Ce que l’on a aimé à Visa

05 septembre 2016   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Ce que l'on a aimé à Visa
La 28e édition de Visa pour l’image, le festival international du photojournalisme, vient d’ouvrir ses portes à Perpignan et présente en 22 expositions un état du monde comme toujours assez sombre. Chaleur écrasante et contrôles policiers omniprésents ne nous ont pas empêchés d’arpenter le couvent des Minimes et les autres lieux pour vous livrer nos coups de cœur, à voir jusqu’au 11 septembre.

Prises à l’iPhone en Corée du Nord et dans son Amérique natale, les images carrées de David Guttenfelder rassemblent mille détails de la vie quotidienne, composant un puzzle étonnant que suivent les très nombreux followers de son compte Instagram ouvert en 2012. Après avoir parcouru le monde et ses drames pour Associated Press durant vingt ans, le photojournaliste a décidé de raconter le monde sur un autre registre, en parallèle de son « activité professionnelle ».

© David Guttenfelder
© David Guttenfelder

Niels Ackermann nous entraîne lui sur les traces de L’ange blanc, les enfants de Tchernobyl sont devenus grands. L’histoire d’Ioulia, adolescente devenue adulte, à l’image de la jeunesse de Slavoutytch, à 40 km de la centrale, qui tente de s’inventer un avenir. Un travail tout en finesse de trois ans distingué par le prix de la ville de Perpignan Rémi Ochlik 2016.

© Niels Ackermann
© Niels Ackermann
© Niels Ackermann
© Niels Ackermann
© Niels Ackermann
© Niels Ackermann

Copacabana Palace. Ne vous fiez pas au titre de l’expo, c’est une immersion dans un complexe immobilier laissé à l’abandon, « Jambalaya », où vivent quelque 300 familles dans des conditions d’insalubrité à peine imaginables. Un regard acéré de Peter Bauza sur un Brésil loin des lumières olympiques, récompensé par le Visa d’or magazine 2016.

© Peter Bauza
© Peter Bauza

500 dossiers sur les migrants !

Le drame des migrants, qui a marqué encore une fois l’actualité, ne pouvait être absent de cette édition. Le festival a reçu environ 500 dossiers sur le sujet ! On peut entre autres distinguer deux expositions marquantes sur le sujet. Celle de Yannis Behrakis, photographe grec qui a parcouru le monde pour montrer les réfugiés et les migrants sous toutes les latitudes, et qui les a saisis ici dans son propre pays avec une force étonnante, à l’image de l’affiche du festival. Ainsi que l’exposition de Marie Dorigny qui a photographié les femmes en exil pour le Parlement européen, en décembre et janvier derniers (voir Fisheye 21).

© Yannis Behrakis
© Yannis Behrakis
© Marie Dorigny
© Marie Dorigny

Enfin, malheureuse coïncidence, Visa présente pour la première fois une exposition de Marc Riboud, ce photographe majeur grand amoureux de la Chine, décédé le 30 août dernier, dont le travail allait bien au-delà de la narration journalistique. Ses images prises à Cuba en 1963 sont l’occasion de vérifier que les grands photographes excèdent toujours leur mission d’information pour nous donner à voir des images du monde qui nous intriguent, nous interrogent ou, comme souvent avec Marc Riboud, nous charment. C’est ce que vous pourrez vérifier en visitant ces expositions, jusqu’au 11 septembre.

© Marc Riboud
© Marc Riboud

Texte : Éric Karsenty

Explorez
Par-delà le mur du son : une immersion au cœur des soirées techno
Murs de l'Atlantique, 2013-2025 © Julie Hascoët
Par-delà le mur du son : une immersion au cœur des soirées techno
À travers les travaux de trois photographes, la maison Doisneau, à Gentilly, nous propose une immersion au cœur des soirées...
26 mai 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Le 7 à 9 de Chanel : Rodrigo Chapa, des constructions et des corps
© Rodrigo Chapa
Le 7 à 9 de Chanel : Rodrigo Chapa, des constructions et des corps
À l’occasion du 8e épisode du 7 à 9 de Chanel, qui s’est tenu le 18 mai dernier, organisé en collaboration avec le Jeu de Paume et...
22 mai 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Lise Sarfati, la matière à l’épreuve du temps
She © Lise Sarfati
Lise Sarfati, la matière à l’épreuve du temps
Il y a des rencontres qui ne s’effacent pas. Il y a quelques années, Lise Sarfati franchissait la porte de mon atelier. Elle n’était pas...
21 mai 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Cat Island Blues : Katherine Longly grave la mémoire d'Aoshima
Cat Island Blue © Katherine Longly
Cat Island Blues : Katherine Longly grave la mémoire d’Aoshima
Sur l’île japonaise d’Aoshima, rendue célèbre par ses centaines de chats, il ne reste aujourd’hui que trois habitant·es et une poignée de...
17 mai 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Lili Lévy-Lajeunesse : une poésie du risque
© Lili Lévy-Lajeunesse
Lili Lévy-Lajeunesse : une poésie du risque
La série D’un vide à l’autre de Lili Lévy-Lajeunesse explore le plongeon comme un geste de bascule autant physique que mental. Réalisé...
Il y a 9 heures   •  
Écrit par Cassandre Thomas
La sélection Instagram #557 : du surnaturel 
© albertopelayo.jpg / Instagram
La sélection Instagram #557 : du surnaturel 
Repenser le corps et ses frontières, tel est le mot d’ordre des photographes de cette semaine. De l’édito de mode à des projets plus...
26 mai 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Par-delà le mur du son : une immersion au cœur des soirées techno
Murs de l'Atlantique, 2013-2025 © Julie Hascoët
Par-delà le mur du son : une immersion au cœur des soirées techno
À travers les travaux de trois photographes, la maison Doisneau, à Gentilly, nous propose une immersion au cœur des soirées...
26 mai 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Les coups de cœur #583 : Myu Inoue et Alejandra Loaiza
© Myu Inoue
Les coups de cœur #583 : Myu Inoue et Alejandra Loaiza
Cette semaine, nos coups de cœur, Myu Inoue et Alejandra Loiaza, travaillent toutes deux le portrait en allant puiser dans leurs...
25 mai 2026   •  
Écrit par Ana Corderot