Sur la piste de l’Oregon

25 octobre 2016   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Sur la piste de l'Oregon

« Un désir sauvage ». Le travail de Mélanie Desriaux répond à cet impératif. C’est un instinct qui la guide et la pousse à franchir ses propres limites. Il y a deux ans, la jeune femme embarque sur un vol direction les États-Unis. Sa série La conquête n’est alors qu’un bruissement dont l’écho jaillira au fin fond de l’Ouest américain. Car ce travail est né d’une heureuse découverte, lorsque Mélanie lit la correspondance de Calamity Jane et sa fille .« Je venais de rentrer de ce premier voyage aux États-Unis. Lorsque je suis tombée sur ces lettres, je me suis projetée dans cette histoire, ça a été assez dingue », raconte la photographe. Elle décide de retourner en Amérique et de suivre, comme Calamity Jane, la fameuse piste de l’Oregon, la route des chercheurs d’or.

« Ce qui est fascinant dans ce paysage, c’est cette impression d’être à la fois sur les traces de l’Histoire et dans un western de Sergio Leone. » Une atmosphère particulière qui répond aussi à l’approche artistique de Mélanie. « Mon travail se situe entre le documentaire et une forme de narration fictionnelle. » La jeune femme se rappelle une anecdote qui a marqué le début de son périple.

« J’ai commencé par beaucoup rouler à Kansas City mais je n’étais pas inspirée par cette ville et je peinais à faire des images. La rivière Missouri n’était pas loin. Je m’y suis rendue et alors que j’arpentais une forêt qui surplombait le fleuve, une biche a croisé mon chemin. C’était merveilleux. Je me suis dit alors que c’était bien le début de mon voyage. »

À la conquête de l’autre

Sa solitude l’inspire pour créer les images qui traduiront cet esprit d’expédition. Elle cite le photographe Nicolas Bouvier qui dans son ouvrage L’usage du monde, écrit : « Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace dans ce vide qu’on porte en soi, devant cette espèce d’insuffisance centrale de l’âme qu’il faut bien apprendre à côtoyer [et qui est] peut-être notre moteur le plus sûr.»

Ainsi Mélanie, munie de son boîtier fétiche – un Voigtlander moyen-format – part à la rencontre des gens. Des enfants qu’elle a photographié à Red Cloud, jusqu’à ce groupe de copains esseulés croisés au bord de la Snake River,  la jeune femme explore l’altérité car ce qui l’intéresse, « c’est de conquérir le réel. C’est en rencontrant les autres que j’ouvre mon champ de perception. La photo est pour un moi un outil d’arpentage et de convocation du réel. »

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fisheye Magazine | Sur la piste de l'Oregon
Extrait de “La Conquête”, © Mélanie Desriaux
Fisheye Magazine | Sur la piste de l'Oregon
Extrait de “La Conquête”, © Mélanie Desriaux

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fisheye Magazine | Sur la piste de l'Oregon
Extrait de “La Conquête”, © Mélanie Desriaux
Fisheye Magazine | Sur la piste de l'Oregon
Extrait de “La Conquête”, © Mélanie Desriaux

 Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fisheye Magazine | Sur la piste de l'Oregon
Extrait de “La Conquête”, © Mélanie Desriaux
Fisheye Magazine | Sur la piste de l'Oregon
Extrait de “La Conquête”, © Mélanie Desriaux
Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon
Extrait de “La Conquête”, © Mélanie Desriaux

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fisheye Magazine | Sur la piste de l'Oregon
Extrait de “La Conquête”, © Mélanie Desriaux
Fisheye Magazine | Sur la piste de l'Oregon
Extrait de “La Conquête”, © Mélanie Desriaux

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

 Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

Fish Eye Magazine | Sur la piste de l'Oregon

En (sa)voir plus

→ Découvrez l’ensemble du travail de Mélanie sur son site : melaniedesriaux.net

Explorez
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
Emcimbini de la série Popihuise, 2024 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
C’est l’heure du récap ! Au programme cette semaine : l’éclat ivoire des premiers flocons pour le solstice d’hiver, un retour sur la...
28 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche