« Just a perfect day » : l’équilibre de l’instant

13 septembre 2019   •  
Écrit par Julien Hory
« Just a perfect day » : l'équilibre de l'instant

Dans son livre Just a perfect day, Andrea Tonellotto part à la recherche de l’équilibre. Une quête d’harmonie qu’il mène dans une suite d’instantanés minimalistes. Une occasion de clôturer un chapitre de sa vie.

« Just a perfect day était un livre nécessaire. (…) Il devait boucler une étape de ma vie commencée lorsque la photographie était pour moi un espoir d’avenir et qui s’est terminée lorsqu’elle est devenue mon métier. » Ces mots d’Andrea Tonellotto expriment bien la logique disruptive que le photographe italien a voulu mettre en place dans son livre paru chez Artphilein Editions. C’est une histoire de l’éphémère et de la durée, du solide et de l’impalpable, du visible et de l’invisible qui se déroule au fil des pages.

C’est grâce à l’intervention de Giuseppe Violetta, directeur artistique de Heillandi Gallery qui représente l’artiste, qu’Andrea Tonellotto réussira à mettre un point final à ce passage. « Je devais mettre un terme à cette période. C’était essentiel pour démarrer d’autres projets. C’est là que Giuseppe m’a dit : « Andrea, il est temps de publier ton livre ». Ensemble, nous avons créé Just a perfect day. » Le travail d’édition s’est alors mis en place avec le soutien des équipes de la galerie et de l’éditeur. En 2018, le jour de la présentation du livre à Photo London, en présence de Martin Parr, Andrea Tonellotto a concrétisé tous ses rêves en une seule journée.

© Andrea Tonellotto© Andrea Tonellotto

Un défi au charme pervers

Si on lui demande pourquoi il s’est tourné vers la photographie, Andrea Tonelletto répond avec humour : « Parce que je ne sais jouer d’aucun instrument de musique. » En réalité, la photographie a été un choix naturel pour lui. « J’ai toujours pensé que raconter une histoire à travers des images permettait au spectateur de prendre un moment pour réfléchir à ce qu’il voyait avant de passer à la photo suivante, ou d’imaginer ce qui aurait pu se passer entre une photo et une autre », explique-t-il.

Au-delà de la dimension narrative du projet, Just a perfect day est également le miroir d’une œuvre formellement très structurée. Dans des compositions minimalistes que le format carré épouse parfaitement, Andrea Tonellotto matérialise la dureté de l’architecture et la fugacité des ombres. Le choix de la pellicule instantanée est en adéquation avec l’intention du photographe dans ce livre. « Le format carré, presque radical, des Polaroïds et l’obligation de placer tous les éléments au bon endroit sans possibilité d’intervention en postproduction me plaisent beaucoup. C’est un défi au charme pervers. »

 

Just a perfect day, Artphilein Editions, 35€, 80 p.

 

© Andrea Tonellotto© Andrea Tonellotto
© Andrea Tonellotto© Andrea Tonellotto
© Andrea Tonellotto© Andrea Tonellotto
© Andrea Tonellotto© Andrea Tonellotto

© Andrea Tonelloto

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