L’art de la cover

28 août 2019   •  
Écrit par Lou Tsatsas
L'art de la cover

Hollie Fernando, installée au Royaume-Uni, photographie régulièrement des musiciens. Des créations poétiques, révélant avec finesse l’identité de chaque artiste.

C’est à l’âge de 15 ans que la photographe britannique Hollie Fernando, née en 1991, a découvert le 8e art. « J’avais trouvé un vieux boîtier de mon père et passé l’été à apprendre à m’en servir », se souvient-elle. L’année suivante, l’artiste étudiait le média dans une école professionnelle et décidait qu’elle voulait vivre de ses images. Aujourd’hui, la photographe réalise des commandes pour des magazines et des musiciens, tout en développant des projets plus personnels. « Je travaille sur tout ce qui est lié de près ou de loin à l’humain », précise-t-elle.

C’est dans son école qu’elle capture des musiciens pour la première fois. « J’ai commencé à composer mon portfolio en offrant des shootings gratuits à mes amis musiciens », confie-t-elle. Un aspect singulier de son travail, plus décontracté que ses commandes, et plus structuré que ses travaux intimes. « Mais je construis toujours mes images de manière à ce qu’elles deviennent des détails d’une histoire. Je prépare toujours la conception des mises en scène en amont, afin de pouvoir travailler ma connexion au modèle lorsque je suis face à lui », explique-t-elle.

Une partition visuelle

Mais comment cerner son sujet ? Peut-on condenser l’œuvre musicale d’un artiste en une seule photographie ? Pour Hollie Fernando, réaliser des pochettes de disques demande une certaine créativité. « L’image doit illustrer la musique que composent les artistes. J’adore leur demander des anecdotes, connaître d’infimes détails sur les étapes de la production afin de les transformer en fragments visuels », confie la photographe. Inspirée par la peinture, elle aime transformer ces informations en allégories ; comme une partition visuelle fusionnant avec les instruments. La pochette du groupe alternatif Our Girl venu de Brighton, par exemple, met en scène les artistes dans une atmosphère éthérée. « Une mise en scène qui alimente le mystère », commente la photographe. Atmosphériques et nostalgiques, les morceaux du groupe subliment le cliché, nous transportant dans un univers intemporel, influencé par le shoegaze – un mouvement de rock indépendant datant des années 1980-1990.

Énigmatiques et colorées, les créations d’Hollie Fernando rendent hommage aux artistes qui passent devant son objectif. Qu’elle réalise des pochettes ou simplement des portraits de musiciens, elle parvient à révéler l’identité des compositeurs, métamorphosant chaque pose en une mise en scène travaillée, fourmillant de clins d’œil créatifs. Une collection de belles collaborations.

© Hollie Fernando© Hollie Fernando

à g. Our Girl, à d. Circa Waves

© Hollie Fernando© Hollie Fernando

à g. Wolf Alice, à d. Lemon Twigs

© Hollie Fernando

Barns Courtney

© Hollie Fernando© Hollie Fernando

à g. Laura Marling, à d. Champs

© Hollie Fernando

Circa Waves

© Hollie Fernando

Explorez
Les coups de coeur #585 : Alban Lécuyer et Leila Basma
© Alban Lécuyer
Les coups de coeur #585 : Alban Lécuyer et Leila Basma
Nos coups de cœur de la semaine, Alban Lécuyer et Leila Basma, photographient les paysages et les différentes manières de l’habiter....
08 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Les images de la semaine du 1er juin 2026 : du rêve à la réalité
Youssef Nabil (1972) Say Goodbye, self-portrait Alexandria, 2009 Tirage argentique coloré à la main, tiré en 2013, 50 x 75 cm Collection Pinault © Youssef Nabil.
Les images de la semaine du 1er juin 2026 : du rêve à la réalité
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les images nous font basculer du réel au monde des songes. Face à la réalité, le rêve apparaît...
07 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Youssef Nabil : dans les rêves, notre réalité
Youssef Nabil (1972) The Dream, self-portrait, 2021 Tirage argentique coloré à la main, 50 x 75 cm Collection particulière © Youssef Nabil.
Youssef Nabil : dans les rêves, notre réalité
Jusqu’au 13 septembre 2026, le musée d’Orsay présente Youssef Nabil. De rêver encore. Une exposition qui déploie l’œuvre polymorphe de...
04 juin 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
13 expositions photographiques à découvrir en juin 2026
© Pierre & Florent
13 expositions photographiques à découvrir en juin 2026
La rédaction de Fisheye a relevé une série d'événements photographiques à découvrir à Paris et dans le reste de la France en juin 2026....
02 juin 2026   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Loi anti-LGBTQIA+ au Ghana : Clara Watt et les collages d’une résistance
© Clara Watt
Loi anti-LGBTQIA+ au Ghana : Clara Watt et les collages d’une résistance
Par le collage, Clara Watt fait de The Promotion of Proper Human Sexual Rights and Family Values un manifeste militant et poétique, en...
Il y a 4 heures   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les coups de coeur #585 : Alban Lécuyer et Leila Basma
© Alban Lécuyer
Les coups de coeur #585 : Alban Lécuyer et Leila Basma
Nos coups de cœur de la semaine, Alban Lécuyer et Leila Basma, photographient les paysages et les différentes manières de l’habiter....
08 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Lillian Bassman et Sheila Metzner, deux avant-gardes de la photographie de mode
The Passion of Rome, Fendi, From Life, 1986© Sheila Metzner, courtesy la Galerie Rouge Paris
Lillian Bassman et Sheila Metzner, deux avant-gardes de la photographie de mode
Jusqu’au 19 septembre 2026, la Galerie Rouge pare ses murs de tirages signés Lillian Bassman et Sheila Metzner. Figures majeures de la...
08 juin 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Les images de la semaine du 1er juin 2026 : du rêve à la réalité
Youssef Nabil (1972) Say Goodbye, self-portrait Alexandria, 2009 Tirage argentique coloré à la main, tiré en 2013, 50 x 75 cm Collection Pinault © Youssef Nabil.
Les images de la semaine du 1er juin 2026 : du rêve à la réalité
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les images nous font basculer du réel au monde des songes. Face à la réalité, le rêve apparaît...
07 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin