La sombre histoire de Blackpool

08 janvier 2019   •  
Écrit par Lou Tsatsas
La sombre histoire de Blackpool

Avec The Black Pool, le photographe Miguel Brusch, installé à Berlin, signe le portrait poignant d’une ville balnéaire anglaise, touchée par la crise.

Miguel Brusch, photographe berlinois de 35 ans, a toujours été passionné par les arts visuels, notamment le cinéma. C’est en découvrant un documentaire dédié au photographe James Nachtwey (War Photographer de Christian Frei) que l’artiste a décidé de se consacrer au 8e art. « J’ai un profond respect pour cet homme, confie Miguel Brusch. Ses images présentent une réalité poignante, sans pour autant tout dévoiler. Il force ainsi le regardeur à s’interroger, à s’intéresser à ce que montrent les clichés. »

Inspiré par les récits de guerre du photojournaliste américain, Miguel Brusch adopte une approche « artistico-documentaire ». Son objectif ? « Capturer plusieurs aspects de la réalité. Si mon travail provoque de l’émotion et pousse les gens à se questionner, c’est une réussite », commente-t-il. Pour son projet The Black Pool, le photographe a effectué six voyages à Blackpool, une ville balnéaire d’Angleterre connue pour avoir majoritairement voté en faveur du Brexit. Un périple d’un an et demi durant lequel Miguel Brusch a oscillé entre violence et fantasme, rêve et réalité.

© Miguel Brusch© Miguel Brusch

Nostalgie et désillusion

« Si des millions de touristes voyagent à Blackpool chaque année, la ville est en pleine crise. Les hôtels se dégradent, et le taux de chômage est l’un des plus importants de Grande-Bretagne »,

précise le photographe. Un quotidien difficile pour les habitants. Pour eux, le Brexit s’est imposé comme un nouvel espoir, un moyen d’attirer plus de touristes nationaux.

En arrivant sur place, Miguel Brusch souhaitait documenter les contrastes entre l’industrie touristique et l’économie précaire de Blackpool. Pourtant, au fil de ses voyages, un autre récit s’est construit : « J’ai souhaité mettre en lumière la volonté de s’échapper de cette triste réalité. L’illusion que cet endroit essaie de créer », confie-t-il. Une émotion intense, qui marque les nombreux portraits du photographe. Dans les regards, se lisent nostalgie et désillusion. « Tous les habitants avaient ce quelque chose qui me faisait m’arrêter. Ils reflètent tous mon ressenti de Blackpool », précise le photographe. En contrepoint, la mer, omniprésente. Puissante et énigmatique, elle enferme les habitants de Blackpool dans leurs souffrances, et invite l’imaginaire dans la série. Une dimension onirique qui vient nourrir l’effroi, mais aussi l’espoir d’un jour meilleur.

© Miguel Brusch© Miguel Brusch
© Miguel Brusch© Miguel Brusch
© Miguel Brusch© Miguel Brusch
© Miguel Brusch© Miguel Brusch
© Miguel Brusch© Miguel Brusch
© Miguel Brusch© Miguel Brusch

© Miguel Brusch

Explorez
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
A New Team © Sofía Jaramillo
Sofía Jaramillo : la neige comme espace de réappropriation
Dans A New Winter, Sofía Jaramillo s’attaque à l’imaginaire figé des sports d’hiver. En revisitant les codes visuels du ski, la...
31 décembre 2025   •  
Écrit par Cassandre Thomas
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
Emcimbini de la série Popihuise, 2024 © Vuyo Makheba, Courtesy AFRONOVA GALLERY
Les images de la semaine du 22 décembre 2025 : neige, enfance et cinéma
C’est l’heure du récap ! Au programme cette semaine : l’éclat ivoire des premiers flocons pour le solstice d’hiver, un retour sur la...
28 décembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
© Elisa Grosman
Les images de la semaine du 29 décembre 2025 : au revoir 2025, bonjour 2026 !
C’est l’heure du récap ! Dans les pages de Fisheye cette semaine, on célébrait les paillettes, la neige, la couleur, l’océan et une femme...
04 janvier 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
© Ditte Haarløv Johnsen
Maputo Diary, ou la mémoire incarnée d’un lieu et de ses vies
Pendant plus de vingt-cinq ans, la photographe Ditte Haarløv Johnsen a documenté Maputo à hauteur de vie, entre retours intimes et...
03 janvier 2026   •  
Écrit par Costanza Spina
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
© Cloé Harent, Residency InCadaqués 2025
Dans l’œil de Cloé Harent : derrière la falaise se cache la lumière
Cette semaine, nous vous plongeons dans l’œil de Cloé Harent, dont l’œuvre a fait l’objet d’un accrochage lors de l’édition 2025 du...
02 janvier 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Gabrielle Hébert (1853-1934), Peppino Scossa endormi dans les bras de sa mère, 11 août 1888, aristotype à la gélatine, 8,7 x 11,7 cm, Paris, musée national Ernest Hébert © Musée d’Orsay, Dist. GrandPalaisRmn / Alexis Brandt
Gabrielle Hébert : l’amour comme langage intime à la Villa Médicis
Elle a photographié l’amour – son amour – et le temps qui passe. À la Villa Médicis, Gabrielle Hébert fait de la photographie un...
01 janvier 2026   •  
Écrit par Fabrice Laroche