Sophie Calle reçoit le Praemium Imperiale pour l’ensemble de son œuvre

10 septembre 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Sophie Calle reçoit le Praemium Imperiale pour l’ensemble de son œuvre
Vue de l'exposition Finir en beauté de Sophie Calle © Mielenz Luis

L’artiste française Sophie Calle a été récompensée du Praemium Imperiale pour l’ensemble de son œuvre. Cette prestigieuse distinction est aujourd’hui considérée comme le « Nobel des arts ».

Chaque année depuis 1988, la Japan Art Association décore des artistes pour leur contribution exceptionnelle dans cinq catégories : la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique, le théâtre/cinéma. L’objectif d’une telle récompense, initiée par le prince Takamatsu, est de participer, selon ses mots, « à l’amélioration et à la promotion des cultures et des arts du monde ». Au fil des ans, celle-ci s’est imposée comme une référence dans la sphère de la création. Après avoir examiné de nombreuses propositions, les membres du jury se sont accordés sur Sophie Calle pour la peinture. Elle rejoint les 24 grands noms français qui ont déjà obtenu cette prestigieuse distinction. Lors de la cérémonie qui se déroulera à Tokyo le 19 novembre prochain, elle recevra l’équivalent de 88 000 €, un diplôme ainsi qu’une médaille des mains du prince Hitachi, président d’honneur de la Japan Art Association. Doris Salcedo, Shigeru Ban, Maria João Pires et Ang Lee, qui se sont respectivement distingués en sculpture, en architecture, en musique et en théâtre/cinéma, recevront la même dotation.

Une narration pleine d’humour et immédiatement reconnaissable

Artiste conceptuelle et pluridisciplinaire, Sophie Calle se distingue par une approche singulière de la photographie. Entremêlant le texte à l’image, elle façonne ainsi une narration pleine d’humour et immédiatement reconnaissable. Laissant une part importante au hasard, elle se plaît à brouiller les frontières entre fiction et réalité pour nous interroger, nous pousser à appréhender le monde sous un autre prisme. Sa dernière exposition en date, Finir en beauté, présentée cet été aux cryptoportiques d’Arles, dans le cadre des Rencontres, s’inscrivait dans ce sillage. Les œuvres montrées, issues de la série des Aveugles, devaient initialement faire partie d’À toi de faire, ma mignonne, au musée Picasso, à Paris. Seulement, à la suite d’un orage, des spores de moisissure se sont infiltrées, les condamnant dès lors à la destruction. Vouées à évoluer au fil du temps, les clichés s’offraient ainsi un dernier moment de gloire avant disparaître à jamais dans cet espace propice à la prolifération de champignons.

À lire aussi
Photographie conceptuelle et récits intimes : l’influence de Sophie Calle
© Caroline Heinecke
Photographie conceptuelle et récits intimes : l’influence de Sophie Calle
Dans une approche qui lui est propre, Sophie Calle façonne son œuvre à partir de récits intimes. Ce style singulier lui vaut d’être l’une…
13 août 2024   •  
Écrit par Apolline Coëffet
À Arles : les femmes photographes dans le viseur de la rédaction
© Cristina De Middel. Revenir à nouveau [Volver Volver], série Voyage au centre, 2021. Avec l’aimable autorisation de l’artiste / Magnum Photos
À Arles : les femmes photographes dans le viseur de la rédaction
En parallèle de ses articles sur la 55e édition des Rencontres d’Arles, qui se tiendra jusqu’au 29 septembre 2024, la rédaction…
11 juillet 2024   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Explorez
Pour Toujours : le regard subversif de Birgit Jürgenssen
© Birgit Jürgenssen
Pour Toujours : le regard subversif de Birgit Jürgenssen
Fortes de 130 ans d'engagement auprès des artistes, les Galeries Lafayette s'associent aux quinze ans du Centre Pompidou-Metz. Le projet...
30 mars 2026   •  
Tassiana Aït-Tahar : "Uber et l'argent du beurre"
© Tassiana Aït-Tahar
Tassiana Aït-Tahar : « Uber et l’argent du beurre »
Le 27 mars 2026, l’artiste et photographe Tassiana Aït-Tahar publie Uber Life aux éditions Fisheye, un ouvrage immersif retraçant ses...
26 mars 2026   •  
Laetitia Guillemin et Emmanuelle Halkin : de la circulation des idées
"The Stage", São Paulo, Brazil, 2018 © Rafael Roncato
Laetitia Guillemin et Emmanuelle Halkin : de la circulation des idées
À l’occasion de la 16e édition de Circulation(s), Laetitia Guillemin, iconographe et enseignante aux Gobelins, et Emmanuelle...
18 mars 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Résistances en images : Agnès Dherbeys de la Corée à l’Asie du Sud-Est
© Agnès Dherbeys/MYOP
Résistances en images : Agnès Dherbeys de la Corée à l’Asie du Sud-Est
De Katmandou à Séoul, Agnès Dherbeys a parcouru l’Asie pour documenter des mouvements sociaux, des combats politiques et des vies souvent...
13 mars 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Nos derniers articles
Voir tous les articles
NOÛS × BnF-P : entre création numérique et transmission du savoir
Simulation de Cepheide Mark III Vanité © Graphset
NOÛS × BnF-P : entre création numérique et transmission du savoir
C’est la grande nouvelle de ce début d’année : en partenariat avec BnF-P, Fisheye dévoile NOÛS, un festival pensé pour interroger la...
Il y a 1 heure   •  
Écrit par Maxime Delcourt
Contenu sensible
Mahaut Harley : des enveloppes charnelles
© Mahaut Harley
Mahaut Harley : des enveloppes charnelles
Dans les collages et créations scannées de Mahaut Harley, l'érotisme féminin est retravaillé, collé et réinterprété pour évoquer une...
01 avril 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
15 expositions photographiques à découvrir en avril 2026
© Alžběta Drcmánková
15 expositions photographiques à découvrir en avril 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en avril 2026....
01 avril 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
La sélection Instagram #551 : le grain de folie du 1er avril
© vito.photos / Instagram
La sélection Instagram #551 : le grain de folie du 1er avril
Cette semaine, les photographes de notre sélection Instagram se saisissent de l’univers de la farce propre au 1er avril. En ce jour où...
31 mars 2026   •