Fragiles, opus 3 : les photographes donnent le ton sur la gamme FUJIFILM

27 juillet 2022   •  
Écrit par Eric Karsenty
Fragiles, opus 3 : les photographes donnent le ton sur la gamme FUJIFILM

Après près de trois ans d’usage intensif de la gamme FUJIFILM pour la réalisation du projet « Fragiles », les membres du collectif Tendance Floue reviennent sur leurs découvertes des boitiers et des optiques du constructeur. La diversité des appareils a su s’accorder à la multiplicité des écritures photographiques de leurs auteur·es qui nous racontent leurs expériences.

Puissance, douceur et maniabilité

Le Fujifilm GFX50S « m’a permis de retrouver le plaisir que j’avais avec un boîtier argentique moyen format et que j’avais perdu depuis l’arrivée du numérique », explique Olivier Culmann. « C’est agréable d’avoir un outil aussi puissant et maniable surtout quand on a la vocation de se confronter aux paysages, ajoute Meyer. Mes nombreux déplacements ont été simplifiés par ce boitier très maniable. C’est le parfait équilibre entre maniabilité et puissance de fichier. » Thierry Ardouin met lui en avant « le rendu des fichiers qui est doux, même sans réglages particuliers, ainsi que les fichiers Raw qui sont d’une excellente qualité.» Même enthousiasme pour Yohanne Lamoulère, qui considère le GFX50S comme « le seul boitier numérique moyen format qui soit arrivé à se substituer à mon appareil argentique habituel. J’ai retrouvé la douceur et le piqué que je vais habituellement y chercher ». Pour Mat Jacob, « ce matériel haut de gamme dont je n’avais pas l’habitude m’a permis d’aller chercher des détails assez exceptionnels et de faire une plongée au fond des yeux des gens que je photographiais. J’ai utilisé un 120 mm macro avec un cadrage serré sur le regard : le piqué est très impressionnant et donne donc un bon rendu. Le stabilisateur m’a permis de travailler à main levée dans la rue, et sans ce dernier, je n’aurais pas pu réaliser aussi aisément ces portraits, précise-t-il. Presque plus simple à utiliser qu’un 24×36, et avec moins de gadgets inutiles, il va à l’essentiel », conclut l’un des fondateurs du collectif. « Le GFX50R m’a permis de faire des tirages de grandes tailles avec une qualité qui m’a pleinement satisfait, notamment des grands formats pour l’exposition Fragiles présentée lors du festival ImageSingulières, à Sète, au printemps », développe encore Grégoire Eloy. […]

Pour Patrick Tournebœuf, ce qu’il a apprécié avec le GFX100 c’est de retrouver « une certaine flexibilité/ rapidité que je ne pouvais avoir avec des appareils plus “light”. J’ai aimé sa simplicité, bien que ce soit un moyen format. J’ai trouvé que les fichiers étaient agréables à travailler. Ma particularité, ajoute le photographe, c’est que je bosse quasiment qu’en live view. Je ne travaille pas avec le viseur, mais plutôt avec l’écran de contrôle, et celui sur le GFX est agréable parce que c’est un grand format inclinable. J’ai apprécié l’utilisation du 23 mm sur le GFX 100. Au-delà de sa focale très large, qui convient à ma pratique du paysage, l’optique répond par une superbe qualité de rendu dans les détails, accompagné d’une douceur très appréciable. La netteté est respectée sur l’ensemble de l’image, sans distorsion. »

© Tendance Floue

© Tendance Floue

Légèreté, discrétion et haute sensibilité

Le Fujifilm X-PRO3 allie « légèreté et discrétion, les plus grands atouts de cet appareil, explique Pascal Aimar. Il a un très bon comportement en basse lumière, et surtout sur la gestion des contrastes ». Ce que confirme également Flore-Aël Surun : « J’ai surtout utilisé ce boitier lors de prises de vue de nuit pour réaliser ma série sur les chamanes. Les conditions étaient assez complexes puisqu’il faisait nuit et que la seule lumière venait du feu. Sa haute sensibilité m’a permis de capter facilement ces scènes. » « Boitier robuste et passe-partout, discret, avec un capteur précis pour rendre compte des images, il reste très maniable en reportage. Pour faire la street photo, c’est idéal », ajoute Denis Bourges.

Grégoire Eloy a utilisé la visée optique pour des prises de vue rapides, instantanées, intuitives, comme des prises de notes. Une visée qui lui a permis « d’être au plus proche de ce qui se passe devant l’objectif, plus ouvert à l’imprévu, et d’être moins “enfermé” dans l’image ». Une pratique qu’il a déclinée sur le X-PRO3 comme sur le X100F, ce dernier boitier étant largement plébiscité pour sa légèreté et sa maniabilité. « Avec le X100F, j’ai eu une pratique de reportage sur le terrain, de nuit comme de jour. J’ai trouvé l’appareil très versatile et facile à embarquer dans toutes conditions », ajoute Grégoire Eloy. « Il ne me quitte jamais et attrape tout ce qui m’interpelle au quotidien. La qualité de son rendu me permet d’utiliser professionnellement les photos que je réalise avec lui », complète Olivier Culmann. Pour Philippe Loparelli, « la présence d’un flash est un plus sur ce type de boitier qui reste facile d’utilisation ». Quant à Ljubisa Danilovic, il alterne entre le X100F et le GFX50S, qui sont tous deux « des merveilles de compacité et de qualité d’images dans leur catégorie ».

L’ensemble de l’article est à retrouver dans le tiré à part du Fisheye #54

Fragiles, préface de Wajdi Mouawad, 45 €, 192p. Ouvrage et images disponibles jusqu’au au 28 août 2022 à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz, 13 rue de la Calade, Arles.

© Tendance Floue

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