Et après la fumée ? : Louis Lepron révèle les dégâts des incendies de Fontainebleau

À l'instant   •  
Écrit par Ana Corderot
Et après la fumée ? : Louis Lepron révèle les dégâts des incendies de Fontainebleau
© Louis Lepron

Cet été caniculaire n’a épargné personne, encore moins la nature, première victime du dérèglement climatique. Le constat a été sanglant : des incendies ont ravagé des centaines de milliers d’hectares à travers toute l’Europe. Parmi ces espaces, le massif forestier de Fontainebleau a connu l’un des plus importants incendies de son histoire récente. Louis Lepron, photographe et journaliste, s’est rendu sur place après le drame pour rendre compte des dégâts. Il en a rapporté des images d’une beauté glaçante et un texte touchant, à retrouver en intégralité dans le dernier numéro de Fisheye.

Le 12 juillet dernier, à 60 km de Paris, la plus grande forêt domaniale d’Île-de-France a perdu près de 2 200 hectares de ses arbres et de sa faune. Au cœur d’une des nombreuses canicules qu’aura connues la France, Fontainebleau s’est embrasée alors qu’une sécheresse exceptionnelle, due au réchauffement climatique,
avait déjà mis à mal sa végétation. En seulement quelques jours, 10% de sa superficie a disparu dans les flammes. Dix jours plus tard, avec l’aide de Vertige Media et accompagné par l’Office national des forêts, j’ai pu me rendre sur place dans le secteur des Trois Pignons et mesurer l’ampleur des dégâts.

© Louis Lepron

Une dystopie bien réelle

En arrivant, j’ai été surpris par l’absence de sons et par cette odeur de cendres prégnante. Le soleil était au plus haut, mais j’avais l’impression d’être dans un film en noir et blanc. J’ai d’abord apprivoisé ce qui m’entourait : des feuilles noircies, des troncs carbonisés ou arrachés, des sols devenus poussière et des blocs d’escalade méconnaissables. Lunaire, apocalyptique : c’était tout ça à la fois. Ça m’a fait penser à un conte de Tim Burton, avec toute l’étrangeté d’être dans un endroit que j’avais déjà parcouru plusieurs fois, mais que je ne reconnaissais plus.  J’ai commencé par prendre des photos avec des cadres larges, qui me permettaient de rendre compte de l’étendue du feu : une armée de troncs sans âme, un arbre déraciné qui était tombé sur un rocher ou les ombres de branches qui semblaient dessiner des doigts faméliques. J’ai ensuite voulu partir à la recherche de détails, sans trop savoir ce que je voulais trouver. À mesure que je marchais entre les rochers, j’ai essayé de repérer ce qui pouvait paraître encore « vivant » dans cette partie de forêt en ruines. Il y avait là des feuilles qui étaient noircies, mais dorées, ici une roche s’était couverte d’une matière noire tachetée.

La suite de ce texte est à lire dans le Fisheye #78

© Louis Lepron
© Louis Lepron
© Louis Lepron
© Louis Lepron
À lire aussi
Rebekka Deubner, lettres d'amour à terre
© Rebekka Deubner
Rebekka Deubner, lettres d’amour à terre
Exposé aux Rencontres d’Arles, à la Croisière, le projet La terre amoureuse de Rebekka Deubner nous parle avec une grande justesse de la…
09 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Explorez
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
© Caroline Ruffault
Quels mondes allons-nous habiter ? Fisheye #78 scrute le paysage
Disponible à compter de ce vendredi 11 septembre, Fisheye #78 s’articule autour du paysage. Portfolios et dossier s’intéressent aux...
11 septembre 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
© Eve Campestrini
Lueurs Fauves : l’écosystème sensible d’Eve Campestrini
C’est au cœur de la vallée occupée par le Groupe Agricole d’Exploitation Collective (GAEC) de Montlahuc qu’Eve Campestrini compose Lueurs...
08 septembre 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
La sélection Instagram #561 : frissons dans tout le corps 
Cette semaine les photographes capturent à travers leur objectif le sport sous toutes ses formes. Les frissons parcourent les corps, une...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Hélène David : les voix du vivant
© Hélène David
Hélène David : les voix du vivant
Pendant quatre ans, Hélène David a arpenté le Pays basque à la rencontre de celles et ceux qui l'habitent – humains, animaux, montagnes...
20 juillet 2026   •  
Écrit par Anaïs Viand
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Et après la fumée ? : Louis Lepron révèle les dégâts des incendies de Fontainebleau
© Louis Lepron
Et après la fumée ? : Louis Lepron révèle les dégâts des incendies de Fontainebleau
Cet été caniculaire n'a épargné personne, encore moins la nature, première victime du dérèglement climatique. Le constat a été sanglant...
À l'instant   •  
Écrit par Ana Corderot
Jaka Mojškerc : des déchirures comme des bouts de vie
© Jaka Mojškerc
Jaka Mojškerc : des déchirures comme des bouts de vie
À travers ses images et ses collages, Jaka Mojškerc construit de petites histoires d'un quotidien qui passe lentement dans la...
22 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les coups de cœur #585 : Lorenzo Levi et Federico Pacini
A non Fairy, Tale. © Lorenzo Levi
Les coups de cœur #585 : Lorenzo Levi et Federico Pacini
Cette semaine, Lorenzo Levi et Federico Pacini, tous deux originaires d’Italie, parcourent la ville, ses lieux parfois déserts et les...
21 septembre 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
기다리는 여자 (Waitng Woman), Be Nu (累) © Suwa Shin
500 portes, neuf douches : l’étrange expérience de Suwa Shin
Pendant six mois, la photographe coréenne Suwa Shin a frappé à 500 portes de son immeuble pour poser une question pour le moins...
19 septembre 2026   •  
Écrit par Marie Baranger