« Dublin trilogie » : quand la ville devient humaine

01 octobre 2019   •  
Écrit par Lou Tsatsas
« Dublin trilogie » : quand la ville devient humaine

Les éditions Textuel publieront le 23 octobre Dublin Trilogie, retraçant le parcours du photographe Eamonn Doyle dans la ville irlandaise. Un ouvrage abstrait, à la fois sombre et amusant, sublimant l’espace urbain.

Né en 1969 à Dublin, Eamonn Doyle voit le 8e art comme un processus lui permettant de « découvrir le monde et voir ce qu’il [lui] lance en retour ». Après avoir obtenu un diplôme en photographie à l’Institut d’art, de design et de technologie de Dublin, l’artiste s’est pourtant éloigné du médium préférant travailler avec des musiciens, avant de revenir à sa première passion en 2008. Son premier ouvrage, i, publié en 2014, est décrit par Martin Parr comme « le meilleur livre de street photography de la décennie ». Suivront ON et End, deux autres projets dédiés aux rues de la capitale irlandaise.

Dublin trilogie, publié aux éditions Textuel, pose un regard neuf sur les œuvres singulières d’Eamonn Doyle. « Il était important pour moi que nous ne réalisions pas une simple copie d’autres ouvrages. Nous avons donc créé un nouveau livre, qui se démarque des autres, en puisant pourtant dans les mêmes images », explique le photographe. Ponctuées par des textes de l’écrivain Kevin Barry – des récits immersifs et sensoriels, fictions d’un homme errant dans Dublin – les trois séries se suivent dans un ensemble immersif.

L’énergie folle d’une capitale

« Lorsque l’on vit dans un centre-ville, la vaste majorité de nos interactions viennent de ces moments fugaces, ces brèves rencontres. Mais ces dernières peuvent être aussi succinctes que puissantes. J’éprouve les émotions les plus intenses lorsque je suis dans la rue : le dégoût, l’empathie, le désir, l’envie… »,

raconte l’artiste. C’est cette sensation de mystère, d’inattendu qui se dégage des photographies de Dublin Trilogie. En couleur comme en noir et blanc, l’auteur joue avec les compositions et l’énergie folle d’une capitale. Anonymes ou placés en premier plan, les sujets d’Eamonn Doyle amusent et fascinent tout autant. Autour d’eux, le goudron, ou les murs des bâtiments se transforment en décor gris et industriel. « La ville, son bitume, sa saleté, sa poussière sont des personnages au même titre que les passants », précise l’artiste.

Pourtant, au fil des séries, les dynamiques changent, dressant un tableau complexe des rues dublinoises. « Pour le livre i, j’approchais mes personnages avec une perspective purement abstraite, en essayant de les aplatir le plus possible, explique Eamonn Doyle. Dans mon second ouvrage, je suis revenu au monochrome, en shootant de face ou en contre-plongée. Ainsi, la ville a semblé s’ouvrir davantage, en devenant un peu plus menaçante ». Étrange ou sombre, structurée ou désordonnée, la ville vue par le photographe semble prendre forme humaine. Son cœur palpite et son énergie affecte ses habitants, comme les lecteurs. Une trilogie fascinante.

 

Dublin Trilogie, éditions Textuel, 49 euros, 272 pages, disponible en pré-vente

© Eamonn Doyle

© Eamonn Doyle© Eamonn Doyle

© Eamonn Doyle

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