : continuer de défricher et de mettre en lumière la photographie émergente. Car aujourd’hui comme dans le futur, elle reste le seul langage qui peut être compris dans le monde entier.