Svetlana, un village utopique

11 juillet 2018   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Svetlana, un village utopique

Mary Gelman, photographe et sociologue russe, s’intéresse particulièrement aux relations humaines. Dans sa série Svetlana, elle part à la découverte d’une communauté autonome, composée de personnes souffrant de troubles mentaux.

Alors qu’elle est encore étudiante, Mary Gelman accumule les petits boulots. Cette vie bien remplie la propulse dans un monde en pleine effervescence. « J’assistais à tellement de moments spéciaux, parfois absurdes, parfois miraculeux », se souvient-elle. « Aujourd’hui, je me définis comme une observatrice passionnée ». Son appareil photo toujours à la main, elle tente de comprendre son environnement social. En 2016, au cours de ses recherches, elle découvre Svetlana, un « village social » – une communauté autonome vivant loin du monde moderne – situé dans l’oblast de Leningrad, en Russie. Un lieu créé dans le but d’aider les personnes souffrant de troubles mentaux. « Le village leur donne l’opportunité de vivre librement, tout en étant aidés par des tuteurs et des volontaires », explique Mary. « Ici, personne n’est contrôlé, et les portes sont ouvertes à tous. Les résidents ne sont pas catégorisés, il n’y a ni « sain », ni « malade », seulement des individus ».

S’intégrer à la communauté

Svetlana est une communauté autonome. La quarantaine de résidents cultive elle-même sa nourriture. Dans ce lieu utopique, les différences sont effacées, et les hommes exercent le métier qu’ils souhaitent, sans interdit. « Dès mon premier séjour là-bas, je suis tombée amoureuse de cet endroit », confie la photographe. Pour elle, le village existe en dehors du monde moderne. Un paradis « qui agrandit notre perception et détruit nos images préconçues du comportement humain ». Lorsqu’elle photographie les habitants de Svetlana pour la première fois, ceux-ci posent et sourient. Pourtant, alors que ses visites deviennent habituelles, la photographe devient l’une des leurs, et capture des instants intimes et tendres. « Nous parlions beaucoup ensemble, et j’ai appris à les connaître », ajoute-t-elle. Svetlana fait partie du mouvement Camphill, inspiré par la philosophie du sociologue autrichien Rudolph Steiner. La communauté représente un refuge, parmi cent autres, installés dans vingt pays différents. « Le mouvement met en lumière le développement d’une communauté à travers l’art et la culture de la terre », précise Mary. Loin des préjugés, les habitants apprennent à se faire confiance, à évoluer ensemble, comme si, coupée du monde, l’intolérance s’effaçait.

© Mary Gelman© Mary Gelman

© Mary Gelman

© Mary Gelman© Mary Gelman

© Mary Gelman

© Mary Gelman© Mary Gelman
© Mary Gelman

© Mary Gelman© Mary Gelman

© Mary Gelman

Explorez
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Affiche Pictorial Service rue de la Comete 1950 © Archives Picto
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Arrière-petit-fils de Pierre Gassmann, Victor Gassmann veille sur l’héritage de Picto, laboratoire emblématique qui a façonné le tirage...
27 novembre 2025   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Les images de la semaine du 17 novembre 2025 : portraits du passé et du présent
I Saw a Tree Bearing Stones in Place of Apples and Pears © Emilia Martin
Les images de la semaine du 17 novembre 2025 : portraits du passé et du présent
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les photographes de Fisheye dépeignent différentes réalités. Certains puisent leur inspiration...
23 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
5 événements photo à découvrir ce week-end
© Sandra Eleta
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
22 novembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
La Galerie Carole Lambert réenchante l'œuvre de Manuel Álvarez Bravo
Petit cheval de Quito © Archivo Manuel Álvarez Bravo
La Galerie Carole Lambert réenchante l’œuvre de Manuel Álvarez Bravo
Jusqu'au 18 décembre 2025, la Galerie Carole Lambert devient l’écueil des 40 tirages d’exception du photographe mexicain Manuel Álvarez...
21 novembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Nos derniers articles
Voir tous les articles
À Chaumont-Photo-sur-Loire 2025, la nature se révèle picturale et sculpturale 
© Guillaume Barth
À Chaumont-Photo-sur-Loire 2025, la nature se révèle picturale et sculpturale 
Jusqu’au 22 février 2026, Chaumont-Photo-sur-Loire vous donne rendez-vous avec la nature. Pour sa 8e édition, l’événement accueille...
Il y a 8 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Éternel été, mémoire et masculinité : nos coups de cœur photo de novembre 2025
Red Is Over My Lover. Not Anymore Mi Amor © Laura Lafon
Éternel été, mémoire et masculinité : nos coups de cœur photo de novembre 2025
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
28 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Mouche Books édite son premier livre photo-poésie Selfportraits
© Lena Kunz
Mouche Books édite son premier livre photo-poésie Selfportraits
La revue Mouche, qui fait dialoguer le 8e art avec la poésie depuis quatre ans, lance sa maison d’édition Mouche Books avec comme premier...
27 novembre 2025   •  
Écrit par Marie Baranger
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Affiche Pictorial Service rue de la Comete 1950 © Archives Picto
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Arrière-petit-fils de Pierre Gassmann, Victor Gassmann veille sur l’héritage de Picto, laboratoire emblématique qui a façonné le tirage...
27 novembre 2025   •  
Écrit par Fabrice Laroche