William Guidarini, géographe de l’intime

03 mars 2023   •  
Écrit par Milena III
William Guidarini, géographe de l'intime

Depuis ses débuts il y a une vingtaine d’années, la pratique de William Guidarini, flottante, trouble et imprécise, se nourrit d’obsessions et d’une quête de l’être. Le noir et blanc intimiste et poétique à l’argentique correspond à merveille à son exploration du champ de l’identité, de la mémoire et de la recherche de soi. « Avec cette technique, il y a un rapport à l’objet et à la lenteur », précise-t-il d’ailleurs. Sa Trilogie de l’intime réunit trois séries autobiographiques : Ceux qui restent (2015), Venise et ses îles (2019) et San Remigio (depuis 2020). Que ces images soient situées géographiquement ou qu’il ait choisi de ne pas les circonscrire, il trace avec ce travail une topographie de son intimité, des échographies de sa fille dans San Remigio aux images capturées lors de séjours dans son pays d’origine dans Venise et ses îles. Établi à Marseille, William Guidarini pratique un art d’un autre temps, et dit s’inscrire dans « un courant qui tremble » – aux côtés des auteurices Gabrielle Duplantier, Andreas Petersen, Michaël Ackerman ou encore Lorenzo Castore. Ses clichés, aussi candides que possédés, révèlent une esthétique du fragment qui correspond en tous points à ses états d’âme. Être face à une image accidentée, parfois floue ou sous-exposée, c’est pour lui être en situation d’intranquillité profonde.

© William Guidarini, "San Remigio"
© William Guidarini, "Venise et ses îles"
© William Guidarini, "San Remigio"© William Guidarini, "San Remigio"

© William Guidarini, "San Remigio"

© William Guidarini, "San Remigio"
© William Guidarini, "San Remigio"
© William Guidarini, "San Remigio"© William Guidarini, "San Remigio"
© William Guidarini, "Ceux qui restent"

© William Guidarini, "Venise et ses îles"

© William Guidarini, "Venise et ses îles"© William Guidarini, "Venise et ses îles"

 

© William Guidarini

Explorez
Cheryle St. Onge et l’intime épreuve de la démence
© Cheryle St. Onge
Cheryle St. Onge et l’intime épreuve de la démence
Dans Calling The Birds Home, la photographe américaine Cheryle St. Onge transforme un moment intime en un récit visuel d’une grande...
20 mars 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Little Trouble Girls : de l'éveil du désir
Image issue de Little Trouble Girls © Urška Djukić
Little Trouble Girls : de l’éveil du désir
Avec Little Trouble Girls, son premier long métrage, la réalisatrice Urška Djukić signe une fresque d’une grande intensité sensorielle...
18 mars 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les coups de cœur #577 : Camila Mormandi et Bade Fuwa
© Bade Fuwa
Les coups de cœur #577 : Camila Mormandi et Bade Fuwa
Pour Camila Mormandi et Bade Fuwa, nos coups de cœur de cette semaine, la photographie est tactile. Proches des peaux et des textures...
16 mars 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Théo Schornstein : le soupir des fleurs comme rempart au temps 
© Théo Schornstein
Théo Schornstein : le soupir des fleurs comme rempart au temps 
Entre abstractions chromatiques et textures organiques, le photographe, directeur artistique et réalisateur de motion design Théo...
14 mars 2026   •  
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Cheryle St. Onge et l’intime épreuve de la démence
© Cheryle St. Onge
Cheryle St. Onge et l’intime épreuve de la démence
Dans Calling The Birds Home, la photographe américaine Cheryle St. Onge transforme un moment intime en un récit visuel d’une grande...
20 mars 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Pour le printemps, Fisheye dévoile sa nouvelle formule, désormais disponible en kiosque
© Sander Coers
Pour le printemps, Fisheye dévoile sa nouvelle formule, désormais disponible en kiosque
En ce premier jour du printemps, Fisheye vous dévoile son numéro 75, le premier de sa nouvelle formule ! Repensé pour être au plus près...
20 mars 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Eneraaw : la photographie comme une invitation au songe
© eneraaw
Eneraaw : la photographie comme une invitation au songe
Entre scènes cinématographiques et recherches de matières, la photographe et directrice artistique Lorène – connue sous le nom d’Eneraaw...
19 mars 2026   •  
La Mode du 18e siècle : quand les images populaires démocratisent la mode
Jean Paul Gaultier, coiffure à la Belle-Poule, PE 1998, look porté par Chrystelle Saint-Louis Augustin © Don Ashby
La Mode du 18e siècle : quand les images populaires démocratisent la mode
Entre effervescence créative et nouvelle conception du corps, le XVIIIe siècle a marqué un tournant dans l’histoire de la mode auquel le...
19 mars 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet