
Jusqu’au 24 avril 2026, le Quai de la photo rend hommage au monde de la nuit avec The Beat Goes On. L’exposition rassemble huit photographes, emblématiques ou émergents, qui retracent l’histoire du clubbing des années 1970 à nos jours.
Le Quai de la photo a décidé de placer ce début d’année sous le signe de la fête. Depuis le 9 janvier, ce lieu d’exposition atypique accueille The Beat Goes On, qui s’intéresse au monde du clubbing depuis sa création, dans les années 1970. Une fois à bord de la péniche se découvrent quelques grands formats, dispersés çà et là entre les tables. Ils sont signés Bill Bernstein, Karel Chladek, Meyer Flou, Tatiana Prieto, Tristan O’Neill, Alexandre Furcolin, Fanny Bardin et Julien Rahmani. Le cœur de l’accrochage se trouve au sous-sol. Dans un recoin, une vidéo raconte l’emblématique Studio 54 qui, à partir de 1977, a rythmé les soirées new-yorkaises. Vient ensuite une allée d’une centaine de photographies, du noir et blanc à la couleur, présentée comme une large mosaïque ponctuée de citations, de bribes d’histoires et de miroirs dans lesquels le reflet des visiteurs se mélange aux silhouettes des danseurs. Quatre playlists, accessibles grâce à des QR codes, proposent des musiques indie house, disco, techno ou rave et achèvent l’immersion.


La réunion de différents types de personnes
« La culture clubbing n’est pas qu’une fête : c’est un phénomène social, artistique et politique né dans les années 1970 au sein des communautés afro-américaines, latines et queer de New York », pouvons-nous lire en introduction. Sous-titrée Quand la nuit devient manifeste, l’exposition sonde les fondements de ces soirées dans les salles tamisées, où certains cherchent refuge, expérimentent et s’expriment en toute liberté. « La fête, c’est une célébration. Ça peut représenter plein de choses différentes, souligne Julien Rahmani. En l’occurrence, je pense que c’est quelque chose qui fait aussi une part de la société. Dans différentes cultures, on se retrouve pour célébrer des choses positives ou tristes. On célèbre le début ou la fin de quelque chose. » La série qu’il montre au Quai de la photo date d’il y a quelques années et donne à voir le premier festival de musique électronique d’Arabie Saoudite. Elle a été réalisée dans le cadre d’un article publié dans le magazine Trax, qui documentait différentes scènes musicales en France et à l’étranger.
« [L’événement a suscité] pas mal de débats à travers le monde auprès de différentes communautés et je trouvais que c’était important de donner la parole aux personnes concernées sur place, relève-t-il. J’ai essayé d’en rencontrer un maximum – des hommes, des femmes, des personnes de tout horizon, des personnes plus conservatrices, plus progressistes, des gens de différentes communautés, des gens qui étaient opposés à ce festival-là de base, des gens qui ne l’étaient pas – pour les interroger et avoir leur avis. » À l’image se croisent aussi bien des festivaliers en tenue traditionnelle qu’en jeans et T-shirt. Selon leur style vestimentaire, leur posture se distingue également. « On retrouvait ce décalage entre ces différentes personnes. Il y avait des Saoudiens qui avaient vécu à l’étranger, des Saoudiens qui avaient vécu toute leur vie en Arabie Saoudite, dans un pays où il y a quelques années encore, il y avait une ségrégation hommes-femmes dans les restaurants. Avec ce festival-là, ils se sont retrouvés à danser sur le même dance floor. Et c’est ce que je trouvais hyper intéressant et qui méritait d’être documenté », conclut-il.



