Isabel et Colin

09 mars 2018   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Isabel et Colin

Depuis 16 ans, le photographe britannique Colin Pantall photographie sa fille, Isabel. All Quiet in the Home Front relate les explorations de la jeune fille dans les bois environnants. Un journal intime visuel, délicat et sensible, sur la paternité.

Colin a toujours été touché par le lien fort unissant Isabel et sa mère, Katherine. Pour cette raison, il n’a jamais essayé de s’immiscer entre elles. Il a cependant trouvé dans les bois un sanctuaire familier, dans lequel lui et sa fille pouvaient s’abriter. « Cet endroit nous a rapprochés, il nous calmait », confie Isabel. « Je partais souvent me promener avec mon père, nous allions courir dans les montagnes. Là-bas, on sent la terre, l’herbe humide, les feuilles des arbres. Aucun mur ne nous retient lorsqu’on est dehors ».

Incapable de trier les centaines de photos prises pendant ces seize années, Colin les montre finalement à sa femme. Pour celle-ci, le fil conducteur est clair. « C’est évident. C’est toi : tu es dans tous les paysages. Depuis sa naissance, tu l’as emmenée en balade… Tu racontes l’histoire de ta relation avec Isabel à travers le paysage ! »

La promenade de toute une vie

Le livre est rythmé par les pas de la famille, arpentant les années comme les montagnes. Familier et personnel, All Quiet on the Home Front nous emporte avec aisance dans la liberté et l’intimité des liens familiaux. Au fil des pages, l’émerveillement de Colin face à l’évolution de sa fille grandit. Ses mouvements changent, les regards sont partagés, son corps d’enfant est tantôt emporté par une énergie enjouée, tantôt allongé paresseusement dans l’herbe. Les photographies illustrent la paternité, et les peurs qui l’accompagnent. « On ressent cette angoisse quand son enfant grandit, et que son rôle de parent croît pour diminuer ensuite ».

Les images accompagnées de mots plaisent à Colin, qui voit, dans ce livre, une forme de transcendance. La matière renforce et célèbre le lien qu’entretiennent Colin et Isabel avec la nature. Elle cristallise le sol boueux sur lequel la fillette se dresse, l’air qu’elle respire doucement. « Isabel aura toujours cette profonde connexion avec le territoire dans lequel elle a grandi, peu importe ce que la vie lui réserve », dit Colin. Un magnifique récit d’un père et de sa fille, sublimé par la pureté de la nature.

 

All Quiet on the Home Front, publié par ICVL Studio, 44 €, 112 p.

From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall

From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall

From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall
From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall
From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall
From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall

From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall

From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall
From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall
From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall
From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall

From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall

From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall
From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall
From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall
From All Quiet on the Home Front © Colin Pantall

All Quiet on the Home Front III by ICVL Studio

from Rab on Vimeo.

© Colin Pantall

Explorez
5 coups de cœur qui explorent le corps et sa mémoire
Cœur de lune © Bérangère Portella
5 coups de cœur qui explorent le corps et sa mémoire
Tous les lundis, nous vous dévoilons deux photographes qui ont retenu notre attention à travers cette rubrique coups de cœur. Cette...
15 juin 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Mesnographies 2026 : nos vies de luttes
© Virginia Morini
Mesnographies 2026 : nos vies de luttes
Jusqu’à début septembre, le festival Mesnographies dévoile un parcours photographique au cœur des problématiques actuelles : dérèglement...
10 juin 2026   •  
Eboro de Nuits Balnéaires, un retour poétique aux ancêtres
Adama et Awa 3, Eboro, 2026 © Nuits Balnéaires
Eboro de Nuits Balnéaires, un retour poétique aux ancêtres
En descendant les marches qui mènent au sous-sol de la Fondation Henri-Cartier Bresson, l'on découvre Eboro. Cette série de photographies...
05 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Les coups de cœur #584 : Daria Nazarova et WTNS
© Daria Nazarova
Les coups de cœur #584 : Daria Nazarova et WTNS
WNTS et Daria Nazarova, nos coups de cœur de la semaine, traitent de la représentation des corps et du mouvement. Toutes deux inspirées...
01 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Nos derniers articles
Voir tous les articles
David Hockney, l’appareil photo comme pinceau
David Hockney and his dachshunds Stanley and Boodgie, Los Angeles, 1995 © David Hockney Photo Credit: Richard Schmidt
David Hockney, l’appareil photo comme pinceau
Décédé le 11 juin 2026 à l’âge de 88 ans, David Hockney laisse derrière lui une œuvre monumentale où la peinture, le dessin et les...
22 juin 2026   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Watching TV : Olivier Culmann et l'histoire des regards perdus
Watching TV © Olivier Culmann
Watching TV : Olivier Culmann et l’histoire des regards perdus
Dans Watching TV, Olivier Culmann montre différents regards, ceux hypnotisés, et l’histoire qui émerge à travers les téléviseurs. 
19 juin 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
5 coups de cœur qui explorent le corps et sa mémoire
Cœur de lune © Bérangère Portella
5 coups de cœur qui explorent le corps et sa mémoire
Tous les lundis, nous vous dévoilons deux photographes qui ont retenu notre attention à travers cette rubrique coups de cœur. Cette...
15 juin 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Les images de la semaine du 8 juin 2026 : quand l’image remplace les mots
© Clara Watt
Les images de la semaine du 8 juin 2026 : quand l’image remplace les mots
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les images éveillent des réflexions profondes là où les mots font parfois défaut. En se...
14 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin