Cette semaine, l’imaginaire prend le pas sur le réel dans notre sélection Instagram. En écho au nouveau numéro de Fisheye, nos photographes capturent l’étrangeté cachée dans notre quotidien : de la distorsion d’un corps sous la surface de l’eau à l’apparition d’une silhouette spectrale dans la nuit. Loin des mondes artificiels et des montages numériques, ils nous invitent à observer les failles et la poésie de notre propre environnement. Une ode au pas de côté, aux illusions d’optique et à la force de l’imagination.
@anastasiasierra
Anastasia bouscule notre perception en altérant la colorimétrie du réel pour créer des espaces de fiction pure. D’un côté, un enfant de dos observe une femme en robe jaune soleil sous des arbres. Mais sous l’objectif de la photographe, l’herbe s’est parée d’un bleu nuit électrique et les feuilles d’un jaune fluorescent. Le paysage banal devient soudainement une planète inexplorée. De l’autre, la magie naît d’une simple illusion d’optique : l’ombre portée d’une couronne en papier rouge se mue en une mâchoire monstrueuse et inquiétante sur le dossier d’un fauteuil jaune. Une photographie de l’intime et de l’imaginaire.


@mashasapego
Masha s’empare du quotidien pour y déployer un surréalisme ludique et absurde. D’un côté, un cadrage serré sur une piscine isolée, où les corps et les membres se fragmentent comme des apparitions étranges sous la distorsion de l’eau. De l’autre, c’est le monde inversé : une femme étend son linge, les pieds dans l’herbe, défiant la gravité sous un ciel cotonneux. L’imaginaire naît de l’incongruité urbaine et domestique.


@oliverpalmphoto
Oliver signe l’apothéose de la distorsion optique par l’expressionnisme de la couleur. Il joue magistralement avec les textures et les reflets du réel : d’un côté, une abstraction picturale où des figures humaines semblent se fondre les unes dans les autres, transformées en une peinture vibrante par un jeu de reflets complexes. De l’autre, c’est l’ombre furtive d’une dame traversant la route, découpée par des vagues de lumière blanches ondulant sur le bitume, une figure impossible figée dans le mouvement. La réalité perd sa solidité pour devenir pure illusion.


@irisbestill
Iris déploie un art de la retenue où l’imaginaire naît du silence. Elle capture l’émanation des choses, là où l’objet le plus simple devient une œuvre de pure contemplation. D’un côté, une nature morte minimaliste composée de verres colorés et d’un fruit suspendus dans une lumière douce et granuleuse ; de l’autre, la même composition figée dans une ombre mystérieuse, comme un souvenir s’étiolant. C’est la photographie comme méditation, où le temps semble s’arrêter pour nous laisser imaginer la suite de l’histoire.


@etherealexe
Chez @etherealexe, l’imagination s’empare de nos angoisses les plus insaisissables, flirtant avec l’esthétique des espaces liminaux. D’un côté, une plaine verdoyante écrasée par une nuit noire où flottent d’immenses yeux spectraux entourant une lune réaliste, digne d’un récit de science-fiction. De l’autre, une minuscule silhouette promenant son chien se perd dans une brume bleutée et glaciale, presque irréelle.

