Nos coups de cœur de la semaine, Cedric Hayabusa et Nicolas Villela, photographient les endroits où ils voyagent, des paysages qui touchent, qui racontent une histoire ou bien ceux qui nous transmettent une certaine sensibilité lyrique. Leurs images racontent un passé, le moment présent et même peut-être un avenir inventé, lorsque le paysage devient une toile d’imaginaire.
Cedric Hayabusa
Fasciné par le pouvoir des images et leur capacité à raconter une histoire, Cedric Hayabusa voyage au Japon en 2023 et se présente comme un « spectateur des situations du quotidien ». L’artiste nous partage alors sa vision du monde, une vision « cinématique ». Son travail photographique relève d’une approche cinématographique, qui plonge le spectateur dans les scènes suspendues créées par le photographe. Avec ses images, il observe silencieusement les rues à la recherche des jeux de lumière. On y découvre Tokyo, ses restaurants, ses néons, son métro et ses passants. Une ambiance nocturne, calme et irréelle qui nous plonge au cœur du Japon. Pour le photographe, Tokyo est « un terrain de jeu incroyable », un lieu de travail unique où son imagination prend vie. Pour Cedric Hayabusa son approche « reflète des ambiances issues de pays qui fascinent », son message est alors visuel et selon lui il « permet au spectateur de voyager et découvrir des visages, des situations et des paysages dignes d’un film ». Son projet, Tokyo Blue by Midnight, est celui de la ville, une ville qui devient une scène, là où les acteurs sont des passants inconnus. Mais qui est cet homme qui rentre dans le métro souterrain ? Que fait-il tout seul au sein de l’obscurité ? Les lumières rose, bleue, rouge et orange nous ouvrent un monde, celui de Cedric Hayabusa.





Nicolas Villela
Né en Allemagne, élevé en France, installé à Vienne, d’origine chilienne, Nicolas Villela voyage partout à travers le monde avec sa femme et son fils. Pour se reconnecter avec ses racines, il retourne au Chili à plusieurs reprises pour comprendre le passé de son père et son histoire. En vivant deux ans là-bas, chaque journée devient un fragment d’un dialogue silencieux, un lieu de découverte et d’héritage familial. En regardant ces images, on y voit des traces du passé qui s’entremêlent avec les questions actuelles de l’artiste. Ce passé est alors le point crucial de son travail, il part de « la mémoire, l’identité et ce qui reste d’un pays qu’on a quitté ». Ses photographies en noir et blanc, au format argentique, se rapproche de la méditation, une pratique lente qui capture les fragments de l’émotion. « Je ne cherche pas à enregistrer le réel mais à le révéler : à faire de la photographie un dialogue continu entre l’art et le document, entre la mémoire et le territoire. Si ce travail dit quelque chose, c’est sans doute qu’une identité peut se tenir entre deux continents, dans cet entre-deux que l’exil laisse derrière lui. » Des images qui nous transportent et qui nous touchent dès qu’on cherche l’inspiration. Ces fragments sont ceux d’un « équilibre fragile entre le sublime et l’ordinaire ». Des photos fascinantes qui nous font nous sentir si petits face à la beauté de ce qui nous entoure.

© Nicolas Villela




