L’équipe de Fisheye partage ses coups de coeur : Aassmaa Akhannouch

L’équipe de Fisheye partage ses coups de coeur : Aassmaa Akhannouch

Découverte récente, coup de foudre artistique, ou même artiste phare… Dans chaque numéro, différents membres de l’équipe Fisheye prennent la parole et partagent leur obsession photographique du moment. Lumière aujourd’hui sur Aassmaa Akhannouch, choisie par Salomé D’ornano, responsable de la Fisheye Gallery.

Il ne manque que l’odeur de la poussière et du papier jauni pour se plonger entièrement dans La Maison qui m’habite encore d’Aassmaa Akhannouch, lauréate du prix HSBC 2020. C’est lors de mes déambulations arlésiennes que je me suis retrouvée devant cette photo dont le sujet, la composition et le traitement m’ont particulièrement touchée. Le souvenir, thème principal de cette série, est traité avec tant de délicatesse et de tendresse que je suis restée à m’interroger : et si c’était mon souvenir, ma mère et ma maison ? Après trente ans d’absence, la photographe a décidé de revenir dans le foyer de son enfance et y découvre le temps arrêté, figé. Elle entreprend alors de ressusciter ses souvenirs familiaux. Comme une rétrospection, elle photographie ici le fantôme de sa mère en train d’accrocher un tableau, dans cette maison qui ne vit plus, redonnant paradoxalement une existence unique à ce moment banal. Sa technique photographique, proche de celle de FLORE, a aussi son côté fantomatique, travaillant le papier (cyanotypes virés et rehaussés à l’aquarelle ou d’une fine couche dorée) comme le temps travaille notre vie. L’aquarelle, dernière touche apportée aux tirages, rend l’œuvre unique et singulière, comme le chemin qu’emprunte chacune de nos vies. Tout nous laisse rêveurs et nous plonge dans notre passé. N’est-ce pas comme cela que nous imaginons tous nos souvenirs ? 

 

Cet article est à retrouver dans Fisheye #52, disponible ici

 

© Aassmaa Akhannouch

© Aassmaa Akhannouch

Explorez
Mohamed Bourouissa : le chaos de ce que nous sommes, au Palais de Tokyo
Mohamed Bourouissa, Alyssia, 2022, Courtesy de l’artiste et Mennour Paris © Mohamed Bourouissa / ADAGP, Paris, 2023
Mohamed Bourouissa : le chaos de ce que nous sommes, au Palais de Tokyo
Jusqu’au 30 juin, le Palais de Tokyo accueille plusieurs expositions qui ouvrent les débats et les perspectives. En cette période...
Il y a 5 heures   •  
Écrit par Milena Ill
Orianne Ciantar Olive : lumières de résistance
© Orianne Ciantar Olive
Orianne Ciantar Olive : lumières de résistance
Dans After War Parallax, Orianne Ciantar Olive esquisse les contours de Sarajevo et de Beyrouth, deux villes distinctes dont la...
Il y a 9 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Dans l’œil d’Andrea Sena : faire la fête, pas la guerre
© Andrea Sena
Dans l’œil d’Andrea Sena : faire la fête, pas la guerre
Cette semaine, plongée dans l’œil d’Andrea Sena, qui s’est attachée à capturer la fête comme acte de résistance en temps de guerre. Pour...
19 février 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les images de la semaine du 12.02.24 au 18.02.24 : un éveil réparateur
© Maurine Tric
Les images de la semaine du 12.02.24 au 18.02.24 : un éveil réparateur
C’est l’heure du récap’ ! Cette semaine, les photographes mis·es en avant par Fisheye ont en commun de transmettre des valeurs de soin et...
18 février 2024   •  
Écrit par Milena Ill
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Mohamed Bourouissa : le chaos de ce que nous sommes, au Palais de Tokyo
Mohamed Bourouissa, Alyssia, 2022, Courtesy de l’artiste et Mennour Paris © Mohamed Bourouissa / ADAGP, Paris, 2023
Mohamed Bourouissa : le chaos de ce que nous sommes, au Palais de Tokyo
Jusqu’au 30 juin, le Palais de Tokyo accueille plusieurs expositions qui ouvrent les débats et les perspectives. En cette période...
Il y a 5 heures   •  
Écrit par Milena Ill
Orianne Ciantar Olive : lumières de résistance
© Orianne Ciantar Olive
Orianne Ciantar Olive : lumières de résistance
Dans After War Parallax, Orianne Ciantar Olive esquisse les contours de Sarajevo et de Beyrouth, deux villes distinctes dont la...
Il y a 9 heures   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Le Bruit que font les animaux pour mourir : Samuel Lebon s’isole du désir pour mieux créer
© Samuel Lebon
Le Bruit que font les animaux pour mourir : Samuel Lebon s’isole du désir pour mieux créer
Croisant photographie et littérature, Samuel Lebon compose Le Bruit que font les animaux pour mourir. Un ouvrage hybride convoquant le...
21 février 2024   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Deborah Turbeville : réinventer le féminin en photographie
© Deborah Turbeville
Deborah Turbeville : réinventer le féminin en photographie
Photocollages est la première grande rétrospective consacrée à l’icone Deborah Turbeville. Artiste révolutionnaire, Turbeville a...
21 février 2024   •  
Écrit par Costanza Spina