Delphine Balley, la lauréate intrigante du Prix Camera Clara

09 janvier 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Delphine Balley, la lauréate intrigante du Prix Camera Clara

Le 8 janvier 2020, le Prix Camera Clara a récompensé la photographe Delphine Balley, dont l’œuvre étrange et picturale s’inspire de l’imagerie des croyances religieuses ou sectaires.

L’image aujourd’hui est omniprésente. Elle sature notre quotidien et se multiplie, créée et digérée rapidement. C’est en réponse à cette saturation que le Prix Camera Clara a vu le jour, en 2012. Dédié à la chambre photographique, le concours récompense chaque année un travail d’auteur inédit et réfléchi. Les contraintes liées à cet outil invitent son utilisateur a prendre du recul et s’abandonner à la création, en laissant le temps agir. Durant la soirée de remise de prix, organisé à la Galerie Folia le 8 janvier, la lauréate 2020, Delphine Balley, a été récompensée. Elle remporte la somme de 6000 euros, et son travail est à découvrir jusqu’au 22 février à la galerie. La délicate poésie de l’œuvre d’Arno Brignon a également été saluée par le jury, qui lui a attribué une mention spéciale.

© Arno Brignon© Arno Brignon

© Arno Brignon

Faire croire à l’invisible

Dans les créations de Delphine Balley, les clairs-obscurs dominent, dissimulant et révélant certains détails. Ils donnent au monde une dimension spectaculaire, invitant l’illusion, la performance dans notre quotidien. À travers ce projet intriguant, la photographe française s’interroge sur la fabrication des images. Un travail inspiré par un cliché pris, il y a longtemps, dans la salle du temple de l’organisation de L’Ordre du temple solaire – une secte ésotérique, responsable de massacres dans les années 1990. Un lieu, pour l’artiste, marqué par une mise en scène destinée à « faire croire à l’invisible ».

Elle s’aperçoit alors que cette dimension performative, cet artifice se retrouve dans de nombreux groupes religieux. Loin de dissimuler les incohérences, ces communautés les laissent au contraire exister, persuadées que la foi les effacera. Avec élégance, Delphine Balley a repris ces constructions visuelles, créant des décors étranges, vacillants, questionnant notre rapport au réel.  À l’aide de matériaux simples : cartons, bois, plâtre, et d’une esthétique picturale rappelant les tableaux classiques, elle tente de représenter l’image véhiculée par les groupes religieux, celle qui aide la croyance à se bâtir. Une immersion passionnante.

© Delphine Balley

© Delphine Balley© Delphine Balley

© Delphine Balley

© Delphine Balley

Image d’ouverture : © Delphine Balley

Explorez
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
© Couverture du magazine Vigilance, n°41, un monteur et ses gants isolants, Michel Crépin, septembre 1971. Avec l’aimable autorisation des archives EDF.
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
Comme chaque année, les Rencontres d’Arles proposent des expositions faisant la part belle aux archives. En 2026, nous retrouvons...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Monique Frydman © Jean Marie del Moral
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Du 30 mai au 1er novembre 2026, le centre d’art Contemporain Bouvet Ladubay situé à Saumur nous propose une immersion au cœur des...
28 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Fragile beauté, une exposition à la sensibilité débordante 
©Ryan-McGinley-Dakota-Hair
Fragile beauté, une exposition à la sensibilité débordante 
Jusqu'au 27 septembre, le Jeu de Paume ouvre ses portes à la collection de Sir Elton John et David Furnish. L'exposition, intitulée...
21 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
Eyes of the Storm - Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Paul McCartney, Autoportrait, Londres, 1963 © 1963-1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
Eyes of the Storm – Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Jusqu'au 3 janvier 2027, le musée Granet accueille Eyes of the Storm, une exposition consacrée à une facette méconnue de Paul McCartney...
04 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Thato Toeba : matérialiser les fractures
© Thato Toeba
Thato Toeba : matérialiser les fractures
Dans l'exposition Anyone Can Be Lucifer, aux Rencontres d'Arles, Thato Toeba dévoile un corpus artistique engagé, déboulonnant des...
Il y a 7 heures   •  
Écrit par Deng Qiwen
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
This Bloom I Borrow, 2026. © Aïda Muluneh
Le 7 à 9 Chanel : Aïda Muluneh, et les créations comme des messages sur le monde
Pour l'édition estivale des 7 à 9, des rencontres organisées par Chanel au Jeu de Paume, la photographe et curatrice éthiopienne Aïda...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
© Couverture du magazine Vigilance, n°41, un monteur et ses gants isolants, Michel Crépin, septembre 1971. Avec l’aimable autorisation des archives EDF.
Vigilance : une histoire de la prévention et de la sécurité en entreprise
Comme chaque année, les Rencontres d’Arles proposent des expositions faisant la part belle aux archives. En 2026, nous retrouvons...
29 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Monique Frydman © Jean Marie del Moral
Jean Marie del Moral et sa collection d’artiste(s)
Du 30 mai au 1er novembre 2026, le centre d’art Contemporain Bouvet Ladubay situé à Saumur nous propose une immersion au cœur des...
28 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin