Les coups de cœur #317

30 novembre 2020   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les coups de cœur #317

Nos coups de cœur #317, Maxime Michelet et Christophe Bouillet s’intéressent au territoire. L’un met en lumière son lien avec l’humain, tandis que l’autre réalise une archéologie de l’espace.

Maxime Michelet

« Mon approche photographique s’ancre dans et autour de la solitude. Le médium constitue pour moi un lieu de recueillement, au cœur d’un sentiment d’abandon. Mon regard se porte donc sur les objets, les personnes et les environnements qui exhalent cette même émotion »,

raconte Maxime Michelet, jeune auteur originaire du sud-ouest de la France. C’est en Espagne, il y a sept ans, qu’il découvre le 8e art, en capturant à l’aide d’appareils jetables ses errances dans les rues de Madrid. Depuis, il réalise des projets inspirés par « la communauté LGBTQ+ et les inégalités sociospatiales en milieu urbain ». Véritable conte visuel, Rayane au Sud-Ouest retrace le parcours d’un jeune homme à la masculinité atypique dans la région française. « L’idée de ce projet provient d’un désir de raconter ma terre natale, en opposant les forces brutes de celle-ci à la délicatesse de ce voyageur », explique Maxime Michelet. En suivant son modèle, le photographe raconte « la précaire intégration sociale et territoriale que fut la [s]ienne, en grandissant dans un espace rude, qui laisse peu de place aux masculinités marginales ».

© Maxime Michelet© Maxime Michelet

© Maxime Michelet

© Maxime Michelet© Maxime Michelet

© Maxime Michelet

© Maxime Michelet

Christophe Bouillet

Photographe amateur, Christophe Bouillet réalise une prise de vue par jour, qu’il publie sur Instagram en format carré. « Nombre de résultats sont le fruit du hasard. Cette somme générant quelques erreurs, je ne conserve que les plus abouties », confie-t-il. Passionné par les retouches et les cadrages, l’auteur se définit comme « un graphiste qui recherche les lignes, les volumes, les couleurs, qui photographie ce qu’il aimerait dessiner ». De manière spontanée, il raconte, grâce à ses « Polaroïds numériques », ses promenades urbaines, ses souvenirs intimes. Dans les images de l’artiste, pas de portraits, mais des suggestions géométriques. « Je ne photographie pas d’humains, mais j’utilise leurs ombres et leurs reflets pour les capturer malgré tout. Sans le montrer, le corps est déformé et gagne en abstraction. Sa masse devient un volume différent », explique-t-il. Au cœur de cet univers étrange, l’auteur devient archéologue, et met en lumière des détails enfouis, des moments oubliés. Des éclats de vie, recouverts par la rouille du temps.

© Christophe Bouillet© Christophe Bouillet
© Christophe Bouillet© Christophe Bouillet
© Christophe Bouillet© Christophe Bouillet

© Christophe Bouillet

Image d’ouverture : © Maxime Michelet

Explorez
Eyes of the Storm - Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Paul McCartney, Autoportrait, Londres, 1963 © 1963-1964 Paul McCartney sous licence exclusive de MPL Archive LLP
Eyes of the Storm – Paul McCartney photographe, 1963-64 le calme avant la tempête
Jusqu'au 3 janvier 2027, le musée Granet accueille Eyes of the Storm, une exposition consacrée à une facette méconnue de Paul McCartney...
04 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
David Salcedo : dans la lumière, ouvrons les yeux
© David Salcedo
David Salcedo : dans la lumière, ouvrons les yeux
À travers Te vas a quedar ciego, David Salcedo retravaille des images capturées dans des émissions télévisées et recrée d’autres...
02 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Baccarat et Fisheye : entrer en Résonances
© Aliocha Boi et Daphné Lejeune
Baccarat et Fisheye : entrer en Résonances
Réalisé en partenariat avec Fisheye, Résonances, un bel ouvrage, célèbre le savoir-faire, de plus de 260 ans, de la Maison Baccarat et sa...
01 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Portrait(s) 2026 : David LaChapelle en majesté à Vichy
This is my house, New York, 1997 © David LaChapelle
Portrait(s) 2026 : David LaChapelle en majesté à Vichy
Jusqu'au 4 octobre 2026, le festival Portrait(s) investit la ville de Vichy pour sa quatorzième édition. Cette année, le photographe...
25 juin 2026   •  
Nos derniers articles
Voir tous les articles
À Tours, le Jeu de Paume dévoile les secrets d’Ed Alcock
© Ed Alcock / MYOP
À Tours, le Jeu de Paume dévoile les secrets d’Ed Alcock
Secrets et mensonges. Cette exposition au nom énigmatique, présentée au Jeu de Paume de Tours, revient sur les quinze ans de pratique...
15 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Rencontres d'Arles 2026 : les coups de cœur de la rédaction
Dana Steichen, M. Steichen est surpris par Mme Steichen en train de croiser un delphinium blanc avec un delphinium violet foncé afin d'augmenter la taille des fleurs de la variété blanche, Umpawaug Farm, Connecticut, États-Unis, 1938 Collection Spuerkeess. © 2026 The Estate of Edward Steichen / Artists Rights Society (ARS), New York.
Rencontres d’Arles 2026 : les coups de cœur de la rédaction
La semaine d'ouverture vient de se clôturer, mais le festival, quant à lui, sera bien présent tout l'été, et ce, jusqu'au 4 octobre...
13 juillet 2026   •  
Madeleine de Sinéty et les mystères d’une vie de photographe
Béatrice et la télévision, Poilley, 1973 © Madeleine de Sinéty
Madeleine de Sinéty et les mystères d’une vie de photographe
Jusqu'au 27 septembre 2026, le musée du Jeu de Paume à Paris propose une exposition intitulée Une vie, dédiée à Madeleine de Sinéty....
13 juillet 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Magali Paulin, lauréate du prix Découverte 2026 Fondation Louis Roederer
© Magali Paulin, Pavillon de l’Indochine, construit pour l’Exposition coloniale de Nogent-sur-Marne de 1907. Jardin d’agronomie tropicale René-Dumont, Nogent-sur-Marne, juillet 2024, Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Magali Paulin, lauréate du prix Découverte 2026 Fondation Louis Roederer
Exposée dans le cadre des Rencontres d'Arles à l'Espace Monoprix, Magali Paulin remporte le prix du jury de la Fondation Louis Roederer...
12 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot