Cet été a été marqué par les conséquences des dérèglements climatiques qui n’ont de cesse de transformer notre environnement. Comme le souligne Benoît Baume, fondateur du magazine, dans l’édito de Fisheye #78, « quelque chose s’est retourné dans notre rapport au paysage ». La relation que nous entretenons avec ce dernier est au cœur de notre nouveau numéro, disponible en kiosque et sur notre boutique en ligne dès aujourd’hui. Au-delà de montrer le réel, l’imagerie qui en découle témoigne de nos préoccupations, mais également de notre manière d’appréhender le temps, la mémoire et l’imaginaire. Benoît Baume poursuit en ces mots : « Il fut notre évasion, notre horizon, notre promesse de voyage, l’espace même du possible. La première photographie de l’histoire, le Point de vue du Gras de Nicéphore Niépce, était déjà un paysage, cadré comme une fenêtre ouverte sur le monde. Deux cents ans plus tard, la fenêtre donne sur l’incendie. Le paysage est devenu angoisse, enfermement, danger, parfois mort. La forêt, refuge romantique, se transforme en combustible. La mer qui faisait rêver les peintres monte désormais dans les rapports d’experts. Et le refus de cette réalité ne se loge pas seulement dans les conversations de voisinage : il s’infiltre dans nos manières de présenter, de représenter et de rêver le monde. Continuer à produire des cartes postales, c’est aussi une opinion. »
Dans ce numéro, nous mettons en avant les événements qui ouvrent la saison. Parmi eux se compte notamment FLASH, un nouveau festival photo ancré à Fontenay-sous-Bois, labellisé pour le Bicentenaire de la Photographie. Nous vous présentons également les prochaines expositions à découvrir à la MEP, au musée des Arts décoratifs, au Théâtre du Nord, à Lille, et les festivals Les Photaumnales ou BarrObjectif. Nos portfolios s’ouvrent sur Vincent Catala et son projet Île Brésil, qu’il expose au musée de la Photographie de Charleroi, en Belgique, jusqu’au 27 septembre 2026. À cette occasion, celui-ci s’augmente d’un film évoquant son retour à Altamira, une ville située au cœur de l’Amazonie brésilienne. Viennent ensuite les séries d’Antoine De Winter, de Dana Cojbuc, de Zhang Wenxin, de Fred Mortagne, de Lucas Troadec, de David De Beyter et de Mélanie Courtinat qui donnent à voir différents types d’environnements. Notre dossier examine le paysage dans ses moindres aspects. Les repères, tout d’abord, retracent deux cents ans de transformation du territoire, allant de la première héliographie de Nicéphore Niépce aux mondes virtuels générés par intelligence artificielle. L’analyse témoigne des réalités multiples qu’il recouvre et montre comment, depuis les années 1970, les photographes en interrogent sa fabrique et cristallisent ses mutations, fractures ou évolutions. La librairie prolonge la thématique. L’ouvrage met en exergue les projets de Małgorzata Stankiewicz, Sylvie Bonnot et Chiara Indelicato qui, face à l’urgence climatique, inventent de nouvelles écritures visuelles où la nature devient à la fois sujet, matière et récit.