Les petits mondes de Frank Kunert

30 mai 2019   •  
Écrit par Fisheye Magazine
Les petits mondes de Frank Kunert

Avec Lifestyle, première rétrospective de Frank Kunert
 en France, ne manquez pas l’occasion de découvrir un univers où s’invitent l’absurde et la fantaisie.
 Cet article est à retrouver dans notre dernier numéro.

Les images de Frank Kunert amusent, intriguent, interrogent. Durant des semaines, voire des mois, l’artiste invente, construit, et éclaire avec soin – grâce à ses années de travail en studio – ses maquettes pour qu’elles soient le plus réalistes possible. Mais un regard plus attentif décèle bientôt une aberration, une faille qui entraîne une plongée dans un univers surréaliste. Un monde étrange, drôle ou macabre, selon le point de vue. Un monde qui ressemble au nôtre, mais sans habitants. « Je pense que mes mondes fonctionnent mieux comme écrans de projection quand il n’y a pas d’acteurs. Il en résulte plus d’espace pour la fantaisie : un état flottant de calme et d’excitation, comme si quelque chose était sur le point de se produire », explique le photographe né à Francfort en 1963.

L’apparente légèreté de ces images exécutées à la chambre en fait de parfaits contes philosophiques. L’auteur se transforme alors en démiurge tout-puissant. « J’ai toujours eu le désir de travailler sans être dérangé, dans la paix et le calme; ce que je réalise quand je crée mon propre monde de mes mains. L’éclairage et la miniaturisation sont essentiels, c’est ce qui me donne la liberté de “jouer à Dieu” d’une manière peut-être un peu prétentieuse, en construisant des scènes qui autrement n’existeraient pas, ajoute Frank Kunert. Il m’est difficile de préciser d’où vient l’inspiration, je suis généralement influencé par l’absurdité de la vie. Mais il y a des artistes que j’admire comme Jean-Jacques Sempé, Woody Allen ou René Magritte, notamment. »

« J’utilise des constructions miniatures pour mes réflexions sur nos peurs et nos besoins », analyse le photographe, qui a souvent recours aux décors de maisons de poupées (à l’échelle 1/12e) pour meubler les mondes sortis de son imagination. Des « petits mondes » à découvrir, du 24 mai au 14 juillet, lors de la 4e édition du Festival du regard, dont la thématique « habiter » réserve d’autres surprises, ou dans Lifestyle, un livre publié l’an dernier aux éditions Hatje Cantz.

 

Exposition Lifestyle de Frank Kunert


Jusqu’au 14 juillet 2019.

Tour EDF, à Cergy- Pontoise (95)

Festival du Regard

 

Cet article est à retrouver dans Fisheye #36, en kiosque et disponible ici.

© Frank Kunert© Frank Kunert

© Frank Kunert

© Frank Kunert© Frank Kunert
© Frank Kunert

© Frank Kunert

© Frank Kunert© Frank Kunert

© Frank Kunert

Explorez
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
© Li Hui
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
Cet été, la Fisheye Gallery, rouvre ses portes à Arles, avec deux expositions sous le commissariat de Tess Druot. La première réunit...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Park Chan-wook, quand la photographie fait son cinéma
Mademoiselle Minhee Kim. © Park Chan-wook
Park Chan-wook, quand la photographie fait son cinéma
Connu pour ses films à l’esthétique millimétrée, Park Chan-wook offre à Arles une facette plus secrète de son travail : la photographie....
07 juillet 2026   •  
Écrit par Marie Baranger
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
© Louise Chevallet
Chère Lisa : ces choses que l’on revêt
C’est entre les pages du journal intime de sa mère que Louise Chevallet s’est aventurée pour composer son ouvrage Chère Lisa. À...
03 juillet 2026   •  
Écrit par Ana Corderot
La sélection Instagram #560 : du mouvement et de la danse
© heemuroo / Instagram
La sélection Instagram #560 : du mouvement et de la danse
Comme le disait Pina Bausch dans son discours d'acceptation d'un doctorat honoris causa que lui a attribué l'université de Bologne...
30 juin 2026   •  
Écrit par Esther Baudoin
Nos derniers articles
Voir tous les articles
Rebekka Deubner, lettres d'amour à terre
© Rebekka Deubner
Rebekka Deubner, lettres d’amour à terre
Exposé aux Rencontres d'Arles, à la Croisière, le projet La terre amoureuse de Rebekka Deubner nous parle avec une grande justesse de la...
Il y a 10 heures   •  
Écrit par Ana Corderot
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
© Li Hui
Émotions et mémoire brute à la Fisheye Gallery d’Arles
Cet été, la Fisheye Gallery, rouvre ses portes à Arles, avec deux expositions sous le commissariat de Tess Druot. La première réunit...
09 juillet 2026   •  
Écrit par Deng Qiwen
Sabelo Mlangeni reçoit le prix James Barnor 2026
"Faith and Sakhi Moruping, Thembisa Township", 2004, de la série Isivumelwano © Sabelo Mlangeni
Sabelo Mlangeni reçoit le prix James Barnor 2026
La nouvelle vient de tomber : Sabelo Mlangeni remporte la troisième édition du prix James Barnor pour son œuvre autour des notions de...
08 juillet 2026   •  
Écrit par Apolline Coëffet
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
© Lys Arango / La Kabine
L’exposition, Au bord des mondes, pour les 5 ans de La Kabine 
Au bord des mondes : Habiter les territoires, survivre aux fractures, du 27 juin au 20 septembre, une exposition qui invite à repenser...
08 juillet 2026   •  
Écrit par Annabelle GARBIGLIA