Deborah Turbeville : réinventer le féminin en photographie

21 février 2024   •  
Écrit par Costanza Spina
Deborah Turbeville : réinventer le féminin en photographie
© Deborah Turbeville
© Deborah Turbeville
© Deborah Turbeville
© Deborah Turbeville
À lire aussi
Deux femmes photographes distinguées par les Zooms Photo
© Salomé Hévin
Deux femmes photographes distinguées par les Zooms Photo
La 11e édition des Zooms photo vient de livrer son verdict, avec à la clé le prix du public décerné à Caroline Henry pour une série…
12 septembre 2023   •  
Écrit par Eric Karsenty
Fonāna : l’Arabie Saoudite racontée par huit femmes
© Sarah Abu Abdallah
Fonāna : l’Arabie Saoudite racontée par huit femmes
Jusqu’au 14 février, l’exposition Fonāna (فنانة) au musée Foam, présente les perspectives uniques de huit artistes contemporaines…
22 janvier 2024   •  
Écrit par Costanza Spina
Qui sont les lauréates des bourses du festival Les femmes s'exposent ?
© Camille Brasselet, Le Départ / Courtesy of Les femmes s’exposent
Qui sont les lauréates des bourses du festival Les femmes s’exposent ?
Début novembre dernier, le jury des Bourses d’aides à la création du festival photo Les femmes s’exposent a récompensé Camille Brasselet…
15 novembre 2023   •  
Écrit par Milena III

Photocollage est la première grande rétrospective consacrée à l’icone Deborah Turbeville. Artiste novatrice, Turbeville a bouleversé l’image de la femme en photographie en la sortant du carcan idéalisé et romantique dans lequel elle était emprisonnée. L’exposition aura lieu du 16 mars au 16 avril au musée Huis Marseille d’Amsterdam.

En mars 2024, Huis Marseille présentera la première grande rétrospective de l’artiste américaine Deborah Turbeville (Stoneham, 1932-New York, 2013). La dernière exposition de Tuberville en France s’est tenue en 1986. Aujourd’hui pourtant, son travail est plus actuel que jamais. Dans le fond comme dans la forme, son œuvre bouleverse les canons de représentation de la femme et du vêtement. Ses innovations touchent à une nouvelle manière de raconter l’intimité mais aussi de concevoir la photographie de mode. L’exposition contient un large éventail de collages vintage, des créations uniques dont certaines n’ont jamais été montrées auparavant. Une sélection qui revient sur le style unique de cette photographe, qui accordait une énorme importance à la mise en place d’une atmosphère. Un talent de scénographie qui lui permettait de photographier pour des marques de mode tout en s’émancipant des contraintes commerciale dictées par la publicité. Comme l’expliquent les curateur·ices de l’exposition, son style est reconnaissable dès ses premières œuvres datant des années 1970, avec des teintes sépia qui colorent ses images en noir et blanc, et elle utilise la surexposition et une mise au point douce qui voilent ses sujets. Photocollage rassemble pour la première fois des images de ses séries les plus importantes, dont Bathhouse (1975), École des Beaux-Arts (1977), Unseen Versailles (1982) et Studio St. Petersburg (1995-96). Elle s’articule autour de cinq thèmes : « Le début », « Révélations », « Architecture du passé », « Autres maisons » et « Fictions ». Un parcours inédit et immersif, nous plongeant dans l’univers d’une grande innovatrice du 8e art.

© Deborah Turbeville

S’affirmer en tant que femme photographe

Deborah Turbeville a, à sa façon, contribué à briser les normes qui entouraient la représentations féminine dans l’art. Ses héroïnes s’émancipent des clichés romanesques qui voudraient que les femmes se cantonnent à un rôle de muse, d’objet ou de créature fragile. Au contraire, dans ses mises en scène, elles habitent un univers dense, aux atmosphères inquiétantes, enveloppées de mystère. Au cœur de son travail, des figures posent au sein d’espaces publics, à l’intérieur de bâtiments majestueux, ou bien elles errent dans des paysages hivernaux désolés. Les images évoquent la rêverie ou un monde désormais révolu.

Quelque peu isolée dans un champ artistique dominé par les hommes, Turbeville entreprend un parcours très différent de celui de ses collègues : les femmes de ses photographies dévoilent leur univers intérieur et souvent, elles ne sont pas des mannequins professionnels (même si, époque oblige, il s’agit dans une large majorité de personnes blanches et minces). Alors que les magazines de mode glorifient une féminité ultra sexualisée, Turbeville préfère un registre plus poétique, subtil, laissant entrevoir des personnages perdus dans leurs pensées. Si aujourd’hui, cette lasciveté et cette forme de passivité paraissent un peu passées, véhiculant d’autres clichés sur la condition féminine, la photographe a néanmoins tenté de complexifier la relation entre les femmes et le médium, de leur frayer un chemin dans les représentations et de s’affirmer en tant que femme photographe dans un contexte profondément misogyne. L’artiste avait à cœur de voir au-delà de l’apparence de ses modèles : « Je rentre dans le monde privé d’une femme, là où vous n’allez jamais », a-t-elle déclaré un jour.

© Deborah Turbeville
Explorez
Rencontres d'Arles 2026 : les coups de cœur de la rédaction
Dana Steichen, M. Steichen est surpris par Mme Steichen en train de croiser un delphinium blanc avec un delphinium violet foncé afin d'augmenter la taille des fleurs de la variété blanche, Umpawaug Farm, Connecticut, États-Unis, 1938 Collection Spuerkeess. © 2026 The Estate of Edward Steichen / Artists Rights Society (ARS), New York.
Rencontres d’Arles 2026 : les coups de cœur de la rédaction
La semaine d'ouverture vient de se clôturer, mais le festival, quant à lui, sera bien présent tout l'été, et ce, jusqu'au 4 octobre...
13 juillet 2026   •  
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
© Mallory Lowe Mpoka, In the Weft of Memory [Dans la trame de la mémoire] (détail), Musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa, 2025, tissage jacquard et perles de verre Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
Le prix de la photo Madame Figaro, dédié aux femmes photographes émergentes, soutenu par Kering, a récompensé, à l’occasion des...
11 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Threshold © Akari Takenobu, pour Christian Dior Parfums
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Initié en 2018 par Christian Dior Parfums, en partenariat avec LUMA Arles et l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP) le...
10 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
© Li Hui
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
Cet été, la Fisheye Gallery, rouvre ses portes à Arles, avec deux expositions sous le commissariat de Tess Druot. La première réunit...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Hélène David : les voix du vivant
© Hélène David
Hélène David : les voix du vivant
Pendant quatre ans, Hélène David a arpenté le Pays basque à la rencontre de celles et ceux qui l'habitent – humains, animaux, montagnes...
20 juillet 2026   •  
Écrit par Anaïs Viand
Jordan Beal : Martinique (re)générée
© Jordan Beal
Jordan Beal : Martinique (re)générée
Avec Linéaments, Jordan Beal dévoile une Martinique générée par l'IA. Travaillant à partir d'images existantes, il explore un territoire...
19 juillet 2026   •  
Écrit par Anaïs Viand
La nuit américaine racontée par Laila Hida
Sange Khara, 2025 © Laila Hida
La nuit américaine racontée par Laila Hida
"Comment renouveler les imaginaires stéréotypés par l’art, l’histoire et le cinéma ?" C’est à cette question que Laila Hida tente de...
18 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? : Anne-Lise Broyer
© Anne-Lise Broyer
Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? : Anne-Lise Broyer
Sur les traces des déplacements de populations, des fractures et de l'histoire antique, Anne-Lise Broyer dépose son regard. Un travail...
17 juillet 2026   •  
Écrit par Thomas Andrei