Cet été caniculaire n’a épargné personne, encore moins la nature, première victime du dérèglement climatique. Le constat a été sanglant : des incendies ont ravagé des centaines de milliers d’hectares à travers toute l’Europe. Parmi ces espaces, le massif forestier de Fontainebleau a connu l’un des plus importants incendies de son histoire récente. Louis Lepron, photographe et journaliste, s’est rendu sur place après le drame pour rendre compte des dégâts. Il en a rapporté des images d’une beauté glaçante et un texte touchant, à retrouver en intégralité dans le dernier numéro de Fisheye.
Le 12 juillet dernier, à 60 km de Paris, la plus grande forêt domaniale d’Île-de-France a perdu près de 2 200 hectares de ses arbres et de sa faune. Au cœur d’une des nombreuses canicules qu’aura connues la France, Fontainebleau s’est embrasée alors qu’une sécheresse exceptionnelle, due au réchauffement climatique,
avait déjà mis à mal sa végétation. En seulement quelques jours, 10 % de sa superficie a disparu dans les flammes. Dix jours plus tard, avec l’aide de Vertige Media et accompagné par l’Office national des forêts, j’ai pu me rendre sur place dans le secteur des Trois Pignons et mesurer l’ampleur des dégâts.

Une dystopie bien réelle
En arrivant, j’ai été surpris par l’absence de sons et par cette odeur de cendres prégnante. Le soleil était au plus haut, mais j’avais l’impression d’être dans un film en noir et blanc. J’ai d’abord apprivoisé ce qui m’entourait : des feuilles noircies, des troncs carbonisés ou arrachés, des sols devenus poussière et des blocs d’escalade méconnaissables. Lunaire, apocalyptique : c’était tout ça à la fois. Ça m’a fait penser à un conte de Tim Burton, avec toute l’étrangeté d’être dans un endroit que j’avais déjà parcouru plusieurs fois, mais que je ne reconnaissais plus. J’ai commencé par prendre des photos avec des cadres larges, qui me permettaient de rendre compte de l’étendue du feu : une armée de troncs sans âme, un arbre déraciné qui était tombé sur un rocher ou les ombres de branches qui semblaient dessiner des doigts faméliques. J’ai ensuite voulu partir à la recherche de détails, sans trop savoir ce que je voulais trouver. À mesure que je marchais entre les rochers, j’ai essayé de repérer ce qui pouvait paraître encore « vivant » dans cette partie de forêt en ruines. Il y avait là des feuilles qui étaient noircies, mais dorées, ici une roche s’était couverte d’une matière noire tachetée.
La suite de ce texte est à lire dans le Fisheye #78



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