Les coups de cœur #506 : Reuben Shaul et Silvia Amicarelli

19 août 2024   •  
Écrit par Milena III
Les coups de cœur #506 : Reuben Shaul et Silvia Amicarelli
© Silvia Amicarelli
Une colline sur laquelle la neige n'a pas encore complètement disparu
© Reuben Shaul

Reuben Shaul et Silvia Amicarelli, nos coups de cœur de la semaine, savent pénétrer à l’intérieur d’elleux-mêmes pour imaginer les histoires qu’iels veulent raconter. Le premier explore les paysages montagneux qui l’entourent, les contrastes et les équilibres qui les façonnent, tandis que la seconde fixe le bouillonnement qui anime la ville et les êtres.

Reuben Shaul

« Je suis un observateur qui capture ce qu’il voit, sans interférence ni mise en scène », explique Reuben Shaul. Cet ancien ingénieur, reconverti en photographe par amour de l’objectif, a vécu dans des villes très animées du monde entier, absorbant diverses cultures et langues, avant de s’installer dans une petite station de ski des Alpes françaises, Morzine, en compagnie de sa famille. Lieu privilégié pour explorer les thématiques qui poursuivent l’artiste depuis longtemps, les Alpes et leurs paysages urbains et naturels semblent cristalliser les contrastes entre les opposés, ainsi que l’équilibre qui se trouve entre eux. « Je capture ce dernier pendant l’intersaison, dans les périodes de transition entre l’hiver et l’été », raconte-t-il. La fonte des neiges, révélant la terre sur laquelle elle repose, symbolise le mieux ce changement. « Une autre période d’équilibre que je capture est celle de l’heure bleue, lorsqu’il n’y a ni jour ni nuit », poursuit-il. Dans sa vision des choses, amener sa perception à rester concentrée lorsque l’esprit est agité est le meilleur apprentissage que peut offrir la pratique de la photo. Inspiré par l’étude du zen et du bouddhisme, Reuben Shaul revient toujours à la méditation photographique, et affirme que « les décors qui composent la nature nous rappellent d’explorer leurs contrastes à l’intérieur de nous-mêmes ».

Plan rapproché d'une route bétonnée détruite, en dyptique avec De la neige artificielle en plan rapproché
© Reuben Shaul
Une salle dans laquelle plusieurs chaises sont regroupées et sur lesquelles on a posé un ensemble de serviettes de bain
© Reuben Shaul
Un terrain de tennis au bord d'une colline à moitié enneigée
© Reuben Shaul
Une image de vieil hôtel de montagne
© Reuben Shaul
Une piste de ski sur laquelle la neige a à moitié fondu
© Reuben Shaul
© Silvia Amicarelli

Silvia Amicarelli

De son pseudonyme artistique Alcesty, d’après le nom de cette figure issue de la mythologie grecque, Silvia Amicarelli renoue depuis plusieurs années avec les arts visuels, desquels sa scolarité et la pression sociale l’ont éloignée. C’est un triste évènement, un accident de voiture survenu à la fin de l’adolescence, qui la conduira à revenir à ses premières amours. Inspirée par les codes de la photographie de mode, elle capture aujourd’hui natures mortes et mouvement vital des êtres qu’elle côtoie, ainsi que, parfois, des images des villes qu’elle visite et de places oubliées. « Tout ce qui a une histoire à raconter » l’intrigue, confie-t-elle. Cette artiste de 33 ans, « fabriquée dans les Pouilles, en Italie », compose un cocktail original qui puise à la fois dans le reportage, le portrait et la mode. Apprendre à connaître son modèle, et capter une once de son essence dans l’histoire qu’elle imagine est devenu sa recette incontournable, secret d’une alchimie réussie qui fait le délice de ses compositions. 

© Silvia Amicarelli
© Silvia Amicarelli
© Silvia Amicarelli
© Silvia Amicarelli
© Silvia Amicarelli
À lire aussi
Les coups de cœur #504 : Toma Gerzha et Erre Gálvez
© Toma Gerzha
Les coups de cœur #504 : Toma Gerzha et Erre Gálvez
Toma Gerzha et Erre Gálvez, nos coups de cœur de la semaine, documentent le monde alentour pour raconter des histoires. Pour composer ses…
05 août 2024   •  
Les coups de cœur #503 : Marjorie Gosset et Sonia Reveyaz
© Marjorie Gosset
Les coups de cœur #503 : Marjorie Gosset et Sonia Reveyaz
Nos coups de cœur de la semaine, Marjorie Gosset et Sonia Reveyaz, transmettent à leur manière leur regard sur les traces humaines qui…
29 juillet 2024   •  
Explorez
5 événements photo à découvrir ce week-end
Rikka, la petite Balinaise, Fernand Nathan, Paris, 1956 © Dominique Darbois, Françoise Denoyelle.
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
Il y a 3 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Affiche Pictorial Service rue de la Comete 1950 © Archives Picto
Victor Gassmann : « Je crois en la matière »
Arrière-petit-fils de Pierre Gassmann, Victor Gassmann veille sur l’héritage de Picto, laboratoire emblématique qui a façonné le tirage...
27 novembre 2025   •  
Écrit par Fabrice Laroche
Les images de la semaine du 17 novembre 2025 : portraits du passé et du présent
I Saw a Tree Bearing Stones in Place of Apples and Pears © Emilia Martin
Les images de la semaine du 17 novembre 2025 : portraits du passé et du présent
C’est l’heure du récap ! Cette semaine, les photographes de Fisheye dépeignent différentes réalités. Certains puisent leur inspiration...
23 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
5 événements photo à découvrir ce week-end
© Sandra Eleta
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
22 novembre 2025   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Nos derniers articles
Voir tous les articles
5 événements photo à découvrir ce week-end
Rikka, la petite Balinaise, Fernand Nathan, Paris, 1956 © Dominique Darbois, Françoise Denoyelle.
5 événements photo à découvrir ce week-end
Ça y est, le week-end est là. Si vous prévoyez une sortie culturelle, mais ne savez pas encore où aller, voici cinq événements...
Il y a 3 heures   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Fury, l'univers « crépusculaire » de Marie Quéau
Sans titre #90, Campus Univers Cascades, 2023, extrait de la série Fury, Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris © Marie Quéau / ADAGP, Paris, 2025
Fury, l’univers « crépusculaire » de Marie Quéau
Jusqu’au 8 février 2026, Marie Quéau, cinquième lauréate du prix Le Bal/ADAGP de la Jeune Création, présente Fury. Dans cette exposition...
Il y a 8 heures   •  
Écrit par Marie Baranger
À Chaumont-Photo-sur-Loire 2025, la nature se révèle picturale et sculpturale 
© Guillaume Barth
À Chaumont-Photo-sur-Loire 2025, la nature se révèle picturale et sculpturale 
Jusqu’au 22 février 2026, Chaumont-Photo-sur-Loire vous donne rendez-vous avec la nature. Pour sa 8e édition, l’événement accueille...
28 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet
Éternel été, mémoire et masculinité : nos coups de cœur photo de novembre 2025
Red Is Over My Lover. Not Anymore Mi Amor © Laura Lafon
Éternel été, mémoire et masculinité : nos coups de cœur photo de novembre 2025
Expositions, immersion dans une série, anecdotes, vidéos… Chaque mois, la rédaction de Fisheye revient sur les actualités photo qui l’ont...
28 novembre 2025   •  
Écrit par Apolline Coëffet