Le Premi Fotografia Femenina Fisheye x InCadaqués 2026 a récompensé Julie Peiffer pour Renversement, une série où la nature fragile croise quelques portraits. Cette dernière est à découvrir pendant cette dixième édition du festival espagnol, qui s’achèvera le 25 octobre prochain.
Le festival InCadaqués a lancé sa dixième édition en Catalogne, en Espagne. Jusqu’au 25 octobre 2026, le public peut y découvrir 25 expositions portées par 40 photographes venus du monde entier. Parmi eux se trouve notamment Julie Peiffer, lauréate du Premi Fotografia Femenina 2026, un prix en partenariat avec Fisheye qui célèbre le regard féminin au sein du 8e art. Au fil de projets marqués par le temps long, l’artiste française sonde les liens qui unissent le corps, la mémoire et le territoire. Elle porte un intérêt particulier à ce qui ne se voit pas forcément, mais laisse une empreinte pérenne.


Saisir des déséquilibres discrets
« Un matin, le chant d’un oiseau m’a semblé un cri, explique Julie Peiffer en introduction à sa série. Ce désordre a bouleversé ma manière de percevoir notre milieu : sa lumière, sa densité, sa vibration, la promesse même des saisons. Enfant, je croyais que mon père pouvait arrêter le vent ; cette croyance disait la confiance absolue que j’avais dans la permanence du monde. Aujourd’hui, je vois les chaleurs écraser nos étés, les forêts se taire, la pluie ronger nos repères ; le monde m’apparaît traversé par une matière invisible. Mes photographies cherchent à en révéler la trace, dans l’épaisseur même de l’image. » Face aux métamorphoses constantes du territoire, l’artiste utilise son médium pour saisir des déséquilibres encore discrets. Pour les matérialiser, elle inverse le sens des tirages, les transforme en négatifs et les retravaille jusqu’à faire émerger « une matière instable, vulnérable ». « Renversement ne propose ni constat ni réponse. C’est un espace de coexistence fragile. Un lieu où le paysage n’est plus regardé, mais éprouvé », conclut-elle.
