À travers sa série Mediterraneo, Valentina Luraghi nous transporte dans ses souvenirs d’été. Le·la spectateur·ice y découvre le regard personnel de l’artiste sur l’Italie, son pays d’origine. Plus que des images, c’est une expérience sensorielle que propose la jeune photographe.
Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Valentina Luraghi a toujours été accompagnée d’un appareil photo. Comme une qualité innée, la photographie semble naturellement prolonger son regard. Elle lui permet de partager ce sur quoi ses yeux se sont posés, les émotions qui l’ont traversée. Sa principale source d’inspiration ? La vie, dans toute son effervescence, son agitation et sa quiétude. Sublimant le quotidien, elle cherche à capturer à l’aide de son objectif l’essence de ce qui l’entoure. Et malgré elle, un second élément donne à son travail une impulsion : les préjugés dont elle fait l’objet. Italienne et sarde, elle confie avoir été confrontée à beaucoup de jugements et d’intolérance en France, son lieu de vie actuel. « [Ça] m’a poussée à approfondir mes racines, mon histoire, mes paysages et ma culture », explique-t-elle. Et comme une tentative de contrer les idées reçues sur son pays et d’en célébrer la beauté, la plasticienne s’est employée à le représenter à travers sa série intitulée Mediterraneo. « Journal visuel de ce qu’est la réalité de la Méditerranée en dehors des clichés, loin de l’imagerie des réseaux sociaux », il nous livre une vision intime et singulière de l’Italie.
Prêter son regard
Des corps gorgés de soleil, encore trempés par l’eau salée de la mer, des fleurs de cactus, des carapaces de crabe au teint cuivré. Voilà la Méditerranée de Valentina Luraghi. Mais celle-ci ne nous en livre que des gros plans, laissant hors cadre les éléments qui permettraient de les contextualiser. La photographe ne cherche pas à représenter l’Italie de façon complète et objective, à la manière d’un documentaire. Non, c’est bien plutôt aux sensations qu’elle s’intéresse. Et la couleur joue pour cela un rôle déterminant dans son travail. Lui permettant de créer une atmosphère tangible, sa palette de tons naturels donne à ses images un caractère profondément tactile. « [Mes photographies] n’ont pas besoin d’être expliquées, mais ressenties », déclare en effet la plasticienne. L’objectif est plus que réussi : l’eau semble vibrer sous nos doigts, les vagues nous éclabousser, l’odeur des citrons exhaler jusqu’à nous. Invitation à se glisser dans la peau de l’artiste, Mediterraneo transporte le·la spectateur·ice au sein de l’image. Nous prêtant son regard, Valentina Luraghi propose un tableau de l’Italie perçue « à travers les yeux de quelqu’un qui [y] a grandi ».