Les coups de cœur #356

06 septembre 2021   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Les coups de cœur #356

Privilégiant tous deux une démarche esthétique, Claire Delanghe et Valentin Valette, nos coups de cœur #356, abordent des sujets bien différents. L’une explore la beauté de son quotidien, et l’autre documente une communauté aborigène d’Australie.

Claire Delanghe

« J’adore créer dans un but complètement esthétique, mettre en lumière quelque chose qui mérite d’exister uniquement parce que c’est beau. Je prends en photo ce qui attire mon œil, ce qui me fait rêver, voyager. Lorsque la lumière est exactement où elle doit être, que l’instant est magnifique. Je m’extasie au quotidien devant les plus infimes détails »

, raconte Claire Delanghe, 24 ans. À l’argentique, l’artiste capture son environnement en se fiant à son intuition. Minimalistes, délicates, ses images recomposent un décor déserté, où nature et architecture se croisent, et font cohabiter réel et fantasmes. « On m’a souvent dit que mes travaux dégageaient une certaine poésie. J’ai donc souhaité continuer dans cet univers, le mot dreamy m’est venu en tête. Je voulais construire quelque chose avec de la légèreté, de la sensibilité, de l’évasion. Il s’agit d’une série qui donne à voir une certaine contemplation, une tranquillité – comme un apaisement, une plénitude », confie-t-elle. Des fenêtres d’une voiture engloutie par la végétation aux yeux lumineux d’un chat errant, des fragments rythment notre errance, et nous offrent des pistes narratives à emprunter.

© Claire Delanghe© Claire Delanghe

© Claire Delanghe

© Claire Delanghe© Claire Delanghe

© Claire Delanghe

Valentin Valette

Née en 1994, Valentin Valette vit actuellement à Marseille. C’est à l’adolescence que le photographe développe un goût pour les voyages, et les cultures et ethnies ancestrales. En parallèle, le décès d’un oncle photographe lui ouvre les portes du 8e art, qui s’impose alors comme un outil de prédilection pour poursuivre sa quête de l’autre. « Au fil de mes lectures, j’ai découvert plus amplement une communauté aborigène d’Australie, et les questionnements actuelles qui prédominent leur condition. J’ai donc eu envie de les rencontrer, et de cerner davantage les problématiques postcoloniales auxquelles ils font face », raconte-t-il. Ainsi naît Au-delà, un récit monochrome, plaçant les enfants de ce peuple au cœur de l’action. « Loin des villes côtières, le Territoire du Nord leur offre un sanctuaire spirituel où le souvenir des conflits passés est encore ancré dans les mémoires collectives. J’ai tenté par mes images d’illustrer les vies troublées de jeune luttant pour la résilience communautaire, l’affront de l’imposante menace d’une société moderne qui semble constamment vouloir nuire à leurs convictions », ajoute l’auteur. Alcoolisme, maltraitance, santé mentale en déclin, violence domestique… En construisant un récit sociétal, Valentin Valette donne à voir une communauté qui, malgré une envie de créer une société volontaire, peine à instaurer un « vivre ensemble viable et nécessaire ».

© Valentin Valette© Valentin Valette

© Valentin Valette

© Valentin Valette© Valentin Valette

© Valentin Valette

© Valentin Valette

Image d’ouverture : © Claire Delanghe

Explorez
Sabelo Mlangeni reçoit le prix James Barnor 2026
"Faith and Sakhi Moruping, Thembisa Township", 2004, de la série Isivumelwano © Sabelo Mlangeni
Sabelo Mlangeni reçoit le prix James Barnor 2026
La nouvelle vient de tomber : Sabelo Mlangeni remporte la troisième édition du prix James Barnor pour son œuvre autour des notions de...
08 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Découvrez les 5 lauréates du Mentorat #4 des Filles de la Photo !
© Shanna Warocquier / Lauréate du Mentorat #4 des Filles de la Photo.
Découvrez les 5 lauréates du Mentorat #4 des Filles de la Photo !
Les cinq lauréates du Mentorat #4 des Filles de la Photo ont été dévoilées. Voici le palmarès de cette édition 2026 !
30 juin 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA
À l’Archevêché, Fisheye n’est jamais à cour(t) d’idées !
© Claire Jaillard
À l’Archevêché, Fisheye n’est jamais à cour(t) d’idées !
Pour la troisième année consécutive, Fisheye investit la cour de l’Archevêché à l’occasion de la semaine d’ouverture des Rencontres...
29 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Pour Andrea Orejarena, la Lune est une terre de femmes
© Andrea Orejarena
Pour Andrea Orejarena, la Lune est une terre de femmes
Voyage féministe et poétique, I love you like the moon est un récit lunaire dont les héroïnes récoltent l'énergie. Une manière pour sa...
29 juin 2026   •  
Écrit par Lou Tsatsas
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
© Mallory Lowe Mpoka, In the Weft of Memory [Dans la trame de la mémoire] (détail), Musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa, 2025, tissage jacquard et perles de verre Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
Mallory Lowe Mpoka élue lauréate du prix de la photo Madame Figaro
Le prix de la photo Madame Figaro, dédié aux femmes photographes émergentes, soutenu par Kering, a récompensé ce jeudi 9 juillet, à...
10 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Threshold © Akari Takenobu, pour Christian Dior Parfums
Le prix Dior de la photographie attribué à Akari Takenobu
Initié en 2018 par Christian Dior Parfums, en partenariat avec LUMA Arles et l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP) le...
10 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Rebekka Deubner, lettres d'amour à terre
© Rebekka Deubner
Rebekka Deubner, lettres d’amour à terre
Exposé aux Rencontres d'Arles, à la Croisière, le projet La terre amoureuse de Rebekka Deubner nous parle avec une grande justesse de la...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
© Li Hui
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
Cet été, la Fisheye Gallery, rouvre ses portes à Arles, avec deux expositions sous le commissariat de Tess Druot. La première réunit...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen