Avec pour président le photographe Louis Lepron, le jury du concours était composé de Fabrice Laroche, rédacteur en chef de Fisheye, de l’ambassadrice Arc’teryx et grimpeuse Coraline Ribeil, ainsi que de Diane Mathé-Dumaine, productrice créative à Fisheye : ce jury s’est réuni en ce début de septembre afin de désigner leurs trois lauréats. Les images abordent le thème de l’ascension, du corps et de la grimpe.
Une ascension vertigineuse et visuelle
Amateurs de la grimpe, grimpeurs passionnés ou simples observateurs de la roche, tous ont pu participer au concours organisé par Arc’teryx et Fisheye. L’objectif était de réussir à raconter l’escalade sous des prismes inédits. Le plus important était de faire cohabiter l’image avec la hauteur pour pouvoir passer de l’intimité du bloc à la grandeur de la voie. Par ce concours, la paroi devient le terrain de jeu des regards où la gravité est défiée grâce à l’image. La thématique, « Ascension visuelle », amène le spectateur à renouveler l’iconographie traditionnelle de la discipline. Les lauréats désignés ne sont autres que : Arcadi De Miguel Sanz, Emilien Guyard et Amandine Joset.


Un jeu de perspective, entre onirisme et fantastique
Des photos en noir et blanc, des couleurs fluorescentes, des perspectives qui nous retournent la tête, c’est ce que nous proposent les trois lauréats de ce concours. Avec Arcadi De Miguel Sanz, nous sommes au bord du vide, ses images nous tiennent entre deux cordes et nous invitent à grimper. Les personnages se perdent dans le paysage pour ne faire qu’un avec l’environnement. La roche nous aspire, l’homme disparaît dans la nature et nous donne envie, nous aussi, de plonger avec lui. Pour Emilien Guyard, les perspectives sont différentes. Il fait de son travail un univers coloré, pour autant il n’est pas rassurant. La roche bleue contraste avec le ciel rouge, l’univers semble onirique, presque effrayant, nous donnant l’impression de vivre un vrai thriller. L’homme va-t-il réussir à grimper ? La roche semble se fondre dans le ciel couleur lave, puis peu à peu elle se transforme en glace. L’hiver arrive avec ses tons bleutés et l’homme n’est plus un extraterrestre vert, il devient jaune, peut-être brûle-t-il lui aussi ? Pour finir, Amandine Joset amène un décor fantastique, chez elle, les silhouettes se remarquent. Mais ici, c’est le ciel qui attire toute notre attention. S’agit-il d’étoiles ? Ou peut-être de paillettes ? Le retour du noir et blanc nous fait ressentir des frissons et de l’angoisse pour cette figure tombante. La photographe réussit tout de même à nous plonger dans son rêve, là où cette silhouette se trouve au centre du monde. La grimpeuse est si petite qu’elle ne fait qu’un avec l’océan de cailloux, elle est seule au centre de l’image et elle sublime le cliché. Des univers bien différents mais qui pour autant nous laissent sans voix et nous transportent très haut dans le ciel.




